Climat : l'objectif de 2°C de réchauffement est atteignable selon l'ONU

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Le rapport de l'Onu confirme l'importance d'aboutir à Paris lors de la COP21 à un accord qui fixe les règles permettant de revoir périodiquement à la hausse les contributions nationales, a rappelé Laurent Fabius.
Le rapport de l'Onu "confirme l'importance d'aboutir à Paris lors de la COP21 à un accord qui fixe les règles permettant de revoir périodiquement à la hausse les contributions nationales", a rappelé Laurent Fabius. (Crédits : Reuters)
L'Onu a publié vendredi son analyse des engagements pris par 146 pays en vue de la COP 21. Tout en se réjouissant du nombre de contributions présentées, elle souligne que des efforts sont encore nécessaires.

Rien n'est encore perdu. Limiter le réchauffement de la planète à 2°C, comme préconisé par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) afin d'éviter le risque d'effets incontrôlables, serait encore possible. C'est l'Organisation des Nations unies (ONU) elle-même qui l'affirme, dans son analyse publiée vendredi 30 octobre des engagements pris par 146 pays à l'approche de la conférence internationale de Paris (COP 21).

"Un effort mondial sans précédent est en cours", se réjouit notamment l'ONU dans son rapport.

 2,7°C vaut mieux que 4°C

Faisant référence à une estimation réalisée par le groupe Carbon action tracker (CAT) le 1er octobre, les Nations unies estiment que les engagements nationaux "ont la capacité de limiter à 2,7°C l'élévation de la température en 2100". Un résultat "beaucoup plus bas que les 4 ou 5 degrés, ou plus, de réchauffement projetés par beaucoup avant les engagements", a commenté Christina Figueres, la secrétaire générale de la Convention-cadre sur le changement climatique de l'ONU dans un communiqué.

"L'un des résultats clés est que les contributions feront baisser la moyenne mondiale des émissions par personne jusqu'à 8% d'ici à 2025 et jusqu'à 9% en 2030", par rapport au niveaux de 1990 et de 2010 respectivement, lit-on également dans le communiqué.

La communauté internationale engagée comme jamais

En plus, les engagements climat annoncés représentent 86% des émissions mondiales, ce qui constitue en soi une avancée par rapport à ce que prévoyait le protocole de Kyoto de 1997, qui n'imposait des réductions qu'aux pays industrialisés.

Le chemin parcouru est aussi significatif par rapport au flop de la conférence de Copenhague de 2009, lorsque la communauté internationale avait échoué à sceller un accord mondial pour lutter contre le réchauffement. Une dynamique que le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius n'a pas manqué de souligner dans un communiqué:

"Au-delà des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les contributions incluent des éléments sur des politiques sectorielles ambitieuses (développement des énergies renouvelables, efficacité énergétique...). Ce processus a permis de véritablement décloisonner la question du climat dans de nombreux pays, notamment en faisant participer la société civile au débat de préparation".

Les contributions non encore présentées pourraient d'ailleurs permettre un ultérieur rapprochement de l'objectif. Sont notamment encore attendues celles de pays producteurs d'hydrocarbures, en particulier de l'Arabie Saoudite, seul pays du G20 qui n'a pas encore rendu sa copie.

D'importants efforts encore nécessaires

Malgré ces notes d'espoir, pas question toutefois de relâcher la pression sur les Etats. "Ce n'est en aucun cas suffisant", car encore synonyme de dérèglements climatiques majeurs", a en effet souligné Christina Figueres. "Des réductions d'émissions de gaz à effet de serre beaucoup plus importantes" seront donc nécessaires dans les prochaines années pour rester sous la limite des 2°C, avertit l'ONU.

Selon les projections de l'ONU, les émissions cumulées atteindraient en effet des niveaux dépassant le scénario à 2°C de 5-13 gigatonnes de CO2 en 2025 et de 11-22 gigatonnes en 2030. Elles devraient notamment atteindre en 2030 75% du "budget carbone" à disposition de l'Humanité depuis 2011 selon le Giec afin d'avoir de bonnes chances de respecter l'objectif des 2°C.

La balle est donc désormais dans le champ des négociateurs de l'accord attendu en décembre: le rapport de l'ONU "confirme l'importance d'aboutir à Paris lors de la COP21 à un accord qui fixe les règles permettant de revoir périodiquement à la hausse les contributions nationales", a rappelé Laurent Fabius.

De premier progrès sont espérés lors de la "Pré-COP", qui réunira du 8 au 10 novembre à Paris près de 80 ministres pour discuter des grands éléments de l'accord.

Les pays du G20 appelés à se mobiliser davantage

Tout en se montrant moins optimistes que l'ONU, nombre d'acteurs institutionnels et d'ONG portent également un regard constructif sur cet ensemble de contributions nationales. Témoin, le communiqué du Projet Miles (Modelling and Informing Low Emission Strategies) coordonné par l'Iddri (l'Institut du développement durable et des relations internationales français, qui, le 22 octobre 2015, se montrait positif:

"Bien que les engagements nationaux à l'approche de l'accord climat Paris semblent insuffisants pour atteindre l'objectif de limitation du réchauffement climatique à 2 degrés, ceux-ci témoignent néanmoins d'une accélération et d'un renforcement  sans précédent  de la volonté des grandes économies mondiales d'agir contre le changement climatique. Soutenus par des mécanismes renforçant et élargissant les engagements politiques, ils peuvent en outre servir de point d'entrée majeur vers une profonde transition bas carbone."

Un petit 1% qui pèsera lourd

La Fondation Nicolas Hulot souligne pour sa part que, pour revenir sur une trajectoire compatible avec les +2°C, l'effort annuel de réduction supplémentaire demandé aux pays du G20 -qui comptent pour 74,6% des émissions mondiales- serait de 1%.

Elle les exhorte à se conduire en modèles, en se portant volontaires pour une révision à la hausse de leurs engagements dès 2017.

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Commentaires
a écrit le 29/11/2015 à 12:05 :
ils font semblant d'être à 0.1°C près, sauf qu'ils oublient de dire que c'est avec une probabilité de 50%, le reste étant à +/- 1°C près (et encore), selon les modèles climatiques...
la climatologie c'est compliqué.
a écrit le 02/11/2015 à 1:57 :
Ils sons très forts même l onu c est du Pipo américain 💥
a écrit le 31/10/2015 à 3:56 :
Une méthode rapide pour avoir des résultats élevés favorables sur le climat. Soutenir le développement des véhicules électro-solaires (le renouvellement du parc auto se fait en moyenne tous les 7 ans). Ils sont sur le point d’arriver et les plus performants au plan optimisation de l’énergie et donc des ressources. Voir la classe «Cruiser» 2/4 places : aucune pollution directe, économie totale de pétrole, très bonne autonomie y compris de nuit (ex : 830 km de jour pour l’eVe Sunswift et plus de 500 km la nuit à + de 106 km/h constants, homologués par la FIA, Guiness etc, plus encore pour la Stella Solar Lux) - 10 fois moins de batterie que pour un VE classique = 60 kg maxi - très peu ou pas de bornes de recharges à prévoir - donc pas d’impact sur le réseau électrique mais au contraire fourniture possible d’énergie (6 à 15 m2 de solaire / véhicule vitrages inclus rendement 30% et +) - excellente efficacité énergétique (supérieure d’un facteur 12 comparé aux VE actuels) donc également excellent bilan par le minimum de matières premières utilisées - faible poids, tb aérodynamisme, rendement de plus de 98% des moteurs dans les roues 1,5 KW, récup. de plus de 80% d’énergie au freinage, excellents Cx/Cd (0,07 au mieux comparé à 0,24 pour Tesla) et coef. de roulement - potentiel d’améliorations (rendement solaire, batterie etc) encore important - Voir modèle commercial proche Immortus EVX 2 places 150 km/h 550 km d’autonomie (Australie), Swinburne Solar X, 4 modèles Hanergy Solar (Chine) en collaboration avec Tesla, déjà autorisées sur route Stella Solar 4 places 730 km d’autonomie de jour et 430 km la nuit à plus de 100 km/h constants, eVe Sunswift Solar 2 places (140 km/h), SolarWorld GT (plus d’1 million de km par tous temps), Sunriser Solar (ThyssenKrupp / Bochum Univ), OWL (Kogakuin Univ, Japon), Lodz Solar 4 places 100 km/h 1500 km d’autonomie (Pologne), Calgary Solar, Daedalus Solar, Eos Solar (Univ. Minnesota), Aruna Solar 4 places 500 km d’autonomie (Univ. Technique d’Istanbul - Turquie), SERve (Solar Electric Road Vehicle / Tata et Manipal Univ. Inde) Tafe SA, Solar Mobil Malindra, Midnight Sun XI Solar, Navitas Solar Purdue, Stanford Luminos, Rice Solar Car (solaire urbaine Etats-Unis) etc. Jonction en cours avec les véhicules électriques encore nettement moins efficients. Plus de 60 universités de pointe concernées dans le monde (Stanford, MIT, Eindhoven, Twente, Bochum, NSW Univ, Caltech, Calgary, Purdue, Malindra etc) + retombées technos. A noter également pour améliorer les véhicules thermiques actuels il existe HySolarKit ou autres EVX (Australie) qui sont des kits pour convertir un véhicule essence classique en véhicule hybridosolaire. Ces systèmes permettent de réduire la consommation de 20 à 40% selon les usages, de même que les émissions polluantes, avec un coût très faible comparé à l’achat d’un véhicule hybride.
Réponse de le 31/10/2015 à 11:48 :
Moi je ne crois du tout au solaire, pour la bonne raison que les panneaux solaires de quelques sortes ils soient contiennent des produits très toxiques et qu'à la moindre fissure, c'est un pollution assurée. En outre quel serait le rendement d'une telle énergie les jours, nombreux sans luminosité suffisante pour pour produire l'énergie demandée ?
Pour moi, je trouve dommage cette maniaquerie du solaire et de l'électrique notamment pour les véhicules de transport (dont les coûts de location de batterie sont prohibitifs).
L'avenir serait à une énergie très propre, peu coûteuse, l'hydrogène liquide...
a écrit le 30/10/2015 à 19:14 :
Cet incroyable qu'une organisation gouvernementale puisse appliquer le plus grand racket mondial en taxant brutalement les habitants de notre terre. Il faut savoir comment fonctionne le GIEC. A chaque rapport pour les décideurs, celui ci est construit à partir du regroupent d'avis d'un millier de scientifiques et qui sont traités par un groupe d'experts. Ce groupe filtre et élimine déjà les avis scientifiques qui ne sont pas la doxa " réchauffement dû par l'homme" c'est à dire ceux qui affirment que ce changement est du à l'influence solaire ou à ceux, de plus en plus nombreux, qui déterminent ce changement par la position de notre système solaire dans la galaxie. Puis les conclusions de ces experts sont formalisées dans un rapport élaboré pour les décideurs politiques. Or ce rapport est remodelé par des hauts fonctionnaire gouvernementaux afin qu'ils puissent prendre des décisions dans le sens voulu.
Un expertise scientifique se fait entre scientifiques et non avec des politiques. Il faut rappeler que ce groupe d'experts scientifiques sont rémunérés par leur gouvernement respectif ainsi que tous les frais liés à leurs déplacements dans le monde entier ( billets d'avion, hôtels, hôtesses, vacances,...). Ou est l'intégrité scientifique avec ce système ?
Enfin il est complètement délirant de vouloir faire investir par les états des milliards de dollars pour des perspectives de réchauffement hypothétiques ( entre 4,5 degré et 2 degrés, il y a plus de 100% d'incertitude ! ). Un investissement de cet ordre doit être fait suivant des résultats d'études d'une très grande rigueur et certitude scientifique...
Réponse de le 31/10/2015 à 4:04 :
Vous exagérez, çà fait plus d'un siècle et même avant Arhénius en 1895 que les scientifiques alertent sur le réchauffement climatique. Le Giec ne fait que répercuter le travail de plusieurs disciplines scientifiques et désormais de dizaine de milliers de scientifiques au total qui se succèdent depuis plus de 45 ans sur le sujet. Donc évoquer un complot gouvernemental mondial est absurde. De plus en matière de coûts il est bien plus cher d'une part de ne rien faire et d'autre part de continuer à subventionner les énergies fossiles polluantes avec des milliers de milliards d'euros dans le monde. En plus le pétrole, gaz et charbon vont manquer donc il faut quoiqu'il arrive changer d'énergies et ne plus attendre, donc merci pour le travail du Giec au contraire.
Réponse de le 31/10/2015 à 20:11 :
Parce qu'a cette époque il y avait des satellites d'observation météorologiques de la terre ? Faites un effort de recherche et vous trouverez pléthore de ce qu'on appelle les climatoseptiques, et qui sont aussi honorables que les climatos béats notamment le "groupement scientifiques du climat Non gouvernemental" et lisez leur rapport
a écrit le 30/10/2015 à 18:07 :
La France respectera les 2 degrés:grace a Hollande et COP21 on peut déja compter sur un acquis de 1.75 degrés,avec un peu d'efforts on atteindra 2.Aux autres pays de s'aligner sur nous
a écrit le 30/10/2015 à 16:17 :
On en a des spécialistes, bien payés, qui réfléchissent pour nous dans des fauteuils confortables, dans des bureaux climatisés! Ces oracles qui se foutent totalement de la vie des gens ordinaires en vivant aux crochets de la société. Messieurs mes dames les verts, donnez l'exemple en cessant de demander encore plus de restrictions, encore plus d'impôts. Les Français vont vous le faire savoir sous peu.
Réponse de le 30/10/2015 à 17:13 :
...et heureusement qu'il y a des spécialistes qui réfléchissent pour vous, car vu l'état de la planète, le chemin qu'elle prend, et les gens comme vous qui sont dans le déni, heureusement qu'il y a des spécialistes qui réfléchissent pour vous !

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