Droits de douane : Trump « pas pressé » de parler avec Xi Jinping, malgré la riposte chinoise
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Donald Trump présente ces droits de douane contre la Chine comme une réponse à l'afflux de drogues aux États-Unis.
Elizabeth Frantz
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Donald Trump présente ces droits de douane contre la Chine comme une réponse à l'afflux de drogues aux États-Unis.
Elizabeth Frantz
L'augmentation des droits de douane promise par Donald Trump contre les produits chinois arrivant aux États-Unis est bel et bien entrée en vigueur. Une taxe additionnelle de 10 % est désormais appliquée sur toutes les exportations chinoises. Le républicain avait initialement aussi menacé d'une telle mesure le Mexique et le Canada - à hauteur de 25 % -, avant de remettre sa décision à dans un mois suite à des négociations productives. Ce qu'il ne semble pas vouloir mener pour le moment avec son homologue chinois, le président Xi Jinping.
La Chine a pourtant déjà annoncé des mesures de représailles contre les États-Unis. Dès le 10 février prochain, elle prévoit d'imposer, elle aussi, des droits de douane aux produits américains. D'une part, de 15 % sur les importations de charbon et de gaz naturel liquéfié (GNL) américains. Et d'autre part, de 10 % sur les importations de pétrole et à d'autres catégories de biens venant des États-Unis (machines agricoles, véhicules de sport de grosse cylindrée et camionnettes). Une rapidité d'action qui a d'ailleurs surpris les économistes interrogés en début de semaine par l'AFP, qui n'attendaient aucune réponse immédiate de Pékin en vue de négociations.
Les mesures chinoises ciblent environ 20 milliards de dollars de biens américains, soit autour de 12 % du total des importations en provenance des États-Unis, selon des calculs de Capital Economics. Pas de quoi inquiéter pour autant le dirigeant américain. « Nous nous en sortirons très bien face à la Chine comme face à tous les autres pays », a assuré Donald Trump, ajoutant que les États-Unis « étaient à nouveau respectés ».
Il faut dire que l'ampleur de la riposte chinoise reste en deçà de la mesure américaine. Elle a « clairement été calibrée pour envoyer un message aux États-Unis (et à l'opinion publique chinoise) sans causer trop de dégâts », estime Julian Evans-Pritchard de Capital Economics.
Cette retenue s'explique en partie par la dépendance de l'industrie chinoise aux importations américaines et par ses difficultés économiques internes, analyse pour l'AFP Agatha Kratz, de Rhodium Group. Plutôt que d'infliger un véritable choc, les économistes jugent que Pékin cherche avant tout à avertir Washington : la Chine peut et ripostera à toute escalade américaine. Et d'ici l'entrée en vigueur des mesures chinoises, dans cinq jours, tout peut encore arriver.
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C'est ce qu'espère d'ailleurs Pékin. « Ce dont nous avons besoin maintenant, ce n'est pas d'une augmentation unilatérale des droits de douane, mais d'un dialogue et de discussions fondées sur le respect mutuel », a fait valoir Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse ce mercredi. Interrogé au sujet d'un éventuel futur échange entre les deux dirigeants, il n'a toutefois pas donné de précisions.
Donald Trump présente ces droits de douane contre la Chine comme une réponse à l'afflux de drogues aux États-Unis. Il accuse Pékin de passivité face à la production sur son sol de précurseurs chimiques du fentanyl, un opioïde de synthèse meurtrier qui fait des ravages outre-Atlantique.
Des allégations balayées par le porte-parole de la diplomatie chinoise ce mercredi. Lin Jian a affirmé que son pays a « l'une des politiques antidrogues les plus dures au monde ». « Le fentanyl est le problème des États-Unis, et ses causes se trouvent aux États-Unis mêmes », a-t-il insisté. De quoi appuyer les propos déjà tenus par les autorités chinoises. Le ministère chinois des Finances a ainsi déjà déploré que les taxes promulguées « ne font rien pour résoudre les problèmes propres (aux États-Unis) et perturbent la coopération économique et commerciale » entre les deux pays, a déploré
Le président américain reconnaît d'ailleurs volontiers utiliser cette hausse des droits de douane aussi comme levier pour obtenir des « deals » avec les pays visés. Ainsi, dans le cadre des négociations pour éviter leur entrée en vigueur, le Mexique s'est engagé à envoyer 10.000 soldats supplémentaires à la frontière avec les États-Unis afin de lutter contre l'immigration illégale.
Leur déploiement a déjà débuté mardi, selon la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum. Le Canada a, lui, promis toute une série de mesures. À savoir de nommer un responsable entièrement dédié à la lutte contre le trafic de fentanyl, de lancer une force d'intervention conjointe avec les États-Unis contre le crime organisé et d'inscrire les cartels mexicains sur sa liste des organisations terroristes.
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Du côté de la Chine, un arrangement dans la même veine pourrait potentiellement permettre à Pékin d'obtenir aussi un délai. La première puissance asiatique pourrait, par exemple, s'engager à contrôler plus strictement le trafic de fentanyl. Encore faudrait-il que les deux parties se mettent autour de la table des pourparlers.
(Avec AFP)
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