Des actes et non des mots : les patrons américains face aux tensions raciales

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Photo prise le 1er juin 2020, lors d'une manifestation contre les violences policières après la mort de George Floyd.
Photo prise le 1er juin 2020, lors d'une manifestation contre les violences policières après la mort de George Floyd. (Crédits : Reuters)
Après le décès, il y a une semaine, de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, plusieurs grands patrons ont dénoncé le racisme. Mais ces prises de parole ne suffisent plus, estiment certains, à l'image de Ken Frazier, PDG du laboratoire pharmaceutique Merck et seul Afro-Américain à diriger une des trente entreprises de l'indice Dow Jones. "Lorsqu'il y a des troubles civils, les gens publient des communiqués; ils publient des platitudes [...]. Je pense que les milieux d'affaires doivent aller au-delà des communiqués", a-t-il fustigé sur la chaîne CNBC.

Des actes et non des mots: les patrons américains sont priés d'aller au-delà des condamnations des violences policières après la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans il y a une semaine.

"Les entreprises ont l'opportunité d'occuper le vide laissé par le gouvernement", exhorte Richard Edelman, patron de la puissante agence de relations publiques éponyme. "Ça ne doit pas être que de la com'. Il faut des actes".

Des appels à l'action se multiplient pour réduire les inégalités économiques, une des sources de la colère populaire exprimée dans les manifestations, parfois violentes, qui émaillent le pays depuis quelques jours.

Lire aussi : Le coronavirus va-t-il forcer les États-Unis à agir pour plus d'égalité sociale ?

Ils s'appuient sur l'absence de diversité au plus haut niveau des sociétés malgré les promesses mille fois répétées.

D'après un rapport de 2019 du Boston Consulting Group, seuls trois Afro-Américains et vingt-quatre femmes sont à la tête des 500 plus grosses sociétés américaines par revenus.

"Platitudes"

De grands patrons, à l'instar de Tim Cook (Apple), David Solomon (Goldman Sachs) ou Larry Fink (BlackRock) ont dénoncé le racisme ce week-end.

Ken Frazier, le PDG du laboratoire pharmaceutique Merck, lui, y voit des "platitudes".

Seul Afro-Américain à diriger une des trente entreprises de l'indice Dow Jones, il plaide pour des initiatives pratiques visant à l'insertion professionnelle des minorités qui occupent le plus souvent les emplois subalternes - magasiniers, caissières, préposés au ménage, éboueurs, livreurs etc.

"Lorsqu'il y a des troubles civils, les gens publient des communiqués; ils publient des platitudes [...]. Je pense que les milieux d'affaires doivent aller au-delà des communiqués", a fustigé lundi, sur la chaîne CNBC, M. Frazier.

Lui-même doit sa réussite sociale à une initiative permettant aux jeunes défavorisés d'intégrer des écoles d'élites à Philadelphie.

Il propose de multiplier ce genre d'actions et d'autres pour former les Afro-Américains et les Hispaniques et les aider à entrer dans le monde de l'entreprise.

Lire aussi : Comment enclencher le cercle vertueux de la diversité

"Les dirigeants économiques peuvent être une force d'unité [...]. Notre société est plus divisée que jamais. Le lieu de travail est le dernier endroit en Amérique, hormis l'armée et peut-être le sport, où les gens ne peuvent choisir avec qui s'associer", argumente-t-il, ajoutant que: "Le chômage mène à l'absence d'espoir et l'absence d'espoir mène à ce que nous voyons dans les rues de notre pays actuellement".

"Démocratie de marques"

D'après le think tank progressiste Economic Policy Institute, le revenu moyen des ménages blancs était en 2018 de 70.642 dollars contre 41.692 pour les ménages noirs. En février, avant la pandémie, le taux de chômage était de 5,8% pour les personnes noires et de 3,1% seulement chez les Blancs.

Pour Mellody Hobson, co-directrice générale de la société d'investissements Ariel Investments, "quand on observe la hiérarchie des entreprises en Amérique, du sommet à la base, on s'aperçoit que les Américains noirs et hispaniques n'y figurent pas, comme si nous n'existions pas dans ce pays".

"C'est inacceptable", déplore cette femme d'affaires afro-américaine.

Elle enjoint les entreprises à mettre en pratique leurs engagements en matière de bonne gouvernance et conseille aux actionnaires d'utiliser leur vote pour sanctionner les sociétés récalcitrantes.

Des experts préconisent en outre l'adoption d'une politique de quotas comme la "Rooney Rule". C'est un mécanisme mis en place par la ligue professionnelle de football américain (NFL), demandant aux équipes d'auditionner un candidat issu des minorités visibles à chaque fois qu'un poste d'entraîneur se libère afin de leur donner accès à des postes de dirigeants.

"Si les milieux d'affaires américains sont véritablement sérieux sur le racisme, il est nécessaire d'avoir des règles comme celles-là en place", insiste Hank Boyd, professeur de marketing à l'université du Maryland.

Une autre piste serait d'embaucher des minorités visibles à des postes à responsabilités, d'investir dans des startups créées par des Afro-Américains et des Hispaniques et que des cadres dirigeants de grandes entreprises rejoignent en parallèle des conseils d'administration d'ONG présentes dans des quartiers défavorisés, prône Richard Edelman.

Pour lui, il y va de l'intérêt des sociétés parce que deux tiers des consommateurs, et en l'occurrence les "millennials" (17-35 ans) dont un grand nombre manifeste actuellement, achètent en fonction de leurs valeurs.

"Ils pratiquent la démocratie de marques. Chaque fois qu'ils vont dans un magasin, ils veulent savoir si leurs marques les représentent vraiment", avance M. Edelman.

"Il fut un temps où les entreprises disaient qu'elles ne voulaient pas prendre de parti, qu'elles étaient la Suisse [neutres]. Ce n'est plus possible", renchérit Hank Boyd. "C'est une nouvelle ère".

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a écrit le 02/06/2020 à 13:16 :
Si..., au lieu de se précipiter à acheter des armes et à ne croire qu'à vouloir croire la violence, nombre de gens en ce monde préféreraient d'abord utiliser leurs 'DITS EUS', pour affirmer être protégés, guidés pour une abondance suffisante..., etc, ils verraient que l'annonce de Jeshua Ben Joseph d'il y a 2000 ans était UTILE, quand il soutenait que : "IL SERA FAIT SELON VOTRE FOI... D'ÊTRE !".
____ Reste à ce que tout notre monde le teste..., comme s'il avait affaire à de la physique, au lieu de penser le pire d'avance. ____ Anticiper sa vie en la disant bien est le minimum, non ?
a écrit le 02/06/2020 à 12:49 :
c'est pas aux gens des entreprises de se meler de ce genre de pbs
y a des partis politiques pour ca
les fascistes des minorites americaines veulent systematiquement deplacer les pbs la ou ils n'ont pas lieu d'etre
facho un jour, facho toujours, et a mettre n'importe quoi n'importe ou, ca ne sera pas la peine de venir pleurer le jour ou ca tourne mauvais... et le vent finit toujours par tourner, c'est une question de temps
a écrit le 02/06/2020 à 12:39 :
Ce qui m'étonne, c'est qu'au vu des centaines de millions d'armes qui circulent aux US, il n'y ait pas plus de violence de la part des afro Américains (voire des hispaniques) envers la Police.
Certes, les quartiers noirs sont le théâtre de violence et un danger pour les forces de police qui interviennent, cependant, si la misère dans ces quartiers n'était pas aussi patente il y aurait sans doute aussi moins de violence.
Un peu comme chez nous dans nos cités. La violence n'arrive pas gratuitement, elle est toujours là cause d'une injustice.
Réponse de le 02/06/2020 à 19:57 :
On a une vue un peu biaisée de la répartition des armes aux USA.

Il y a environ 270 millions d'armes aux USA mais selon les chiffres les plus récents (2016).

1°) 88 % des ménages américains n'ont pas une seule d'arme chez eux.
2°) 19% des ménages ont une arme ou deux.
3°) 3% des ménages possèdent plusieurs armes, et même beaucoup (jusqu'à 40) puisque ces 3% là possèdent 130 millions d'armes. Au passage ces possesseurs d'arsenaux sont plutôt blancs, masculins et ruraux.

Ceux qui défilent sont des urbains, blancs ou noirs qui se sentent concernés par les problèmes de violence policière (30 000 morts par ans), et la curieux tropisme qui fait que les victimes sont noires, et que les policiers ne sont quasiment jamais condamnés, même en cas de faute évidente.

Ce à quoi on assiste aux USA ce ne sont pas (encore) des émeutes, c'est la version US des gilets jaunes. Un foule en colère, et des casseurs qui s'invitent dans les cortèges pour s'adonner au pillage et à la casse. L'immense majorité n'est pas armée.
Réponse de le 03/06/2020 à 9:03 :
@Réponse de aux armes etc.... 02/06/2020 19:57
Vos chiffres sur la répartition des armes aux EU sont basées sur une étude vaseuse réalisée sur un sondage en ligne de 4 000 personnes ! (en 2016, les EU 323 mln d'habitants et 50 états ) et cette "statistique" a été relayée par un journal français en 2016.
Le vrai chiffre est: en 2018, au moins 40% des américains possédaient au moins une arme à feu (source Statista Research Department, organisme beaucoup plus sérieux) mais il est bien précisé que les armes de chasse étaient comptabilisées.
Pour en revenir à l'article, avec ces événements, monsieur Donald Trump est en train de gagner beaucoup de points pour l'élection présidentielle.
Cordialement
a écrit le 02/06/2020 à 12:00 :
Merci pour cet article, ça fait bien plaisir d'écouter un homme d'affaire tenir des propos intelligents et vrais même si certainement parce que se sentant concerné et ayant donc particulièrement réfléchi au sujet nous exposant une analyse riche et sincère tapant en plein dans le vrai.

"Lorsqu'il y a des troubles civils, les gens publient des communiqués; ils publient des platitudes [...]. Je pense que les milieux d'affaires doivent aller au-delà des communiqués""

Le néolibéralisme où quand les politiciens deviennent aussi cupides que les hommes d'affaires et les hommes d'affaires aussi bavards que les politiciens générant uniquement avidité et apparences. On ment, on se ment peut-être même, mais on expose aux autres que l'on possède toujours la vérité que sa vérité et la vérité, on ne fait que cela, soigner les apparences, c'est délirant.

Les milieux d'affaires ne sont plus que cela, des mots et de ce fait ils sont incapables d'aller au delà des communiqués, les gars ils ont tellement peur de se mouiller que rien que l'idée de dire la vérité les fait paniquer, à tel point qu'ils ne pensent qu'à l'oublier, nous ne pouvons plus rien sortir de ces gens abandonnés par la pensée.

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