ANALYSE. Le sommet annuel l’Organisation de coopération de Shanghai met en lumière un sujet brûlant : la baisse des emprunts en dollars chez de plus en plus de pays du « Sud global ». De quoi remettre en question l’hégémonie du billet vert ?
Un signal faible qui trouve de l'écho au sommet annuel de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), à Tianjin, dans le nord de la Chine : de plus en plus de pays du « Sud global », émergents ou en voie de développement, boudent le dollar pour leurs emprunts internationaux.
À la place, ils lui préfèrent d'autres devises, moins chères et jugées plus fiables, telles que le yuan renminbi chinois ou le franc suisse. En cause, l'instabilité économique provoquée par l'administration Trump et son « bazooka » douanier, mais aussi les taux élevés de la Réserve fédérale américaine, à 4,25 et 4,5%. De sorte que le billet vert a perdu 15% de sa valeur depuis janvier dernier.
Tendance en cours
Les chiffres sont là. Selon le FMI, au dernier trimestre 2024, la monnaie de référence représentait encore 58% des réserves de change des banques centrales mondiales. Mais lorsqu'on remonte le temps, on comprend que cette domination est désormais moins forte : en 1999, la part du dollar était à 71%.
Dans le même temps, une analyse récente du gestionnaire Pictet Asset Management observait qu'en 2008, 81% de la dette (publique et privée) des marchés émergents était libellée en devises étrangères, principalement en dollars. Mais en 2023, le billet vert n'était plébiscité qu'à hauteur de 44%. Ce qui signifie que 56% de cette dette est désormais émise en monnaies dites « locales » (yuan, euros, franc suisse, etc).
Emprunter moins cher grâce au yuan ou au franc suisse
Pour plusieurs pays en voie de développement, emprunter dans une autre monnaie que le dollar tient du pragmatisme, à savoir réduire le coût de l'emprunt. En juin, la Banque nationale suisse (BNS) a par exemple réduit ses taux directeurs à zéro, tandis que le taux des prises en pension à sept jours de la Chine est d'à peine 1,4%.
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