Corée du Nord, commerce... Non sans difficultés, Chine, Japon et Corée du Sud cherchent à renforcer leurs relations

Pékin, Séoul et Tokyo avaient convenu de sommets annuels depuis 2008 pour renforcer les échanges diplomatiques et économiques, mais des querelles bilatérales et la pandémie de Covid-19 ont interrompu leurs projets. Il s'agit donc de leur première rencontre depuis 2019.
(Photo d'illustration).
(Photo d'illustration). (Crédits : Reuters/Fabrizio Bensch)

Les ministres des Affaires étrangères de la Chine, du Japon et de la Corée du Sud se sont rencontrés ce dimanche dans la ville portuaire sud-coréenne de Busan. Objectif affiché, relancer la coopération entre les voisins asiatiques et ouvrir la voie à un sommet entre leurs trois chefs d'État. Cependant, Pékin s'inquiète du fait que Washington renforce ses partenariats avec le Japon et la Corée du Sud, alors que la Chine et les États-Unis tentent de renouer des liens distendus, notamment lors d'une réunion ce mois-ci en Californie entre Xi Jinping et Joe Biden.

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Pékin, Séoul et Tokyo avaient convenu de sommets annuels depuis 2008 pour renforcer les échanges diplomatiques et économiques, mais des querelles bilatérales et la pandémie de Covid-19 ont interrompu leurs projets. Il s'agit donc de leur première rencontre depuis 2019.

Tokyo et Séoul sur la même longueur d'ondes...

Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Park Jin, a indiqué qu'il espérait approfondir les discussions sur les questions nord-coréennes, et obtenir un « résultat pratique » sur des sujets tels que les échanges entre les peuples, le changement climatique et le commerce et l'économie.

« Avant tout, il est important d'institutionnaliser davantage la coopération trilatérale, afin qu'elle devienne un système stable et durable », a dit Park Jin lors de la réunion.

Les trois ministres sont convenus de faire en sorte que le sommet des dirigeants des trois nations se tienne le plus tôt possible, a-t-il ajouté. Park Jin a également rencontré séparément ses homologues japonaise Yoko Kamikawa et chinois Wang Yi.

Le ministre sud-coréen et Yoko Kamikawa ont condamné le lancement par la Corée du Nord, la semaine dernière, de son premier satellite espion. En outre, ils se sont mis d'accord pour renforcer les réponses concernant les ventes d'armes entre Pyongyang et Moscou, a déclaré le ministère des Affaires étrangères de Séoul dans un communiqué.

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... Mais pas sur tous les sujets

Cependant, Yoko Kamikawa a qualifié d'« extrêmement regrettable » la décision d'un tribunal sud-coréen demandant au Japon d'indemniser un groupe de femmes. Ces dernières avaient été forcées de travailler dans des maisons closes pendant la guerre. Selon les historiens, jusqu'à 200.000 femmes, originaires pour la plupart de Corée, mais aussi d'autres pays d'Asie dont la Chine, ont été ainsi enlevées ou contraintes. Tokyo a donc demandé à Séoul de prendre les mesures appropriées, a rapporté l'agence de presse japonaise Kyodo.

De son côté, Wang Yi a mis en garde Park Jin contre la politisation des questions économiques et technologiques, dans un contexte de tensions entre la Chine et les États-Unis au sujet des semi-conducteurs et d'autres différends commerciaux. Pékin est le principal partenaire commercial de Séoul mais également le principal allié et soutien économique de Pyongyang.

Pour rappel, le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre japonais Fumio Kishida se sont rencontrés en marge d'une conférence internationale aux Etats-Unis le 17 novembre, où ils sont convenus de poursuivre des relations bénéfiques pour leur deux pays. En juillet, le ministre chinois des Affaires étrangères a averti que les efforts des États-Unis pour renforcer les liens avec Séoul et Tokyo risquaient d'attiser les tensions régionales.

La Corée du Nord continue à se montrer menaçante

L'agence d'Etat nord-coréenne KCNA a affirmé samedi dernier que le dirigeant Kim Jong Un avait examiné des images prises par le premier satellite nord-coréen de « régions cibles », dont celles de la base militaire américaine de Pearl Harbor à Hawaï et de différents sites en Corée du Sud. Pyongyang a réussi à placer en orbite un satellite militaire espion au début de la semaine. Séoul a toutefois estimé qu'il était trop tôt pour affirmer, comme le prétend Pyongyang, qu'il fonctionne.

Selon les experts, un satellite espion opérationnel améliorerait la quête de renseignements nord-coréenne, en particulier sur son rival du Sud, en donnant accès à des données cruciales dans la perspective d'un conflit militaire.

L'Administration nationale des technologies aérospatiales de Corée du Nord devait samedi matin effectuer un « réglage supplémentaire » de son satellite, a indiqué KCNA. La mise en orbite du satellite nord-coréen a entraîné la suspension, partielle par le Sud et totale par le Nord, d'un accord militaire conclu, il y a cinq ans, pour apaiser les tensions bilatérales.

Pyongyang s'est vu interdire, par des séries successives de résolutions de l'ONU, de procéder à des essais utilisant la technologie balistique. Selon les analystes, il existe une concordance technologique importante entre les capacités de lancement dans l'espace et le développement de missiles balistiques.

(Avec agences)

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Commentaires 2
à écrit le 27/11/2023 à 8:06
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Si l'empire américain n'avaient pas imposé son économie au monde entier je pense que nous aurions eu bien plus de guerre surtout dans cette zone là. C'est qu'on part de très loin, tellement loin que nous n'avons pas l'impression d'être partis.

à écrit le 26/11/2023 à 16:39
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Etaient convenus..... SVP !!! Menrci.....

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