Croissance mondiale : l'OCDE en plein doute

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2015 devrait être la cinquième année consécutive de ralentissement de la croissance mondiale, qui affichait encore un taux de 3,3% l'an dernier.
2015 devrait être la "cinquième année consécutive de ralentissement de la croissance mondiale", qui affichait encore un taux de 3,3% l'an dernier. (Crédits : Reuters Edgar Su)
Dans un rapport rendu public le mercredi 16 septembre, l'OCDE a de nouveau revu à la baisse ses prévisions pour la croissance mondiale. L'Organisation déplore la dégradation des économies dans les pays émergents, et met en garde la Fed sur un relèvement des taux, susceptible d'exacerber les turbulences financières.

L'OCDE a légèrement baissé mercredi 16 septembre ses prévisions de croissance mondiale à 3,0% cette année puis à 3,6% l'an prochain.

En juin, l'Organisation de coopération et de développement économiques avait avancé les chiffres de 3,1% pour 2015 et 3,8% pour 2016, eux-mêmes revus à la baisse par rapport aux prévisions de mars (4% et 4,3%).

Dans un rapport intitulé "Énigmes et incertitudes", l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dresse un constat peu encourageant :

"La reprise progresse dans les économies avancées, mais les perspectives ont continué à se détériorer pour plusieurs économies émergentes", avec une croissance moins forte qu'attendu en Chine et, surtout, une récession beaucoup plus sévère que prévu au Brésil, résume l'OCDE.

La Chine, cette inconnue

La Chine devrait afficher une croissance de 6,7% cette année (-0,1 point de pourcentage par rapport aux prévisions de l'OCDE en juin) puis 6,5% en 2016 (-0,2 point de moins que prévu initialement donc). Si cette situation justifie les révisions à la baisse des perspectives pour l'économie mondiale en 2015, l'OCDE se dit inquiète des conséquences pour l'avenir :

"Un ralentissement plus marqué qu'attendu en Chine constitue le principal risque pour l'économie mondiale", prévient l'organisation, qui rappelle que l'affaiblissement des importations chinoises a pesé sur la croissance des volumes d'exportation partout ailleurs et conduit à la baisse des prix des matières premières.

Le Brésil, en chute libre

Pour le Brésil, en pleine déconfiture, la correction est beaucoup plus sévère. Ainsi, l'OCDE table sur une récession de 2,8% cette année (-2 points par rapport aux prévisions de juin). Elle s'attend à ce que l'économie reste dans le rouge l'an prochain, avec un recul du Produit intéruieur brut de 0,7%. En juin, elle prévoyait un retour à une croissance de 1,1%.

Ces annonces ne sont toutefois pas une surprise. Hier, Angel Gurria, le secrétaire général de l'OCDE avait laissé entendre une révision des prévisions de croissance :

"Nous allons annoncer des chiffres indiquant peut-être un peu de baisse en termes de perspectives et, dans certaines régions du monde, un petit peu plus qu'un petit abaissement", avait-il précisé mardi lors d'une conférence à Dublin.

Les Etats-Unis, en tête des prévisions de croissance

L'OCDE a également dressé le palmarès des économies les plus avancées. Les Etats-Unis restent en tête avec une croissance attendue à 2,4% cette année (+0,4 point par rapport aux prévisions de l'OCDE en juin) puis 2,6% l'an prochain (-0,2 point par rapport aux annonces de l'OCDE de juin).

Dans ce contexte de reprise, et à la veille d'une réunion très attendue de la banque centrale américaine, la Fed - qui pourrait amorcer une hausse de ses taux - l'OCDE a jugé, graphiques à l'appui, que le moment où interviendrait cette remontée était "moins important que (son) rythme", qui doit être "progressif".

Le ton pessimiste de l'OCDE

L'organisation, qui regroupe une trentaine de pays riches, a demandé une "communication claire" de la Réserve fédérale américaine afin de "réduire les risques de volatilité des marchés financiers", potentiellement dangereux en particulier pour les pays émergents.

Au-delà des prévisions de croissance immédiates, l'OCDE a livré une analyse assez pessimiste, faisant part dans un communiqué de ses "doutes grandissants sur les perspectives de croissance potentielle à moyen terme aussi bien dans les économies avancées qu'émergentes", ce qui selon elle justifie de maintenir des politiques budgétaires et monétaires "accommodantes", en particulier dans la zone euro et au Japon.

(Avec AFP et Reuters)

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>> Pour aller plus loin : Le rapport intégral de l'OCDE "Puzzles and Uncertainties" (en anglais) :

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Commentaires
a écrit le 16/09/2015 à 15:55 :
Rendez vous dans deux mois pour une révision à la baisse de 0.1% des prévisions de croissances mondiales. Comment croire dans ces chiffres avec des données bidon en Chine, de fortes imprécisions pour la Russie, pour le Canada et tous les pays producteurs de matières premières ? Cet organisme manque de sérieux. Qui peut croire dans ces chiffres.
Il manque les risques de conflits sociaux au Moyen Orient, au Maghreb et en Amérique du Sud qui risque de faire plonger les croissances de ces pays. Et le risque d’enlisement en Syrie qui fera plonger la croissance mondiale.
Je remarque qu’aucune marge d’erreur n’est publiée. Pourquoi ?

Ps pardon pour la publication précédente.
a écrit le 16/09/2015 à 15:46 :
Rendez vous dans deux mois pour une révision à la baisse de 0.1% des pévission de croissances mondiales. Comment croire dans ces chiffres avec
a écrit le 16/09/2015 à 14:57 :
La croissance, la vraie, et pas ce que nos Bisounours nous laissent espérer (enfin, pour ceux qui peuvent encore) est partie. Même si on arrive à des taux "mirobolants" de 2% (?) cela ne créera de toute façon pas assez d'emplois pour redécoller. La situation US est plus grave que ce qu'on nous expose ( calculer simplement le nb d'actifs avec emploi / adultes en âge de travailler, voir l'explosion du nb de faillites personnelles, celle du nb d'abonnés à la soupe populaire, etc...). La Chine plonge et le renminbi cahote. Le Brésil est un volcan politique et une poudrière économique. Au lieu de faire encore plaisir aux US en se mettant les russes à dos, en sabordant notre secteur agricole et nos accords sur les Mistral, je pense qu'on aurait dû au contraire ménager ce partenaire et négocier pour arriver à des concessions de la part des Russes / s'affirmer face aux US. Mais c'est trop tard. Pendant ce temps là, la BCE et la Féd inondent le marché de billets de Monopoly, on prête de l'argent aux banques à des taux négatifs (mais pas à nous), la bourse devient incompréhensible, les banques jouent au casino avec les produits dérivés et le trading haute fréquence; en même temps, les entreprises font faillite, les revenus baissent, les cotisations et impôts grimpent, le nb de sans emploi culmine : qui bénéficie de l'impact du QE de la BCE ? Pas le travailleur. L'avenir et l'espoir d'une croissance réellement significative me semblent aussi compromis que la météo aujourd'hui.
Réponse de le 16/09/2015 à 17:03 :
>DUCAT

Vous savez, moi aussi je fais des dépressions saisonnières. Vous pouvez essayer des lampes plus fortes, ça marche aussi bien que les anxiolytiques.
Réponse de le 16/09/2015 à 17:19 :
Merci, je constate que certains voient encore la vie en rose....
a écrit le 16/09/2015 à 14:36 :
Pour relancer la croissance il faut pacifier l'Afrique et l'Asie de l'Ouest ou tout est à construire. La paix apporterait un besoin d’infrastructure et de développement tout azimut afin de rattraper les standard dits modernes. Énergie, Agriculture, Assainissement et approvisionnement de l'eau, télécommunications, transports (chemins de fer et aviation sans parler des autoroutes), Santé etc ... . Les besoins en développements de ces pays sont des marchés potentiels et il s'agit tout de même d'un bon tiers des pays du monde.
Donc il faut pacifier pour amener infrastructure et développement qui permettrons la croissance. Mais bon personne ne pense à cet aspect des choses donc plus de croissance de pays développés qui sont arrivés au bout de leur développement pour le cycle actuel et les prochaines technologies de ruptures n'apparaitrons pas massivement avant 15-20 ans car elles sont en cours de R&D un peu partout sur la planète.
Donc il faut pacifier les pays en guerre et faire du business avec eux pour les développer et relancer ainsi la croissance tout en leur donnant un style de vie résolument digne et moderne.
Réponse de le 16/09/2015 à 15:47 :
Faut se rassurer : les us sont en train de tout pacifier à grands coups de drones.
a écrit le 16/09/2015 à 14:34 :
La plus prégnante blague de l'époque : < Je doute donc Je suis >. Que peut-il se produire comme phénomène historique dans un tel foirail de boniments sinon d'omerta de choses que tout le monde a compris ?

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