Motos, soja, volaille : l'UE dévoile ses premières mesures de riposte aux droits de douane
Agathe Perrier

Le montant des importations américaines visées par ces taxes supplémentaires s’élève à 22 milliards d’euros.
Yves Herman
Agathe Perrier

Le montant des importations américaines visées par ces taxes supplémentaires s’élève à 22 milliards d’euros.
Yves Herman
Les Vingt-Sept contre-attaquent. L'Union européenne (UE) a adopté ce mercredi 9 avril ses premières mesures de riposte aux droits de douane de Donald Trump, taxant en retour une série de produits américains comme les motos, le soja, ou la volaille, a annoncé la Commission européenne. Ces mesures répondent aux taxes de 25 % imposées sur l'acier et l'aluminium par Washington mi-mars.
Les agences de presse Reuters, Bloomberg et AFP, qui ont consulté la liste des produits taxés, révèlent qu'elle comprend une dizaine de catégories dans de multiples domaines.
On y trouve ainsi des produits agricoles - tels que les œufs, le soja, la volaille, les saucisses, le riz, le maïs doux, les amandes et le jus d'orange - mais aussi des matériaux - comme le bois, l'acier ou le verre de sécurité -, des véhicules (motos, bateaux de plaisance), les diamants, des appareils électroménagers, des produits de maquillage, des produits plastiques, les cartes à jouer, le tabac...
Au total, le montant des importations américaines visées par ces taxes supplémentaires s'élève à 22 milliards d'euros. C'est un peu moins que les 26 milliards évoqués initialement, notamment car des produits ont été retirés de la liste présentée ce mercredi.
À savoir le bourbon, un whisky américain, et les vins américains. L'UE avait un temps envisagé de les inclure mais a finalement renoncé, à la demande de plusieurs pays producteurs de vin, dont l'Italie et la France.
Car, quand Donald Trump a eu vent du projet de riposte des Vingt-Sept, il a menacé d'appliquer des droits de douane de 200 % sur les vins et spiritueux européens. Bruxelles a donc décidé de les épargner pour apaiser l'escalade, du moins pour le moment. De même pour les produits laitiers qui ne figurent pas sur la liste.
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Côté calendrier, si les États membres donnent leur accord, l'instauration de ces 25 % supplémentaires se ferait en deux étapes. La plus grande partie des taxes entrerait en vigueur le vendredi 16 mai.
Certaines, sur les amandes et le soja notamment, ne seraient effectives qu'à partir du 1er décembre. L'objectif de la Commission européenne est de parvenir à une négociation d'ici-là.
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En parallèle, Bruxelles planche sur sa réponse aux droits de douane réciproques de 20 % sur les produits en provenance de l'UE, annoncés la semaine dernière et effectifs depuis ce mercredi. La riposte européenne sur ce volet pourrait être présentée « en début de semaine prochaine », a indiqué un porte-parole de la Commission mardi. Les Vingt-Sept sont prêts à utiliser « tous les outils » de leur « arsenal de défense commerciale », a prévenu la veille le commissaire européen chargé du commerce, Maros Sefcovic.
Pour autant, l'heure est aussi à la négociation. L'UE a ainsi proposé lundi aux États-Unis une exemption totale et réciproque des droits de douane pour les automobiles et autres biens industriels. Fin de non recevoir côté américain, Donald Trump la jugeant « insuffisante ». « L'Europe est toujours prête à conclure un bon accord » avec les États-Unis, a néanmoins rappelé Ursula von der Leyen.
Agathe Perrier
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