Sommet de l'OCS en Chine : Xi Jinping met en scène son nouvel ordre mondial
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Alexander Zemlianichenko
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En riposte à la guerre commerciale entamée par Washington, Pékin met en avant ses nouvelles alliances. Le président chinois Xi Jinping a entamé samedi à Tianjin une série de rencontres bilatérales avec des dirigeants étrangers, en amont du plus grand sommet jamais organisé par l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Parmi les premiers reçus figurait le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, suivi du Premier ministre égyptien Moustafa Madbouly, selon les médias officiels.
Dimanche et lundi, la mégapole portuaire du nord de la Chine accueillera une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement, dont Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan, Massoud Pezeshkian et Narendra Modi. L'OCS, qui réunit dix membres et seize pays observateurs ou partenaires, revendique près de la moitié de la population mondiale et une part importante du PIB global. Pékin la présente comme un modèle de multilatéralisme et un contrepoids assumé à l'Otan.
En amont du sommet, Vladimir Poutine a dénoncé dans une interview à l'agence officielle chinoise Xinhua les sanctions économiques « discriminatoires » imposées par les Occidentaux, accusées d'entraver le commerce international. Le président russe a souligné que Moscou et Pékin continueraient à réduire leurs barrières commerciales et à approfondir leur coopération industrielle. Sa visite de quatre jours en Chine, qualifiée de « sans précédent » par le Kremlin, marque un nouvel épisode du partenariat scellé entre les deux pays en 2022, après l'invasion de l'Ukraine et des sanctions imposées par les Occidentaux à la Russie.
Selon Yu Jie, chercheuse à Chatham House citée par le Financial Times, la Chine cherche à démontrer que « si un monde dirigé par la Chine voit le jour, ce ne sera pas avec l'Europe ou les États-Unis ». Elle estime que le pays émerge politiquement comme « le grand gagnant du moment ».
Il existe toutefois de nombreuses fractures entre ces alliances symboliques : notamment entre l'Inde et le Pakistan, tous deux membres de l'OCS. Pékin et New Delhi entretiennent également des relations difficiles, notamment avec des affrontements meurtriers à leur frontière himalayenne en 2020.
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L'événement s'inscrit par ailleurs dans une séquence diplomatique et symbolique pour Pékin. À l'issue du sommet, la Chine organisera mercredi une grande parade militaire commémorant les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, à laquelle assistera notamment le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.
(Avec Reuters et AFP)
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