Les droits de douane promis par Donald Trump à l'encontre du Mexique, du Canada et de la Chine sont susceptibles de faire nettement grimper les prix aux États-Unis, même si cela dépendra de la manière dont ils seront répercutés.
L'augmentation des droits de douane voulue par Donald Trump ne sera pas sans conséquence sur le pouvoir d'achat des Américains. Si les voisins des États-Unis, Mexique et Canada, ont obtenu un sursis, les surtaxes douanières visant la Chine sont bien entrées en vigueur mardi.
L'Europe semble également dans la ligne de mire de Donald Trump, qui a assuré dimanche qu'il prendrait une décision « très bientôt » la concernant. Et, selon une étude publiée jeudi, l'impact ne sera pas neutre pour les Américains, notamment parce que même « la plupart des produits portant l'étiquette ''fabriqué aux États-Unis'' contiennent des pièces importées ».
Impact sur l'inflation américaine
« Avec 25 % de droits de douane sur les produits du Canada et du Mexique, et 10 % additionnels sur la Chine, nous estimons un impact sur l'inflation entre 0,5 et 0,8 point de pourcentage », écrivent deux économistes travaillant à la Réserve fédérale (Fed) de Boston (Massachusetts), Omar Barbiero et Hillary Stein, dans une étude non endossée par l'institution elle-même.
Autrement dit, cela tirerait vers le haut l'indice PCE mesurant l'inflation, hors prix volatils de l'énergie et de l'alimentation. Cet indice est celui que privilégie la Réserve fédérale américaine (Fed) pour piloter sa politique monétaire. Il témoignait encore en décembre - dernière donnée disponible - d'une inflation de +2,8 % sur un an.
Si le « scénario plus extrême » proposé par Donald Trump pendant sa campagne - 60 % de droits de douane additionnels pour la Chine et 10 % pour le reste du monde - était mis en place, l'inflation sous-jacente accélérerait entre 1,4 et 2,2 points de pourcentage, écrivent les auteurs. Lors du premier mandat de Donald Trump (2017-2021), est-il rapporté, les droits de douane mis en place avaient fait progresser l'inflation sous-jacente de 0,1 à 0,2 point.
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Les entreprises vont devoir s'adapter
Ce calcul, est-il précisé, ne prend pas en compte la manière dont les consommateurs et les entreprises pourraient s'adapter, par exemple via des stratégies d'évitement ou de substitution. L'écart dans les projections est dû à l'incertitude quant à la manière dont ces droits de douane seront répercutés sur le consommateur final, et donc à la compression ou non des marges des intermédiaires.
Les entreprises pourraient subir l'effet des taxes douanières de manière très diverse. Le propriétaire de Barbie, Mattel, a par exemple indiqué mardi qu'il pourrait être amené à augmenter ses prix, certains des composants de ses jouets venant de Chine. Pour les entreprises étrangères exportatrices vers les États-Unis, ces droits de douane risquent de les priver d'un marché important. Certaines pourraient être amenées à relocaliser leurs usines aux États-Unis, à l'instar des sociétés du secteur automobile européen qui possèdent des sites au Mexique.
« C'est un cercle vicieux qui s'installe : même si les droits de douane ne sont pas mis en place, il y a une perte de potentiel », remarque pour l'AFP Ana Boata, économiste auprès de la société d'assurance-crédit Allianz Trade. Puisque les « entreprises n'investissent pas » en période d'incertitude.