Ce dimanche, les Argentins se rendent aux urnes pour élire leur nouveau président. Ils devront choisir entre Javier Milei, le candidat antisystème que les sondages placent en tête, et ses principaux opposants, Patricia Bullrich, candidate de centre droit, et Sergio Massa, l'actuel ministre de l'Économie du gouvernement péroniste.
La campagne a pris une dimension inhabituelle en raison de la personnalité de Javier Milei. Cet économiste de 53 ans, qui se définit comme « anarcho-capitaliste », partisan d'une société sans État organisée par le système d'échanges qu'est le marché, a habilement utilisé les réseaux sociaux pour défendre ses positions d'outsider auprès de ses quelque 7 millions d'abonnés, dans un pays de 46 millions d'habitants. Dans ses meetings qui attirent les foules, il propose un remake de Massacre à la tronçonneuse - il brandit une vraie machine - à destination de la « caste », comme il désigne la classe politique. Depuis des décennies, celle-ci a été incapable de sortir le pays du marasme caractérisé par une inflation record, un endettement abyssal, un taux de pauvreté de plus de 40 % et une corruption endémique. Le discours sans nuances de Milei fait un tabac auprès des jeunes et d'une partie de la population tentée par le dégagisme.