Dettes souveraines : la France au cœur du « Club de Paris »

Le directeur général du Trésor à Bercy, Bertrand Dumont, préside le « Club de Paris ».
Reuters

Le directeur général du Trésor à Bercy, Bertrand Dumont, préside le « Club de Paris ».
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Le « Club de Paris » existe depuis 1956, mais il reste très méconnu. Ce groupe informel de 22 États créanciers - Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Canada, Corée du Sud, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Irlande, Israël, Italie, Japon, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Russie, Suède et Suisse -, auquel il faut ajouter l'Afrique du Sud, membre prospectif depuis le 8 juillet 2022, joue pourtant un rôle majeur dans la résolution des problèmes liés au remboursement de dettes souveraines par des pays emprunteurs.
Depuis sa création, « près de 500 traitements de dettes [ont été réalisés] avec plus de 100 pays emprunteurs, pour un stock de dette de plus de 600 milliards de dollars », détaille le rapport annuel du « Club de Paris » dévoilé mercredi 25 juin.
Aujourd'hui, les 22 pays (ainsi que l'Afrique du Sud) détiennent 322,3 milliards de dollars de créances, hors intérêts de retard. Et ce, auprès d'États à la situation économique très différente : de l'Albanie (868 millions de dollars de dette) au Chili (44 millions), du Sénégal (2,5 milliards) aux Maldives (48 millions).
« La plupart des pays ont une très faible probabilité de solliciter un traitement de dette, sur la base de leurs perspectives macroéconomiques actuelles », précise le rapport.
Concrètement, les 22 États du groupe n'entament des négociations pour restructurer la dette d'un pays en difficulté qu'à la condition que celui-ci soit engagé dans un programme avec le Fonds monétaire international (FMI). D'ailleurs, des « représentants du FMI et de la Banque de France participent aux réunions du "Club de Paris" en qualité d'observateurs ».
C'est ainsi que le 12 janvier 2024, le Ghana a pu signer un accord qui lui a permis de rééchelonner sa dette due sur la période 2023-2026. Que la Somalie a également trouvé un accord avec le groupe des 22 pour annuler une grande partie de sa dette « dans le cadre de l'initiative "Pays pauvres très endettés" », selon le rapport. Tout comme la Zambie ou le Sri Lanka qui ont réussi à boucler des accords l'année dernière pour alléger le fardeau de leurs dettes.
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Ce travail long et technique sur les dettes souveraines s'effectue sous l'égide d'un haut fonctionnaire français : Bertrand Dumont. À la tête de la Direction générale du Trésor depuis le 12 janvier 2024, il est officiellement président du « Club de Paris ».
Autour de lui, les membres se réunissent chaque mois pour identifier les pays en difficulté. Le tout en appliquant six principes fondamentaux : la solidarité entre les créanciers, le consensus dans la prise de décision, le partage d'informations, la décision au cas par cas, la conditionnalité (la restructuration d'une dette s'effectue sous conditions) et la comparabilité de traitement entre créanciers.
« La dette représente un enjeu majeur pour tous les pays souverains, peu importe leur taille ou leur économie », a souligné le ministre de l'Économie, Éric Lombard, en conclusion du « Forum de Paris », raout annuel des membres du groupe qui s'est tenu à Bercy mercredi.
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Nul doute que le locataire de Bercy pensait à la France en prononçant ces mots. Et pour cause... L'Insee a annoncé ce jeudi 26 juin que la dette tricolore a atteint la somme record de 3 305,3 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2025 (114 % du PIB). Une situation budgétaire si préoccupante qu'elle pousse le gouvernement de François Bayrou a effectué sans attendre un effort budgétaire supplémentaire de 5 milliards d'euros cette année. L'objectif étant de maintenir le déficit public à 5,4 % du PIB en 2025.
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