« Les droits de douane sont une vision du monde dont Trump n'a jamais dévié »
Guillaume Renouard
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Libby Cantrill occupe le poste de Head of Policy chez PIMCO, un fonds d'investissement américain.
PIMCO
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Libby Cantrill occupe le poste de Head of Policy chez PIMCO, un fonds d'investissement américain.
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Head of policy du cabinet d'investissement américain Pimco, Libby Cantrill est chargée de réfléchir aux risques économiques que posent les politiques publiques. Nous l'avons rencontrée à l'occasion d'un sommet organisé par l'entreprise à Londres, afin d'échanger sur le chaos déclenché par la présidence Trump, son impact sur le marché et les perspectives économiques de l'Amérique et du reste du monde.
La Tribune : À peine démarrée, la seconde présidence Trump se démarque déjà par une vague de droits de douane d'une ampleur sans précédent dans l'histoire récente. Faut-il s'attendre à ce qu'ils s'inscrivent dans la durée et à quel point peuvent-ils nuire à l'économie américaine, ainsi qu'à celles de ses partenaires commerciaux ?
Libby Cantrill : Trump a régulièrement professé son amour des droits de douane durant la campagne. Cependant, la vitesse à laquelle il a déployé ceux-ci, et leur ampleur, a effectivement pris beaucoup de monde de cours. Il est à cet égard important de savoir que depuis que Donald Trump a commencé à prendre la parole publiquement, dans les années 1980, il n'a jamais dévié sur cette question : il parlait déjà du déficit commercial des États-Unis et de la nécessité de le corriger via des tarifs douaniers à l'époque.
Il considère que le déficit de notre balance commerciale est le symptôme de profonds problèmes au sein de notre économie et de notre relation avec les pays tiers, et voit dans les taxes douanières une manière efficace de les corriger. C'est une vision du monde qu'il épouse de longue date, et dont il n'a jamais dévié. Tout porte donc à croire que ces tarifs sont là pour durer et ne sont pas une simple arme de négociation.
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Il y a peu de doutes quant au fait que leur impact sera négatif — 70 % du PIB américain repose sur la consommation. Mais le degré de gravité va dépendre d'autres facteurs. Une appréciation du dollar pourrait par exemple mitiger le coût des tarifs pour les consommateurs américains, mais elle rendrait également nos exportations moins compétitives, aggravant le déficit de la balance commerciale... La façon dont nos partenaires commerciaux vont répondre va aussi être importante : on a déjà vu apparaître des approches différentes, entre le Canada qui a promis de rendre coup pour coup, et le Mexique qui a opté une approche plus temporisatrice et misé sur la négociation en privé avec Trump.
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Guillaume Renouard