La Fed marche sur des oeufs avant l’arrivée de Trump
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La Banque centrale américaine pourrait temporiser sur une éventuelle baisse des taux en 2025 avec l'arrivée de Donald Trump.
Reuters
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La Banque centrale américaine pourrait temporiser sur une éventuelle baisse des taux en 2025 avec l'arrivée de Donald Trump.
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La baisse des taux effectuée par la Banque centrale américaine (Fed) en décembre sera-t-elle la dernière avant plusieurs mois ? C'est possible. Depuis le Missouri, le président de la Fed de Kansas City, Jeff Schmid, s'est montré favorable à une temporisation. « Je pense que nous nous approchons du moment où l'économie n'a besoin ni de restriction ni de soutien, et où la politique [monétaire] doit être neutre », a déclaré Jeff Schmid. Selon lui, « les taux d'intérêt pourraient être maintenant très proches de leur niveau de long terme. (...) La robustesse de l'économie nous permet d'être patients ».
À l'issue de la réunion des 17 et 18 décembre, la Fed avait acté la baisse de ses taux d'un quart de point entre 4,24% et 4,50%. Une décision en ligne avec ce qu'attendaient alors les marchés financiers et qui a porté à un point le total des baisses enclenchées depuis septembre.
De son côté, lors d'une intervention en Californie jeudi, la gouverneure de la Fed Michelle Bowman a expliqué avoir soutenu cette décision parce que, « de (s)on point de vue, c'était la dernière étape » de la phase de détente des taux. Elle estime qu'il y a actuellement plus de risque de voir l'inflation repartir que l'économie s'essouffler. La croissance américaine a atteint 3,1% au troisième trimestre en rythme annualisé, selon une estimation du département du Commerce publié en décembre.
L'objectif poursuivi par les banquiers centraux américains est de contenir l'inflation sans trop brider l'économie. Mais des experts estiment que les projets de Donald Trump (droits de douane prohibitifs, expulsions massives) pourraient compliquer l'équation, en faisant remonter davantage les prix, ce que le président élu et son entourage écartent.
Que va faire le président républicain à la Maison Blanche ? Son retour à la tête des Etats-Unis va être scruté de très près par la gouverneure de la Fed. « Nous devons nous abstenir d'avoir des idées reçues sur les politiques de la nouvelle administration. Nous devons plutôt attendre d'y voir plus clair, et ensuite chercher à comprendre l'impact sur l'activité économique, le marché du travail et l'inflation », a souligné Michelle Bowman.
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En parallèle, dans un discours prononcé jeudi dans le Massachusetts, la présidente de la Fed de Boston, Susan Collins, a aussi considéré qu'il était « trop tôt pour jauger la manière dont les politiques de la nouvelle administration et du Congrès pourraient influencer les trajectoires en matière d'inflation et d'activité économique ».
Mais d'ores et déjà, la volonté affichée de Donald Trump d'augmenter les droits de douane et ses possibles conséquences sur l'inflation provoquent des débats au sein de la Banque centrale américaine. Pour l'un de ses gouverneurs, Chris Waller « l'impact économique d'une telle politique reste difficile à évaluer », tandis que mi-décembre, le patron de l'institution Jerome Powell avait reconnu que « Nous (les équipes de la Fed, NDLR) ne savons pas comment se fera la transmission vers les prix à la consommation. »
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Pour rappel, Donald Trump souhaite rehausser fortement les droits de douane de 10% à 20% sur l'ensemble des produits qui entrent aux États-Unis. Une surtaxe qui pourrait même atteindre 60% pour les importations en provenance de Chine. Même pour les voisins des États-Unis, la facture s'annonce salée : +25% sur les produits arrivant du Mexique et du Canada. L'hypothèse d'une guerre économique a provoqué beaucoup de remous en dehors des frontières américaines ces dernières semaines, notamment au sein de l'exécutif canadien mi-décembre, jusqu'à précipiter la chute du Premier ministre Justin Trudeau qui a annoncé sa démission cette semaine.
(Avec AFP)
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