
« Rendez-nous Fedorov » : en Ukraine, la colère gronde après l'éviction du ministre de la Défense par Zelensky
En limogeant cette semaine Mykhaïlo Fedorov, le président ukrainien a déclenché une crise politique majeure. Saura-t-il calmer la colère ?
Rien n'est encore perdu. Limiter le réchauffement de la planète à 2°C, comme préconisé par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) afin d'éviter le risque d'effets incontrôlables, serait encore possible. C'est l'Organisation des Nations unies (ONU) elle-même qui l'affirme, dans son analyse publiée vendredi 30 octobre des engagements pris par 146 pays à l'approche de la conférence internationale de Paris (COP 21).
Faisant référence à une estimation réalisée par le groupe Carbon action tracker (CAT) le 1er octobre, les Nations unies estiment que les engagements nationaux "ont la capacité de limiter à 2,7°C l'élévation de la température en 2100". Un résultat "beaucoup plus bas que les 4 ou 5 degrés, ou plus, de réchauffement projetés par beaucoup avant les engagements", a commenté Christina Figueres, la secrétaire générale de la Convention-cadre sur le changement climatique de l'ONU dans un communiqué.
En plus, les engagements climat annoncés représentent 86% des émissions mondiales, ce qui constitue en soi une avancée par rapport à ce que prévoyait le protocole de Kyoto de 1997, qui n'imposait des réductions qu'aux pays industrialisés.
Le chemin parcouru est aussi significatif par rapport au flop de la conférence de Copenhague de 2009, lorsque la communauté internationale avait échoué à sceller un accord mondial pour lutter contre le réchauffement. Une dynamique que le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius n'a pas manqué de souligner dans un communiqué:
Les contributions non encore présentées pourraient d'ailleurs permettre un ultérieur rapprochement de l'objectif. Sont notamment encore attendues celles de pays producteurs d'hydrocarbures, en particulier de l'Arabie Saoudite, seul pays du G20 qui n'a pas encore rendu sa copie.
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Malgré ces notes d'espoir, pas question toutefois de relâcher la pression sur les Etats. "Ce n'est en aucun cas suffisant", car encore synonyme de dérèglements climatiques majeurs", a en effet souligné Christina Figueres. "Des réductions d'émissions de gaz à effet de serre beaucoup plus importantes" seront donc nécessaires dans les prochaines années pour rester sous la limite des 2°C, avertit l'ONU.
Selon les projections de l'ONU, les émissions cumulées atteindraient en effet des niveaux dépassant le scénario à 2°C de 5-13 gigatonnes de CO2 en 2025 et de 11-22 gigatonnes en 2030. Elles devraient notamment atteindre en 2030 75% du "budget carbone" à disposition de l'Humanité depuis 2011 selon le Giec afin d'avoir de bonnes chances de respecter l'objectif des 2°C.
La balle est donc désormais dans le champ des négociateurs de l'accord attendu en décembre: le rapport de l'ONU "confirme l'importance d'aboutir à Paris lors de la COP21 à un accord qui fixe les règles permettant de revoir périodiquement à la hausse les contributions nationales", a rappelé Laurent Fabius.
De premier progrès sont espérés lors de la "Pré-COP", qui réunira du 8 au 10 novembre à Paris près de 80 ministres pour discuter des grands éléments de l'accord.
Tout en se montrant moins optimistes que l'ONU, nombre d'acteurs institutionnels et d'ONG portent également un regard constructif sur cet ensemble de contributions nationales. Témoin, le communiqué du Projet Miles (Modelling and Informing Low Emission Strategies) coordonné par l'Iddri (l'Institut du développement durable et des relations internationales français, qui, le 22 octobre 2015, se montrait positif:
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La Fondation Nicolas Hulot souligne pour sa part que, pour revenir sur une trajectoire compatible avec les +2°C, l'effort annuel de réduction supplémentaire demandé aux pays du G20 -qui comptent pour 74,6% des émissions mondiales- serait de 1%.
Elle les exhorte à se conduire en modèles, en se portant volontaires pour une révision à la hausse de leurs engagements dès 2017.