Et revoilà les fameux satellites butineurs russes, la famille Luch Olymp. Vous avez aimé Luch Olymp 1, qui avait notamment espionné en 2017 le satellite franco-italien de communications militaires sécurisées Athena-Fidus, voici son « petit frère » Luch Olymp 2, lancé en mars dernier par la Russie. Aussitôt en orbite, aussitôt en action. Il s'est déjà montré très actif. Mais ces missions d'espionnage ne sont pas passées inaperçues. Elles ont été démasquées et traquées entre autres par la nouvelle pépite de la surveillance de l'espace française Look Up Space, qui n'est pas le seul acteur à surveiller ces satellites espions. Grâce à Synapse - sa plateforme de traitement de données que la startup a développée -, elle peut traquer tous les satellites, y compris les satellites butineurs.
Selon Look Up Space, Luch Olymp 2 a passé un peu moins d'un mois dans sa longitude d'injection (58° E), puis a commencé à dériver vers l'ouest. Puis, le satellite espion s'est arrêté vers le 22 mai vers la longitude 9°E où se trouvent les satellites Eutelsat KA SAT 9A et Eutelsat 9B. Il est resté sur cette position plus de 120 jours. Luch Olymp 2 a quitté la longitude 9° E vers le 25 septembre et s'est déplacé vers la longitude 3°E où se trouve Eutelsat 3B, position à laquelle il est arrivé vers le 8 octobre. Il y est depuis, à proximité d'Eutelsat 3B, soit à quelques dizaines de kilomètres d'Eutelsat 3B. « Ces manœuvres ne sont pas fortuites », affirme le fondateur et directeur général de Look Up Space, le général Michel Friedling (2S), qui a été le premier commandant de l'espace (CDE) de septembre 2019 à juillet 2022.
« L'espace est un domaine de très grande activité même si elle est peu visible. Cette activité se caractérise notamment par de très nombreux rapprochements d'objets, sur tous types d'orbites, en géostationnaire, mais aussi à toutes les altitudes », a rappelé début octobre à l'Assemblée nationale le chef d'état-major de l'armée de l'air et de l'espace, le général Stéphane Mille.