Climat : la pré-COP permet quelques avancées

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Parmi les points de progrès, selon Laurent Fabius, le délicat chapitre du financement des politiques climatiques des pays du Sud par les pays du Nord.
Parmi les points de progrès, selon Laurent Fabius, le délicat chapitre du financement des politiques climatiques des pays du Sud par les pays du Nord. (Crédits : © Ueslei Marcelino / Reuters)
Les ministres d'une soixantaine de pays étaient réunis à Paris depuis dimanche pour préparer la conférence internationale sur le climat de décembre. Cette pré-COP a permis de trouver des compromis sur au moins cinq points. Mais "la tâche reste considérable" avant de parvenir à un accord, résume Laurent Fabius à l'issue de ces trois jours.

Pour Laurent Fabius, il devait s'agir d'"une espèce de répétition générale avant Paris", permettant de "trouver le chemin du compromis sur le grand nombre possible de sujets".

A l'issue de la pré-COP, qui a réuni pendant trois jours depuis dimanche les ministres de l'Environnement ou de l'Energie de quelque 60 pays, le ministre français des Affaires étrangères se veut toujours optimiste, bien que prudent:

"Nous avons franchi avec la 'pré-COP' une étape importante avant (la COP de) Paris, mais nous restons plus que jamais mobilisés et la tâche qui reste est considérable", a déclaré le futur président de la conférence internationale sur le climat au cours d'une conférence de presse mardi 10 novembre.

"La première chose que je retiens de cette réunion c'est la confirmation d'une volonté partagée de parvenir à un accord universel en décembre à Paris", a-t-il affirmé, estimant qu"un compromis ambitieux est à notre portée" lors de la COP21.

Les Etats sont d'accord pour réviser à la hausse leurs engagements

Selon lui, "sur cinq points au moins des avancées ont été constatées". Le ministre des Affaires étrangères a notamment mentionné le principe d'une révision régulière et à la hausse des engagements des Etats pour limiter le réchauffement planétaire. Il s'agissait à ses yeux de l'un des enjeux essentiels des négociations:

"Si nous pouvons nous accorder (à la pré-COP) sur le principe et la périodicité" d'une clause de révision des engagements, "nous aurons accompli un pas majeur", avait-il souligné vendredi devant la presse.

"Le bilan des INDC (les contributions nationales, NDLR) tous les cinq ans semble acquis, ainsi que le principe d'une révision des contributions toujours à la hausse que de nombreux pays souhaitent voir débuter dès 2018, mais le processus resterait non-contraignant", précise dans un communiqué la Fondation Nicolas Hulot.

Autre point de progrès, selon Laurent Fabius, le délicat chapitre du financement des politiques climatiques des pays du Sud par les pays du Nord.

"Les 100 milliards de dollars an des pays développés (promis aux pays en développement à Copenhague en 2009, NDLR) sont vus comme un minimum pour l'après 2020 qu'il faudra augmenter régulièrement. Le financement de l'adaptation est enfin une priorité affichée avec le souhait d'augmenter considérablement les financements dédiés avant même 2020 (notamment avec de l'argent public sous forme de dons)", confirme à se propos la FNH.

Un G20 avant la COP

Tout au long du week-end, trois rapports publiés par l'Onu, la Banque mondiale et une ONG ont mis la pression sur les négociateurs, pointant du doigt, respectivement, le caractère insuffisant des engagements des Etats pour contenir le réchauffement à +2°C, le risque que l'inaction face au réchauffement fasse basculer 100 millions de personnes dans l'extrême pauvreté d'ici 2030 et les impacts dévastateurs qu'aura la montée des océans sur certaines grandes villes côtières.

L'objectif de la pré-Cop n'était cependant pas de revoir le texte issu de la dernière session de négociation à Bonn, en octobre, considéré par certains encore trop brouillon, mais de "de donner un élan politique" et ainsi "faciliter l'accord final" .

D'autres réunions internationales sont maintenant censées donner une impulsion politique supplémentaire aux négociations, avant la COP: notamment le sommet du G20, qui se tiendra le week-end prochain en Turquie.

 (Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 10/11/2015 à 19:11 :
Là, c'est pas compliqué : il faudrait que CHAQUE humain ne rejette QUE 2 tonnes de carbone par an. On en est à 7,3, les gars... Nous aurons donc tué notre planète, mais en faisant la fête... Quelle débilité.
a écrit le 10/11/2015 à 19:07 :
Excellente bonne blague. Vu le cas aussi amusant que la "loi" informatique qui a été "enrichie" par les Français, on va faire dans la marge comme pour les g20 et roule ma poule pour impuniser les plus riches. Du moment que ça se vend dans la société marchande actuelle, c'est boooon! Faut croire, ça fait rêver.

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