La pression est forte depuis deux mois sur la prime de terme de la dette américaine. Les taux longs américaines sont le point d’attention numéro un des marchés.
Le très écouté patron de JP Morgan Chase, Jamie Dimon, n'a pas caché ses inquiétudes, lundi dernier, lors d'un entretien accordé à la chaîne conservatrice Fox Business News. « Le marché obligataire va connaître des moments difficiles », a-t-il déclaré, ajoutant que les marchés étaient actuellement « complaisants » et qu'ils risquaient d'être « surpris ».
Depuis la difficulté rencontrée lors d'une adjudication de bons du Trésor au lendemain du « jour de la libération » des tarifs douaniers, la prime de terme des obligations américaines à 10 ans, à 20 ans et à 30 ans, est devenue le point de focalisation des investisseurs. Et ce n'est pas les propos du secrétaire au Trésor, Scott Bessent, la caution de l'administration américaine à Wall Street, écartant « tout risque de défaut » de la dette américaine, qui est de nature à rassurer. Comme le souligne l'économiste (démocrate) Paul Krugman, le fait même de dire « que vous n'êtes pas aussi mauvais ou indigne de confiance qu'il n'y paraît, [signifie que] vous êtes déjà dans le pétrin ».
Depuis des décennies, la dette américaine avait le statut de valeur de refuge. La question qui se pose aujourd'hui est clairement de savoir si c'est toujours le cas. C'est dire l'étendue des dégâts causés par l'administration Trump, en deux mois, sur la confiance de la signature des États-Unis. Et pour la première fois, les investisseurs s'interrogent sur la crédibilité de la politique budgétaire américaine et sur la soutenabilité de la dette américaine.
Certes, l'administration Biden porte une lourde responsabilité dans le dérapage des déficits publics. Mais en faisant voter, in extremis, sa « grande et belle loi » fiscale, Donald Trump aggrave le déficit d'au moins 3 300 milliards de dollars sur dix ans. « Une abomination répugnante », juge même l'ex-allié Elon Musk, l'homme qui voulait couper à la tronçonneuse les dépenses fédérales.
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