Bénéficiant d’une bonne consommation intérieure, de sa solidité à l’export et de la relocalisation de certaines industries, l’Europe centrale s’impose comme le cœur de la résilience européenne.Malgré les turbulences du commerce mondial, les pays d'Europe centrale affichent une force étonnante. Alors que l'on redoutait un choc sévère des droits de douane imposés par les États-Unis - notamment les 25 % sur l'automobile -, la région continue d'enregistrer des performances remarquables.
« Cette résilience vient en grande partie de la consommation, qui sera le principal moteur de la croissance en 2025 », explique Cynthia Kalasopatan Antoine, analyste chez BNP Paribas et autrice de l'étude « Les économies d'Europe centrale résistent au choc tarifaire ». En Pologne, ce sont les investissements qui devraient prendre le relais, y compris dans l'automobile.
Les exportations autos explosent
À première vue, ces performances pourraient paraître paradoxales. Comme le rappelle le rapport de BNP Paribas, la Slovaquie, la République tchèque et la Hongrie affichaient des taux d'exportations parmi les plus élevés d'Europe par rapport à leur PIB... jusqu'à 82,2 % pour la Slovaquie en 2024 ! De surcroît, « le poids important du secteur automobile dans l'économie ajoute aux défis de la région », explique l'étude. C'est pourtant dans ce secteur particulier et soumis à des tarifs douaniers américain de 25 %, que certains pays affichent de bonnes performances.
Selon des chiffres d'Eurostat que La Tribune a pu consulter, la valeur moyenne des exportations automobiles croates depuis novembre dernier est de 57 millions d'euros, contre 15 millions en moyenne au cours des quarante mois précédents. Une hausse de 281 %, portée notamment par un bond immense des exportations vers le Canada (+25 000 %), la Chine et le Mexique. Au même moment, les exportations slovènes dans le secteur automobile ont également bondi de 55 %, avec le Canada pour principal client.