Droits de douane de Trump : « Un grand signal d'alarme pour l'Europe »
latribune.fr
Pour la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), une guerre commerciale mondiale de grande ampleur pourrait relancer les efforts de l’Europe en faveur de davantage d’unité.
REUTERS/Jana Rodenbusch/File Photo
Droits de douane de Trump : « Un grand signal d'alarme pour l'Europe »
Selon la présidente de la Banque centrale européenne, un conflit commercial mondial pourrait aussi renforcer l’unité européenne.
« C'est un grand signal d'alarme pour l'Europe. Il s'agit peut-être d'un moment européen, une fois de plus », a estimé Christine Lagarde ce vendredi. Pour la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), une guerre commerciale mondiale de grande ampleur pourrait relancer les efforts de l'Europe en faveur de davantage d'unité.
Depuis l'entrée en fonction de Donald Trump fin janvier, les États-Unis ont imposé une série de droits de douane et menacé de prendre d'autres mesures encore, notamment sur les vins et spiritueux, l'aluminium et l'acier ou encore les produits agricoles.
De quoi susciter des représailles de la part de l'Union européenne entre autres. La Commission a annoncé cette semaine qu'elle appliquerait des mesures de rétorsion contre les droits de douane sur l'acier et l'aluminium quelques heures après leur entrée en vigueur. Des mesures qui concerneraient jusqu'à 26 milliards d'euros sur une série de produits importés des États-Unis comme les bateaux, les motos ou le bourbon.
« Si nous devions entrer dans une véritable guerre commerciale, où le commerce serait considérablement freiné, cela aurait de graves conséquences », a prévenu Christine Lagarde lors d'un entretien à la BBC.
« Cela aurait de graves conséquences sur la croissance et les prix dans le monde entier, mais surtout aux États-Unis », a-t-elle insisté.
La BCE a notamment rehaussé ses prévisions d'inflation pour 2025 à cause de la hausse des prix de l'énergie et abaissé ses prévisions de croissance pour cette année et la prochaine face à la baisse des exportations et la faiblesse persistante des investissements. L'institution de Francfort table sur une inflation de 2,3 % en 2025 - contre 2,1 % précédemment - puis 1,9 % en 2026 et 2,0 % en 2027. Le PIB de la zone euro devrait croître de 0,9 % en 2025, 0,2 point de moins que l'estimation de décembre. Il grimperait à 1,2 % en 2026 et à 1,3 % en 2027.
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Toutefois, ces tensions pourraient également avoir un effet positif en donnant un nouvel élan à l'UE, a-t-elle ajouté. L'Allemagne, première économie de la zone euro, a d'ores et déjà annoncé des projets de hausse des dépenses en matière de défense et d'infrastructure, a pointé la présidente de la BCE, évoquant un « réveil collectif » qui concerne aussi le Royaume-Uni.