Droits de douane : tout ce que Trump a annoncé depuis deux mois
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Seuls trois pays font aujourd’hui l’objet de droits de douane mis en place par Donald Trump pour le moment.
Leah Millis
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Seuls trois pays font aujourd’hui l’objet de droits de douane mis en place par Donald Trump pour le moment.
Leah Millis
Ce mardi 4 mars, Donald Trump a confirmé la mise en place de tarifs douaniers à hauteur de 25 % sur tous les produits importés du Canada et du Mexique, exception faite des hydrocarbures canadiens, soumis à 10 % de taxes. Le locataire de la Maison-Blanche a également rehaussé le niveau des droits de douane sur les produits chinois, de 10 à 20 %. Aux yeux de Donald Trump, Canada, Mexique et Chine ne font pas assez dans la lutte contre le trafic de fentanyl.
Une annonce de plus de celui pour qui « tariff » est le plus beau mot du dictionnaire, le thème des droits de douane nourrissant, depuis son investiture le 20 janvier, la plupart de ses déclarations.
Avant les annonces de ce mardi, et malgré tout le bruit politique et médiatique, Donald Trump n'avait appliqué qu'un seul nouveau tarif douanier. Il s'agissait de 10 % de taxe sur l'ensemble des produits chinois, en vigueur depuis le 4 février dernier. Ce chiffre a été rehaussé ce mardi à 20 %.
Début février, au moment de l'application de ces droits de douane sur les produits chinois, Donald Trump avait laissé un sursis au Canada et au Mexique ; un sursis désormais révoqué. Ce mardi, la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a réagi en avertissant de prochaines mesures douanières et non douanières à l'encontre des États-Unis, qu'elle devrait détailler dimanche. L'imposition de droits de douane sur les importations venant du Mexique est une décision « offensante, diffamatoire et sans fondement », a ajouté Claudia Sheinbaum.
Trois pays seulement font donc l'objet de mesures trumpiennes de rétorsion. Mais dès la semaine prochaine, sauf surprise, le monde entier devrait être touché. En effet, le 10 février dernier, le président des États-Unis annonçait la mise en place de 25 % de droits de douane sur les importations américaines d'acier et d'aluminium. Cette mesure entrera en vigueur le 12 mars prochain.
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Le 1er avril, ce seront les droits de douane réciproques qui commenceront à être appliqués. Concrètement, chaque tarif douanier appliqué par un pays à l'encontre des exportations américaines sera répliqué sur les importations aux États-Unis depuis ce même pays. C'est la mesure la plus complexe à mettre en place pour le système douanier américain.
Dès le lendemain, le 2 avril, les voitures et les pièces détachées automobiles entrant sur le territoire américain feront l'objet de droits de douane à hauteur de 25 %, à la suite des annonces de Donald Trump du 12 février dernier. Ce même 2 avril prochain, les produits agricoles seront également soumis à des tarifications. Le président l'a annoncé ce mardi 4 mars, sans que la Maison-Blanche n'ait pour le moment donné de précisions sur les produits agricoles concernés, ni sur la hauteur de cette tarification.
D'autres menaces ont été annoncées et planent, alors que les pays ciblés attendent de connaître leur sort. C'est le cas notamment des produits européens, dont le président américain a annoncé le 26 février dernier qu'ils seront ciblés à hauteur de 25 %. Donald Trump, qui considère que « l'Europe a été conçue pour emmerder les États-Unis » n'a pour le moment pas annoncé de date d'entrée en vigueur.
Même flou pour les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques, promis dès le 27 janvier dernier à des droits de douane. Le locataire de la Maison-Blanche avait précisé à la mi-février qu'ils s'appliqueraient à hauteur de 25 %. Mais aucune date n'a encore été dévoilée.
Enfin, Donald Trump a évoqué des enquêtes qui pourraient aboutir à des tarifs douaniers. Le bois d'œuvre et ses produits dérivés — au cœur d'un conflit commercial avec le Canada depuis cinquante ans — font ainsi l'objet d'investigations, dont les conclusions doivent être rendues d'ici 270 jours maximum selon la loi. De quoi laisser du répit aux Canadiens jusqu'au 26 novembre prochain, maximum.
Un peu plus tôt, un autre rapport pourrait être rendu, sur le cuivre cette fois. En vertu de la même loi, il est attendu au plus tard le 22 novembre prochain. L'annonce de l'enquête sur le métal a déjà fait bondir les cours.
La Chine s'est montrée prompte à répondre aux mesures de Donald Trump. Dès le 4 février et l'entrée en vigueur des 10 % de droits de douane sur l'ensemble des produits chinois, Pékin a réagi par l'application de tarifs douaniers de 10 à 15 % sur 13,9 milliards de dollars de produits. Le charbon et le gaz naturels liquéfiés sont, depuis un mois, taxés à 15 %, tandis que le pétrole brut, les machines agricoles, certains véhicules de grosse cylindrée le sont à hauteur de 10 %. Pékin avait également annoncé la mise en place de licences de contrôle sur certains métaux qu'il exporte.
Ce mardi, en réaction à l'entrée en vigueur de nouvelles taxes américaines sur les produits chinois, l'empire du Milieu a instauré des droits de douane supplémentaires de 15 % sur une série de produits américains, dont le poulet, le blé, le maïs ou le coton. D'autres produits importés des États-Unis, tels que le sorgho, le soja, le porc, le bœuf, les produits de la mer, les fruits, les légumes et les produits laitiers feront l'objet d'une taxe supplémentaire de 10 %.
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En parallèle, Pékin a rappelé avoir ouvert trois enquêtes contre des groupes américains : Google, PVH (maison mère de Calvin Klein) et Illumina. Ce dernier produit des séquenceurs génétiques. Après une investigation express, les autorités chinoises ont annoncé ce mardi interdire les importations de produits Illumina.
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