PORTRAIT. Très discret jusqu’à aujourd’hui, ce jeune économiste formé à Harvard n’est autre que l’un des architectes de la politique économique agressive menée par l’administration Trump II. Iconoclaste et risqué, son plan a quand même convaincu le président américain. Le voici.[Article publié le mercredi 12 mars 2025 à 17h08 et mis à jour le vendredi 08 août à 10h41]
« Wall Street mal en point », « risque de récession aux États-Unis », « menace inflationniste »... ces bandeaux des chaînes d'information en continu n'ont pas de quoi perturber Stephen Miran : pour lui, tout se passe comme prévu.
Inconnu du grand public, cet économiste américain d'à peine 41 ans est pourtant l'architecte de la nouvelle politique économique de Donald Trump. Très discret jusque-là, « l'économiste en chef » du président américain va désormais prendre davantage la lumière. Il a en effet été nommé jeudi par Donald Trump au poste de gouverneur de la Réserve fédérale américaine (Fed) laissé vacant après une démission. Mais de manière temporaire, jusqu'à ce qu'un remplaçant permanent soit trouvé. Ce choix devra tout de même être confirmé par le Sénat à majorité républicaine.
Stephen Miran était jusqu'ici à la tête du prestigieux conseil des conseillers économiques (CEA) de la Maison-Blanche. Il avait également été nommé par le président américain fin 2024 et confirmé par le Sénat en mars 2025. Cette nomination a été une consécration pour le jeune économiste, parmi les théoriciens et partisans de la « guerre commerciale » de Trump, à coups de droits de douane imposés sans sommation aux pays ayant les plus gros déficits commerciaux avec les États-Unis — Chine, Canada et Mexique en première ligne.
Docteur en économie à Harvard
Comme beaucoup d'économistes américains proches du pouvoir, Stephen Miran a été formé au sein d'universités prestigieuses, avant d'embrasser une carrière dans la finance privée. Diplômé de l'université de Boston en 2005, il devient docteur en économie à Harvard en 2010. Là-bas, il sera formé par l'économiste Martin Feldstein, qui a, lui aussi, présidé le CEA sous la présidence républicaine de Ronald Reagan (1981-1989).