Donald Trump a reporté l’entrée en vigueur des droits de douane « réciproques » pour 90 jours, le temps de négocier des accords commerciaux avec les différents pays visés.
Le report de 90 jours sur les droits de douane « réciproques » annoncés par Donald Trump début avril doit prendre fin mercredi 9 juillet. À quelques de l’échéance, La Tribune fait le point sur les taux qui devraient s’appliquer pays par pays, faute d’accord.
[Article publié le 30 juin 2025 à 11 h 40, mis à jour le 3 juillet 2025 à 13 h 48]
À quelques jours de la fin du report annoncé par Donald Trump sur les surtaxes douanières, quels droits de douane vont s'appliquer, pays par pays, le 9 juillet ? Le président américain avait annoncé le 2 avril la mise en place de droits de douane dits « réciproques », qui devaient taxer les produits d'un pays donné en fonction du déficit commercial que les États-Unis accusent avec ce pays.
Le républicain avait finalement reporté pour une durée de 90 jours leur entrée en vigueur, le temps de négocier des accords commerciaux avec les différents pays. La suspension concerne tous les droits de douane au-delà d'une surtaxe nouvellement imposée de 10 %, qui est vue par le gouvernement Trump comme un niveau plancher pour les produits entrant aux États-Unis (sauf exceptions). Mais, faute d'accord, les droits de douane punitifs devraient donc entrer en vigueur mercredi prochain.
Pour l'Europe, des droits de douane de 50 % pourraient s'appliquer à partir du 9 juillet. Pour rappel, Donald Trump avait d'abord annoncé des droits de douane « réciproques » de 20 % pour l'Union européenne début avril. Le président américain avait ensuite menacé fin mai d'imposer des droits de douane de 50 % aux importations européennes à partir du 1er juin, avant de reporter leur entrée en vigueur au 9 juillet.
En attendant, la Commission européenne, qui négocie les accords commerciaux au nom de l'UE, est sous pression pour parvenir à trouver un terrain d'entente avec les États-Unis. Les négociations « avancent, il y a eu des étapes importantes. Mais nous sommes encore loin d'un accord, même si la volonté est là. Américains comme Européens ont conscience de l'importance de cette relation bilatérale et il y a unanimité parmi les Vingt-Sept en faveur d'un accord juste et équilibré », a déclaré à l'AFP le ministre espagnol de l'Économie, Carlos Cuerpo, à la mi-juin. Trump a, lui, affirmé que les Européens « ne proposent pas un accord juste pour le moment ».
« Pour l'heure, la grande majorité des droits de douane annoncés par les États-Unis, les 10 % sur tous les produits, les 25 % sur le secteur automobile et désormais les 50 % sur l'acier et l'aluminium, sont effectifs », a résumé Carlos Cuerpo.
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Un accord entre les États-Unis et la Chine
S'agissant de la Chine, Pékin et Washington s'étaient accordés en mai sur une trêve commerciale, après des hausses successives de droits de douane des deux camps qui ont perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales. Les deux parties ont décidé le 14 mai de réduire drastiquement ces surtaxes douanières de 145 % à 30 % pour les produits chinois et de 125 % à 10 % pour les produits américains, pour une durée 90 jours. Cette trêve devrait donc prendre fin le 12 août.
Vendredi 27 juin, Donald Trump a déclaré lors d'un événement que Washington « venait de signer » un accord concernant le commerce avec la Chine. Un responsable américain a précisé que les deux parties avaient validé un accord qui porte notamment sur l'accélération des expéditions de terres rares vers les États-Unis. La Chine a annoncé avoir « confirmé » avec les États-Unis le cadre de leur accord commercial, assurant que Washington lèverait des restrictions à son encontre et que Pékin pourrait valider l'exportation de plus d'articles soumis à contrôle.
Un accord pour 20 % de droits de douane avec le Vietnam
Donald Trump a annoncé mercredi avoir conclu un accord avec le Vietnam exemptant de droits de douane les produits américains, alors que les exportations vietnamiennes seront elles frappées par au moins 20 % de surtaxe aux Etats-Unis. La surtaxe sera doublée à 40 % si les produits arrivent du Vietnam mais ont été produits ailleurs. « En échange, le Vietnam fera quelque chose qu'ils n'ont jamais fait auparavant, en offrant aux États-Unis un ACCES INTÉGRAL à leur marché », a ajouté Donald Trump. « Cela veut dire que nous pourrons vendre nos produits au Vietnam avec ZÉRO droit de douane », s'est-il félicité. Le Vietnam risquait une surtaxe de 46 %.
Un relèvement à 24 % pour le Japon
Allié clé des États-Unis, le Japon n'en est pas moins menacé d'un relèvement à 24 % des surtaxes dites « réciproques ». En marge d'un sommet du G7 au Canada, le Premier ministre, Shigeru Ishiba, s'est entretenu le 16 juin avec Donald Trump :« Comme il subsiste des points de désaccord, nous ne sommes pas parvenus à un accord », a-t-il déploré, faisant état de « discussions franches ». Tokyo est pour l'instant soumis aux mêmes droits de douane de base de 10 % imposés à la plupart des nations, ainsi qu'à des surtaxes de 25 % sur les voitures et de 50 % pour l'acier et l'aluminium.
Lors d'une réunion avec le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, et le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, lundi dernier, le principal négociateur commercial de la Corée du Sud, Yeo Han-koo, a de nouveau réclamé des exemptions aux tarifs « réciproques » de 25 % visant Séoul, a indiqué le ministère sud-coréen du Commerce, de l'Industrie et de l'Énergie dans un communiqué. Cette demande concerne aussi les tarifs sur des produits tels que les automobiles et l'acier. Les ministres du Commerce des États-Unis et de la Corée du Sud ont réaffirmé leur engagement à parvenir à un accord sur les droits de douane le plus tôt possible, a déclaré le ministère sud-coréen du Commerce mardi dernier.
Une taxe de 36 %« pas définitive »pour la Thaïlande
Les exportations thaïlandaises doivent être soumises à une taxe de 36 % si aucun accord n'est conclu avant la date limite du 9 juillet. Une échéance qui n'est toutefois « pas définitive », a assuré jeudi dernier la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt. Le ministre thaïlandais des Finances, Pichai Chunhavajira, devrait se rendre aux États-Unis la semaine prochaine pour tenter de négocier les taux de droits de douane avant la date butoir, ont rapporté les médias nationaux vendredi dernier.
Accord minimal à 10 % pour le Royaume-Uni
C'est le premier accord de principe qui avait été annoncé, bien que considéré comme minimal par les analystes. Londres a beau avoir conclu début mai un arrangement commercial avec Washington pour y échapper partiellement, les taxes douanières sont toujours en vigueur, les négociations n'ayant en réalité pas totalement abouti. Cet accord commercial permet au Royaume-Uni d'échapper au gros des surtaxes américaines de 25 % sur ses voitures et ouvre davantage le marché britannique aux produits agricoles américains.
Mais la surtaxe de 10 % sur le reste des produits - qui s'additionne aux droits de douane existant avant l'investiture de Trump - reste en place. Le président américain a considéré que son niveau était « bas ». Pour le reste, les droits de douane sur les voitures britanniques sont « immédiatement » rabaissés, passant de 27,5 % - l'addition de la surtaxe de 25 % et des droits de douane antérieurs - à 10 % pour un quota annuel de 100 000 voitures. Et ceux sur l'acier et l'aluminium sont « ramenés à zéro ».
La pause de 90 jours prolongée au-delà du 9 juillet ?
Le gouvernement américain pourrait repousser la date butoir du 9 juillet, à partir de laquelle des droits de douane plus élevés sur les importations en provenance de dizaines de pays devraient entrer en vigueur, a déclaré jeudi la Maison Blanche. Interrogée sur ces surtaxes à l'importation, la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a dit que le sursis « pourrait peut-être être prolongé ». « Mais c'est au président de prendre cette décision », a-t-elle ajouté.