États-Unis : la facture de l'ouragan Milton pourrait s'élever à 60 milliards
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Il n'a pas encore touché terre, mais son coût a déjà été évalué. L'ouragan Milton, repassé mardi en catégorie maximale sur l'échelle de Saffir-Simpson, devrait arriver tard ce mercredi ou tôt jeudi près de la baie de Tampa, en Floride. Il pourrait devenir l'un des plus destructeurs à avoir jamais frappé le sud-est des États-Unis. Les répercussions ont été estimées à 60 milliards de dollars (54,71 milliards d'euros) de pertes assurées, selon une note de RBC Capital publiée ce mercredi.
Pour rappel, ce dernier avait balayé la Floride fin septembre 2022. Il avait causé à lui seul plus de 100 milliards de dollars de dommages. Il s'était alors classé au deuxième rang des ouragans les plus coûteux de l'histoire pour le secteur, selon le Swiss Re Institute, qui fournit des recherches sur l'assurance.
À cela s'ajoute le fait que le sud-est du pays se remet encore des ravages causés par l'ouragan Helene, passé fin septembre. La Banque centrale américaine (Fed) a d'ailleurs prévenu en début de semaine que ses « effets économiques (...) pourraient affecter les perspectives économiques des États-Unis ». Un ouragan qui a déjà endeuillé le continent américain, en causant au moins 235 morts, et provoqué des dégâts considérables.
Qui dit pertes pour les assureurs implique une hausse des tarifs de la réassurance - les organismes qui assurent les assureurs. Ces derniers fixent les prix de nombreux contrats d'assurance au 1er janvier. Mardi, Barclays avait néanmoins estimé dans une note que l'ouragan Milton pourrait peser sur les résultats des réassureurs européens, particulièrement ceux de Scor.
Dans ce contexte, les actions des réassureurs Swiss Re, Munich Re, Lloyd's of London, Beazley, Hiscox et Lancashire ont reculé cette semaine à l'approche de Milton. Pourtant, certaines d'entre elles avaient récemment atteint des niveaux record en Bourse grâce à des bénéfices importants. Pas de quoi néanmoins s'inquiéter pour les analystes de RBC. « Ce n'est qu'une question de temps avant que les actions ne regagnent le terrain perdu, car les perspectives d'une tarification plus stricte lors des prochains renouvellements (de polices) s'installent », estiment-ils.
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Reste qu'avec la montée des températures et les événements météorologiques extrêmes qui deviennent « plus fréquents et intenses », la facture des catastrophes naturelles pour les assureurs et les réassureurs pourrait « doubler au cours des dix prochaines années », a prévenu au printemps dernier Swiss Re dans une étude.
Les catastrophes naturelles ont engendré 280 milliards de dollars de dégâts en 2023 dans le monde, dont 108 milliards de dollars couverts par les compagnies d'assurance, selon les chiffres du réassureur. Un montant en recul par rapport à l'année précédente - 286 milliards de dollars de dégâts et une facture pour les assureurs de 133 milliards de dollars -, l'année 2022 ayant été fortement impactée par le passage de Ian. « Même en l'absence d'une tempête historique de l'échelle de l'ouragan Ian (...), les pertes engendrées par les catastrophes naturelles en 2023 ont été sévères », avait toutefois souligné Jérôme Jean Haegeli, le chef économiste de Swiss Re.
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Il ne reste que quelques heures aux habitants de Floride pour quitter la zone ou trouver un refuge avant que la tempête tropicale ne touche terre. Plus d'un million de personnes ont reçu l'ordre d'évacuer les zones côtières. Certains, fuyant vers les hauteurs, ont engorgé les autoroutes, tandis que les stations-service ont commencé à manquer de carburant.
Le Centre national des ouragans des États-Unis (NHC) a qualifié Milton d'ouragan majeur « catastrophique » et « dangereux », avec des vents maximums soutenus de 260 kilomètres par heure. Il suit une trajectoire inhabituelle allant d'ouest en est dans le golfe du Mexique, et le NHC prévoit une onde de tempête - c'est-à-dire un rehaussement du niveau de l'océan - pouvant atteindre 3 à 4,5 mètres le long d'une partie du littoral.
« Nous sommes aussi préparés que possible (...) Mais cette tempête va être très, très violente », a déclaré Liz Alpert, maire de Sarasota, en Floride, située juste au sud de la baie de Tampa, lors d'une interview accordée à MSNBC.
La veille, le président américain Joe Biden a prévenu que ce pourrait être « la pire tempête en Floride en un siècle ». Et signe de la gravité de la situation, la Maison Blanche a annoncé qu'il a renoncé à se rendre comme prévu en fin de semaine en Allemagne puis en Angola.
(Avec AFP)
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