La Banque mondiale alerte sur un ralentissement prolongé de la croissance mondiale, qui devrait stagner à 2,7% en 2024 et 2025. Les pays en développement sont les plus durement touchés, enregistrant leurs niveaux de croissance les plus faibles depuis 2000, un rythme insuffisant pour réduire la pauvreté ou atteindre les objectifs de développement.Alerte sur la croissance mondiale. Selon son dernier rapport, la Banque mondiale (BM) prévoit une progression de 2,7% pour les deux prochaines années, un niveau stable mais historiquement faible. La situation est particulièrement préoccupante pour les économies en développement, dont la croissance est à son plus bas niveau depuis 2000. Ce ralentissement met en péril les objectifs de réduction de la pauvreté et de développement durable, selon l'institution.
« La majorité des éléments qui avaient aidé les pays en développement se sont peu à peu dissipés, et ils doivent désormais affronter de nombreux vents contraires », a déclaré Indermit Gill, chef économiste de la Banque mondiale. Il appelle à une nouvelle approche, basée sur l'accélération des investissements privés et une meilleure utilisation des talents et du capital.
Depuis 2014, le PIB par habitant des pays en développement a progressé en moyenne de 0,5 point de pourcentage de moins par an que celui des pays riches. Cet écart grandissant aggrave les inégalités économiques mondiales. L'une des causes principales est l'intensification des restrictions commerciales. En 2023, ces restrictions ont été cinq fois plus nombreuses que la moyenne annuelle observée lors de la décennie 2010. Un écart qui préoccupe la BM : « La croissance ne peut se redresser sans une stratégie globale favorisant l'investissement, l'innovation et le commerce ».
Des disparités régionales
Le ralentissement économique s'étend à plusieurs régions : en Asie de l'Est et dans le Pacifique, ainsi qu'en Europe et en Asie centrale, la croissance est freinée par une demande intérieure en berne, notamment en Chine et dans les pays européens. À l'inverse, l'Amérique latine, le Proche-Orient, l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne bénéficient d'une demande intérieure plus forte et devraient afficher une croissance plus robuste.
Quant à la Chine, elle reste sur une tendance de ralentissement. Sa croissance est passée de 5,1% en 2023 à une prévision de 4% en 2026. En revanche, l'Inde tire son épingle du jeu avec une croissance stable à 6,7% prévue pour 2025 et 2026. Toutefois, ce rythme pourrait être insuffisant pour répondre aux besoins de développement du pays. Et alors que les États-Unis maintiennent une croissance solide, l'Europe peine à retrouver un dynamisme économique.