Acier et aluminium : Trump promet de surenchérir après la riposte de l'UE
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Les droits de douane de 25 % sur l’acier et l’aluminium voulus par Donald Trump sont devenus effectifs mercredi à 00H01.
Kevin Lamarque
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Les droits de douane de 25 % sur l’acier et l’aluminium voulus par Donald Trump sont devenus effectifs mercredi à 00H01.
Kevin Lamarque
[Article publié le mercredi 12 mars 2025 à 07h47 et mis à jour à 19h58]
La surenchère continue dans la guerre commerciale menée par les Etats-Unis. Donald Trump a promis ce mercredi de « répliquer » après que l'Union européenne (UE) a annoncé, à l'aube, des droits de douane sur une série de produits américains, en réponse aux taxes américaines de 25% sur l'acier et l'aluminium.
Le président américain a de nouveau accusé l'UE d'avoir été créée pour « profiter des Etats-Unis ». « Nous allons gagner cette bataille financière » contre l'UE, qui cherche selon lui à « s'en prendre aux entreprises américaines », a-t-il dit.
Les Etats-Unis « ne se laisseront plus maltraiter », a repris le président américain, soulignant au passage que les droits de douane dits « réciproques », qui doivent entrer en vigueur le 2 avril, pourraient être « un peu plus que réciproques » dans certains cas. Ceux-ci visent à taxer les produits provenant d'un pays lorsqu'ils entrent aux Etats-Unis au même niveau que le sont les produits américains arrivant dans ce pays.
Ce mercredi matin, la Commission européenne a annoncé qu'elle appliquerait des mesures de rétorsion contre les droits de douane imposés par Donald Trump quelques heures après leur entrée en vigueur.
Dans un communiqué, elle a déclaré que ses mesures concerneraient jusqu'à 26 milliards d'euros sur une série de produits importés des Etats-Unis comme les bateaux, les motos ou le bourbon, ce qui correspond à la portée des droits de douane américains sur les exportations européennes. Et qu'elles prendraient effet à partir du 1er avril, ce qui laisse deux semaines pour négocier avec Washington.
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« L'Union européenne doit agir pour protéger les consommateurs et les entreprises », a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, dans un communiqué, tout en précisant que « les droits de douane sont des taxes. Elles sont mauvaises pour les affaires et encore pires pour les consommateurs ».
La rapidité de la riposte de l'UE contraste avec la réponse d'autres grands pays. La Chine s'est, elle aussi, engagée à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour protéger ses intérêts. « La Chine a toujours pensé que le protectionnisme n'offrait aucune sortie et qu'il n'y avait aucun gagnant lors de guerres commerciales », a déclaré Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse régulière. « Les actions des Etats-Unis violent gravement les règles » de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et « endommagent gravement le système d'échange multilatéral », a-t-elle ajouté.
Le Canada a dénoncé de nouvelles taxes jugées « injustifiées et déraisonnables » par son ministre des Finances, Dominic LeBlanc. Des taxes douanières de 25% seront mises en place sur 29,8 milliards de dollars canadiens (18 milliards d'euros) d'importations américaines, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Parmi les marchandises visées par ces nouvelles taxes douanières: des produits en acier pour une valeur de 12,6 milliards de dollars canadiens, de l'aluminium pour 3 milliards et des produits allant des ordinateurs aux équipements sportifs. Les nouvelles mesures canadiennes s'ajoutent aux droits de douane de 25% instaurés sur 30 milliards de dollars de produits américains depuis le début du mois en réponse à la première série de taxes commerciales imposées par Donald Trump sur les produits canadiens.
Le Canada, premier fournisseur des Etats-Unis pour l'acier et l'aluminium, est particulièrement dans le viseur de Donald Trump, qui avait envisagé mardi de doubler, à 50%, ces droits de douane contre Ottawa, avant de se raviser. Cette volte-face est due au retrait par la province canadienne de l'Ontario de sa surtaxe sur les exportations d'électricité vers trois États américains.
Le Brésil, second exportateur d'acier vers les Etats-Unis, ne compte pas lancer de représailles après l'entrée en vigueur de droits de douane de 25% décidés par Donald Trump dans ce secteur, a annoncé mercredi le ministre brésilien de l'Economie.
Certains pays ont tenté de convaincre le président américain de les exempter, à l'image du Japon, dont le ministre de l'Économie, Yoji Muto, a fait le déplacement à Washington en début de semaine pour discuter du sujet avec ses homologues américains, mais sans grand succès de son propre aveu.
« Il est regrettable que le Japon n'ait pas été exempté de l'imposition de droits de douane supplémentaires », a déclaré le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshimasa Hayashi ce mercredi matin, mettant en garde contre le risque d'un « impact considérable » des barrières douanières sur leurs liens économiques.
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Ces droits de douane américains sont « totalement injustifiés », a aussi déclaré mercredi le Premier ministre australien Anthony Albanese, après avoir échoué à négocier une exemption de dernière minute. Londres s'est de son côté dit « déçu » mercredi, mais sans annoncer de contre-mesures immédiates.
(Avec agences)
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