Présidentielle américaine : quand la tempête Hélène devient un argument de campagne

L'Ouragan Hélène a terrassé le sud-est des Etats-Unis la semaine dernière.
Reuters

L'Ouragan Hélène a terrassé le sud-est des Etats-Unis la semaine dernière.
Reuters
Plus de 155 morts, des quartiers détruits, des habitants coupés du monde... De catégorie 4 sur une échelle de 5 lorsqu'il a touché terre en Floride jeudi soir dernier, l'Ouragan Hélène a terrassé le sud-est des Etats-Unis la semaine dernière. Au total, 74 morts sont à déplorer en Caroline du Nord, l'un des Etats les plus touchés, la Caroline du Sud en compte 36, la Géorgie 25, la Floride 14, le Tennessee 4 et la Virginie deux. Des milliers d'Américains ont dû aussi être déplacés.
Et la tempête risque de coûter très cher. Bien qu'il soit encore tôt pour donner des estimations précises, l'agence de notation Moody's estime, d'ores et déjà, les dégâts matériels entre 15 et 26 milliards de dollars. Concernant les conséquences économiques dues aux fermetures de bureaux ou encore d'écoles, le chiffre des pertes se porte entre 5 et 8 milliards de dollars. Ce qui donne une fourchette totale comprise entre 20 et 34 milliards de dollars. À titre de comparaison, Katrina, l'un des ouragans les plus meurtriers qui avait frappé la Nouvelle-Orléans en 2005, avait coûté près de 100 milliards de dollars. En 2017, l'ouragan Harvey avait coûté, lui, plus de 80 milliards.
Ces lourdes pertes ont des conséquences économiques dramatiques sur les habitants, notamment les propriétaires. D'autant que certains n'étaient pas couverts à cause de la hausse des tarifs des primes d'assurances dans certains Etats, comme en Floride. D'autres n'avaient pas encore touché l'argent des compagnies de précédentes tempêtes, comme Ian en 2022 précise le Washington Post.
Un événement météorologique dont les candidats à la présidentielle américaine - qui entre dans ses dernières semaines - n'ont pas manqué de se saisir. Car même s'il ne « s'agit en rien de la pire des tempêtes que les Etats-Unis aient connu », rappelle Romuald Sciora, chercheur à l'IRIS, l'échéance de l'élection se rapproche et les deux candidats - Donald Trump et Kamala Harris - sont toujours au coude-à-coude. Sans compter que parmi les Etats touchés, la Caroline du Nord et la Géorgie font partie des Swing States, ces fameux Etats clés qui pourraient tout changer lors des élections. « Les politiques se concentrent sur la catastrophe car nous sommes en pleine campagne électorale, et le ton a été donné par les démocrates », confirme ainsi Romuald Sciora.
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En effet, le président Joe Biden s'est ainsi rendu en Caroline du Sud mercredi, puis en Caroline du Nord, également un des Etats les plus touché. Kamala Harris est, elle, allée en Géorgie pour échanger avec les secours et les familles touchées par la catastrophe. Une opportunité pour la candidate, qui n'a pas encore creusé l'écart face à Trump. « L'Ouragan permet à Harris de faire oublier les sujets qui fâchent », pointe Romuald Sciora. En effet, la candidate doit réaliser quasiment l'impossible en flirtant avec la frange la plus à gauche des démocrates, tout en devant se mettre dans la poche les républicains davantage modérés qui seraient les plus susceptibles de voter pour elle, explique le spécialiste.
Les deux démocrates ont joué la carte de l'empathie alors que se poursuivent les opérations de secours. « Je suis ici pour vous remercier et pour écouter », a déclaré la vice-présidente lors d'une visite dans un centre d'urgence à Augusta (Géorgie), rapporte le Washington Post. « J'ai fait un survol dans l'ouest de la Caroline du Nord pour observer les dégâts. Ce que j'ai vu m'a brisé le cœur », a publié sur X (ex-Twitter) Joe Biden, qui doit également se rendre ce jeudi en Géorgie et en Floride. « Dans des moments comme celui-ci, nous mettons la politique politicienne de côté », a-t-il par ailleurs déclaré mercredi.
De son côté, Donald Trump n'a pas attendu très longtemps avant de tourner le sujet en argument politique. Lundi, l'ancien président est allé à Valdosta, en Géorgie, où il a taclé le gouvernement Biden de ne pas être assez « réactif » face à la situation. « Et, bien sûr, la vice-présidente est en train de faire campagne, de chercher de l'argent », a-t-il également commenté, rapporte le Washington Post. « Il ment » a ainsi rétorqué Joe Biden, lorsque Trump a accusé la Caroline du Nord, à majorité démocrate, de ne pas venir en aide aux habitants des zones républicaines. Mais « Trump joue son rôle de candidat », argue Romuald Sciora.
Dans ce contexte, le président et Kamala Harris ont insisté, lors de leurs visites dans les états touchés, sur les efforts déployés par l'Etat ou encore les autorités locales et fédérales. Joe Biden a notamment appelé à mobiliser mille militaires en Caroline du Nord, en plus des secours présents sur place. Il a également approuvé deux jours plus tôt sept demandes de déclaration d'état d'urgence. En Géorgie, Harris a annoncé que le gouvernement fédéral couvrirait totalement les coûts d'enlèvement des débris et également d'autres mesures d'urgence pendant trois mois, rapporte le New-York Times.
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En plus de la tempête, les candidats font, depuis ces derniers jours, face à de nombreux défis. Entre la crise au Moyen et au Proche-Orient et la grève des dockers, le mois d'octobre risque de leur réserver encore quelques surprises, à quelques semaines de la date fatidique du 5 novembre.