Droits de douane : les capitaines de l’industrie aéronautique sonnent la fin de la récré
Pierrick Merlet
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Stephane Mahe
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Comment faire du business dans un monde aux pratiques commerciales mouvantes et incertaines ? Encore plus dans une industrie comme celle de l'aéronautique, globalisée sans relâche depuis des décennies ? « Avant, il s'agissait d'optimiser au maximum notre chaîne d'approvisionnement », reconnaît Olivier Andriès, le PDG de Safran, invité par La Tribune à s'exprimer sur sa stratégie industrielle dans un contexte économique instable, à l'occasion du Paris Air Forum.
Cette logique a jusqu'à présent mené les acteurs de la supply chain aéronautique à aller chercher les savoir-faire là où ils sont les moins chers, pouvant engendrer plusieurs voyages à un même sous-ensemble en fonction de l'architecture industrielle de la filière. De quoi l'exposer fortement à la guerre commerciale déclenchée par des décisions unilatérales de l'administration américaine. Désormais, l'heure est au changement.
« Nous, industriels, devons avoir de l'agilité, une capacité d'adaptation, et surtout plus d'anticipation. Nous devons avoir cela chaque jour à l'esprit », poursuit le patron du motoriste. Pour autant, s'il est question d'un changement de mentalité face à une politique qui rompt avec l'esprit de la charte de Munich de 1979 et du zéro droit de douane dans l'industrie aéronautique, il n'est, pour l'heure, pas encore question de changement profond dans la supply chain.
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« À court terme, tout le monde est au travail au sein de la filière pour absorber le choc. Nous n'en sommes pas encore à une éventuelle régionalisation de la supply chain », tient à souligner Guillaume Faury, le CEO d'Airbus et président du Gifas, interrogé en ouverture de cet événement sur la guerre commerciale. « Celle-ci aura un impact sur nos résultats, c'est évident et nous travaillons dessus pour le minimiser. Quant à organiser sa supply chain en conséquence, ce sont des décisions longues et difficiles à prendre. Nous avons une base d'approvisionnement très internationale », ne peut que constater Arjan Meijer, le PDG d'Embraer Commercial Aviation. « La moitié des composants des moteurs que nous vendons est américaine, l'autre moitié est européenne...Mais il est encore trop tôt pour parler de changements dans notre organisation industrielle. Nous sommes pour le moment nous aussi dans une logique d'atténuation de l'impact des tarifs douaniers », surenchérit Olivier Andriès.
Pierrick Merlet