Donald Trump place la question migratoire en haut de ses priorités
latribune.fr
Donald Trump devrait même signer des décrets dès ce lundi, bien que l’ « Inauguration Day » soit traditionnellement consacré uniquement à des célébrations en grande pompe.
Carlos Barria
Donald Trump place la question migratoire en haut de ses priorités
Donald Trump a promis dimanche, à la veille de son retour à la Maison Blanche, de « résoudre chacune des crises auxquelles [son] pays fait face ». Et en priorité la question migratoire. Une prise de parole qui illustre comment il compte remodeler profondément des politiques majeures aux États-Unis lors de ce second mandat.
[Article publié le lundi 20 janvier 2025 à 10h33, mis à jour à 10h50] D-Day (Jour J) pour Donald Trump. C'est ce lundi que le républicain prend officiellement les rennes de son second mandat à la Maison Blanche, en tant que 47e président des États-Unis. Le discours qu'il donnera lors de la cérémonie d'investiture, prévue à midi heure locale (18 heures en France) à l'intérieur du Capitole à Washington, devrait donner le ton de sa politique pour les quatre prochaines années.
Il en a déjà laissé voir un aperçu dimanche, lors d'un rassemblement organisé à la Capital One Arena, à Washington également. Un rendez-vous qui a pris les allures de ses meetings de campagne : il a alterné moments de vanité, fausses affirmations et promesses radicales, pour le plus grand plaisir des milliers de personnes réunies dans l'enceinte d'une capacité de 20.000 places.
« À compter de demain, je vais agir avec une vitesse et une force historiques pour régler chacune des crises auxquelles notre pays fait face », a-t-il assuré.
Et parmi les sujets prioritaires à régler selon Donald Trump, la question migratoire. Il a ainsi réitéré sa promesse de campagne d'imposer de larges restrictions en matière d'immigration dès le début de son mandat. Il a, une nouvelle fois, répété qu'il mettrait en œuvre le plus important programme de déportations de l'histoire des États-Unis, avec l'objectif d'expulser des millions d'immigrés. Une opération de cette ampleur pourrait toutefois nécessiter des années pour être finalisée et s'avérer très coûteuse.
« Avant que le soleil ne se couche demain (lundi), l'invasion de notre pays aura cessé », a-t-il déclaré à ses partisans, en liesse.
Donald Trump devrait même signer des décrets dès ce lundi, bien que l' « Inauguration Day » soit traditionnellement consacré uniquement à des célébrations en grande pompe. Ces décrets permettraient de donner davantage de latitude aux agents de l'immigration pour les arrestations de migrants n'ayant pas de casier judiciaire, de prévoir des renforts militaires à la frontière entre les États-Unis et le Mexique et de relancer la construction du mur frontalier. D'autres visant à augmenter la production d'énergie sont également prévus.
Entre autres promesses effectuées en vrac dimanche, Donald Trump a dit vouloir mettre fin à ce qu'il a décrit comme la « surclassification » des documents gouvernementaux - une apparente référence à la procédure judiciaire l'ayant visé pour avoir emporté des documents classés confidentiels à son départ de la Maison blanche en 2021. Les poursuites fédérales sur cette affaire ont été abandonnées à la suite de la victoire électorale de Trump en novembre dernier.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
À cause du froid glacial attendu ce lundi à Washington, une partie de la cérémonie d'investiture a été annulée. Les organisateurs ont en effet dû renoncer à la parade prévue sur Pennsylvania Avenue, l'axe reliant le Capitole à la Maison blanche, où des régiments militaires, des fanfares d'écoles, des chars et des groupes de citoyens devaient défiler.
La cérémonie n'aura pas non plus lieu en extérieur, comme le veut la coutume. Elle sera relocalisée à la Capital One Arena, où Donald Trump a tenu ce rassemblement de dimanche. Le dispositif de sécurité sera exceptionnel, après deux tentatives d'assassinat contre le républicain l'été dernier : 48 kilomètres de hautes barrières et 25.000 policiers déployés.
La journée sera conclue par des galas d'inauguration, dans divers lieux de Washington, où Donald Trump pourrait faire des apparitions.
Parmi les invités à cette cérémonie, Donald Trump a convié plusieurs dirigeants étrangers, contrairement à la coutume. Notamment le président argentin Javier Milei, fervent soutien du président élu, qui a confirmé sa présence. De son côté, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a seulement indiqué qu'il envisageait d'assister à la cérémonie. Quant au président chinois Xi Jinping, il ne s'y rendra pas : c'est son vice-président, Han Zheng, qui sera présent. L'un des dirigeants du parti d'extrême droite allemand AfD (Alternative pour l'Allemagne), Tino Chrupalla, a aussi été convié. Et le président sortant, Joe Biden, a dit qu'il prévoyait d'assister à la cérémonie et à la passation de pouvoirs, une politesse que ne lui avait d'ailleurs pas accordée Donald Trump il y a quatre ans.
Outre les politiques, des diplomates et des grands patrons du secteur technologique figureront parmi les convives. À l'instar d'Elon Musk (propriétaire du réseau social X ou encore Tesla), par ailleurs membre de l'équipe de conseillers de Donald Trump. Mais aussi Jeff Bezos (Amazon) ou Mark Zuckerberg (Meta). Le directeur général de TikTok, Shou Zi Chew, prévoit aussi d'assister à la cérémonie, selon le New York Times. En revanche, le patron du géant des puces pour l'IA Nvidia, Jensen Huang, a indiqué qu'il ne s'y rendrait pas.
Du côté des invités français, Donald Trump a convié des représentants de mouvements d'extrême droite. Dont Eric Zemmour et Sarah Knafo, du parti Reconquête, ainsi que Marion Maréchal. Le Rassemblement national sera représenté par Louis Aliot, Julien Sanchez et Alexandre Sabatou. Une délégation d'élus des Patriotes pour l'Europe, troisième force du Parlement européen, a aussi été invitée et sera présente. L'ambassadeur de France Laurent Bili assistera aussi à la cérémonie, à l'invitation de la Maison Blanche.