Rassemblé lors de l’événement annuel organisé à Londres par Innovate Finance, qui défend les intérêts de l’industrie au Royaume-Uni, l’écosystème fintech d’outre-Manche entend conforter sa position de numéro 2 mondial en gardant la main sur ses jeunes pousses les plus matures et en misant sur l’IA.
« L'écosystème britannique des fintech demeure extrêmement dynamique », s'est félicitée Janine Hirt, directrice générale d'Innovate Finance, lors d'un discours d'ouverture lui aussi très énergique. « Le Royaume-Uni détient 10% de parts de marché mondiales sur les fintech. En matière de financement, l'écosystème britannique est en deuxième position derrière les États-Unis, et devant toute l'Europe combinée. Ce dynamisme bénéficie à toute l'économie britannique : plus de 60% des petites et moyennes entreprises ont désormais recours aux fintech pour se financer », a-t-elle poursuivi.
Innovate Finance représente les intérêts de l'industrie des fintech au Royaume-Uni. Cette semaine, le groupe d'intérêt organisait la dixième édition de son événement annuel, l'Innovate Finance Global Summit (IFGS), dans le prestigieux Guildhall, l'ancien hôtel de la ville de la City classé monument historique.
Un écosystème attractif...
Si, à l'image de l'industrie des nouvelles technologies dans son ensemble, le secteur des fintech britanniques a connu une année 2023 difficile, avec une baisse des levées de fonds suite au retournement économique conjoncturel et aux années fastes du Covid, il conserve son titre d'écosystème le plus dynamique en Europe, et la débâcle crainte au moment du Brexit n'a pas eu lieu. Il peut également se targuer d'avoir gagné l'enthousiasme du public. « 86% des adultes britanniques numériquement actifs utilisent au moins un service fintech », a noté Bim Afolami, le secrétaire économique au Trésor britannique.
Ainsi que d'avoir engrangé de flamboyantes réussites, comme les néobanques Revolut, qui compte plus de 40 millions de clients dans le monde, et Monzo, qui vient d'atteindre les 5 milliards de dollars de valorisation, ainsi que la jeune pousse Wise, spécialisée dans les paiements transfrontaliers et fondée à Londres par deux entrepreneurs estoniens.
La capacité à former des talents, grâce à ses universités d'excellence, mais aussi à attirer les cerveaux étrangers est l'une des recettes du succès de l'écosystème britannique, avec notamment un dispositif permettant aux startups d'obtenir des procédures de visa accélérées. Le Royaume-Uni demeure en outre la voie royale privilégiée par les fintech américaines souhaitant s'implanter en Europe, à l'instar de Robinhood, la plateforme de courtage qui a ouvert son service aux Britanniques en mars. « Le Royaume-Uni est un excellent marché pour l'innovation financière, c'est pourquoi nous l'avons choisi comme premier marché à l'étranger après avoir construit une solide base d'utilisateurs aux États-Unis », a déclaré Jordan Sinclair, président de Robinhood UK, lors de l'événement.
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