Emploi et inflation en ligne de mire de la réunion de la Banque centrale américaine
Julie Chabanas (AFP)

Photo d'illustration
Leah Millis
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Voitures, maisons, essence, vêtements... Une large palette de produits coûte en effet plus cher aux Américains. Le président de la Fed Jerome Powell devrait toutefois rester droit dans ses bottes, et assurer que cette hausse des prix ne sera que temporaire. Depuis plusieurs mois, il balaie en effet du revers de la main les fantômes de l'inflation galopante des années 70.
La hausse des prix a été de 5% en mai par rapport à l'an passé, selon l'indice CPI. Un bond certes spectaculaire, mais dû en grande partie à l'effet de comparaison avec des prix qui avaient chuté au printemps 2020. La Fed utilise une autre mesure de l'inflation, l'indice PCE, qui a connu en avril sa plus forte accélération depuis 2007, +3,6% sur un an.
La Réserve fédérale surveille cette inflation comme le lait sur le feu, mais une réduction dès cette semaine de son soutien à l'économie américaine est peu probable.
En effet, le pays est encore loin de s'être complètement redressé de la crise provoquée par la Covid, et d'avoir atteint l'objectif de plein emploi que vise la Fed. Un resserrement trop rapide mettrait en danger une reprise durable, notamment du marché du travail. Le taux de chômage est en effet tombé à 5,8%, mais reste très loin des 3,5% d'avant la crise, et il manque encore 7,6 millions d'emplois par rapport à cette période.
Paradoxalement en effet, les entreprises américaines peinent à recruter, notamment dans les emplois les moins bien payés, et relèvent les salaires pour attirer les candidats, ce qui entretient l'inflation.
Les taux d'intérêt au jour le jour, abaissés dans une fourchette de 0% à 0,25% en mars 2020, devraient en effet rester à ce niveau pendant encore un moment. Chaque membre du comité dira quand il juge opportun de les relever: en mars, 4 d'entre eux envisageaient de le faire dès 2022 au lieu de 2023, contre seulement 1 en décembre.
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Les 11 membres du comité monétaire pourraient toutefois commencer à réfléchir à la suite. Lors de leur dernière réunion fin avril, certains avaient, pour la première fois, envisagé de commencer à discuter de la réduction des rachats d'actifs, pour éviter une surchauffe.
La Fed achète chaque mois pour 120 milliards de dollars d'actifs, dont des bons du Trésor, afin de fluidifier le crédit, soutenir la reprise et influencer les taux à la baisse. Kathy Bostjancic en anticipe "une réduction progressive (...) à partir de début 2022", avant de commencer à relever les taux en 2023.
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La puissante institution monétaire va par ailleurs mettre à jour ses prévisions économiques. En mars, elle anticipait une croissance du Produit intérieur brut de 6,5% pour 2021 et 3,3% en 2022. Elle était aussi plus optimiste quant au taux de chômage, que lors de ses précédentes prévisions publiées en décembre: 4,5% cette année, 3,9% en 2022, 3,5% en 2023, soit le niveau d'avant crise, au plus bas en 50 ans.
Et pour l'inflation, elle prévoyait 2,4% en 2021, avant une stabilisation autour de 2%, conformément à son objectif à long terme.
Julie Chabanas (AFP)
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