Droits de douane : l’Europe dans un poker commercial avec les États-Unis
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L'Union européenne tente d'arracher un compromis commercial avec les États-Unis avant la trêve estivale, mais les négociations restent tendues. L'exécutif européen souhaite sceller un accord d'ici au 1er août, selon Bernd Lange, président de la Commission du commerce international au Parlement européen. Toutefois, plusieurs points d'achoppement subsistent, en particulier l'absence d'engagement américain sur une réduction immédiate des droits de douane et sur un moratoire concernant de nouvelles taxes.
« Il semble y avoir une marge de manœuvre sur l'acier, les voitures, et potentiellement sur certaines exemptions », a déclaré mercredi l'eurodéputé social-démocrate allemand. Bien qu'il ne participe pas directement aux discussions, Bernd Lange reste en contact étroit avec les négociateurs européens. Selon le Financial Times, l'Union européenne risque d'affronter, au final, un droit de douane plancher supérieur à celui obtenu par le Royaume-Uni, à savoir 10 %.
Actuellement, les exportations européennes vers les États-Unis sont frappées de droits de douane significatifs : 50 % sur l'acier, 25 % sur les véhicules, et 10 % sur la majorité des autres produits. D'autres hausses sont à l'étude, notamment une taxe de 50 % sur le cuivre et de possibles prélèvements sur les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques.
Des mesures jugées inacceptables par Bruxelles, qui y voit une entrave directe à son développement industriel. Selon Bernd Lange, les deux priorités de l'UE sont désormais claires : obtenir une baisse immédiate des tarifs existants et sécuriser une « clause de statu quo » pour prévenir toute nouvelle mesure protectionniste. Mais côté américain, aucune garantie n'a encore été donnée en ce sens.
Intervenant devant le Parlement européen, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a confirmé que les discussions avec l'administration Trump se poursuivaient, tout en rappelant que l'UE restait prête à faire face à toutes les éventualités. « Nous défendons nos principes, protégeons nos intérêts, négocions de bonne foi — mais nous nous préparons à tous les scénarios », a-t-elle déclaré.
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Parallèlement, le président américain a commencé lundi à envoyer des lettres aux partenaires commerciaux des États-Unis pour annoncer le sort qui leur sera réservé. Quatorze pays connaissent ainsi le montant de la surtaxe qu'il leur a concoctée: de +25 % (Japon, Corée du Sud, Tunisie notamment) à +40 % (Laos et Birmanie) en passant par +36 % (Cambodge et Thaïlande). Parmi les quatre pays non-asiatiques destinataires d'un courrier, l'Afrique du Sud est visée par une surtaxe de 30 %.
Le président Trump a affirmé mardi qu'il enverrait d'autres lettres « aujourd'hui, demain, et dans les prochains jours ». L'Union européenne, qui selon lui se comporte « très gentiment » ces derniers temps, recevra sa lettre « probablement d'ici deux jours », a-t-il dit.
(avec AFP et Reuters)
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