États-Unis : la Fed, proche d'une hausse des taux, s'inquiète du ralentissement chinois

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La politique monétaire très accommodante suivie par la Fed -les taux sont juste au-dessus de zéro depuis décembre 2008- est largement considérée comme le principal facteur de hausse de Wall Street ces dernières années.
La politique monétaire très accommodante suivie par la Fed -les taux sont juste au-dessus de zéro depuis décembre 2008- est largement considérée comme le principal facteur de hausse de Wall Street ces dernières années. (Crédits : © Jonathan Ernst / Reuters)
Le relèvement des taux, juste au-dessus de zéro depuis décembre 2008, pourrait survenir lors de la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine à la mi-septembre. Les membres de la Fed se sont néanmoins montrés préoccupés par la faiblesse de l'inflation et le piètre état de la conjoncture économique mondiale.

La décision d'une première hausse des taux d'intérêt depuis 2006 par la Réserve fédérale américaine s'est précisée lors de la dernière réunion de la banque centrale en raison essentiellement de la poursuite de l'amélioration du marché du travail aux États-Unis.

Cela fait 23 semaines d'affilées que ces inscriptions hebdomadaires sont sous la barre des 300.000, signe indéniable d'une nette amélioration du marché du travail. En juillet, le taux de chômage s'est maintenu à un plus bas de sept ans, à 5,3%, conformément aux prévisions des économistes. Ce taux est proche de celui de 5-5,2% que la plupart des responsables de la Fed estiment satisfaisant dans un contexte d'inflation basse.

Cependant, selon le compte rendu de la réunion du comité de politique monétaire (FOMC) des 28 et 29 juillet, les membres de la Fed se sont, à nouveau, montrés préoccupés par la faiblesse de l'inflation et le piètre état de la conjoncture économique mondiale, deux facteurs qui ne plaident pas en faveur d'un tour de vis monétaire.

L'inflation sous l'objectif des 2%

La Fed reste néanmoins très prudente en raison du bas niveau de l'inflation -même si elle a remonté pour le sixième mois d'affilée -et des salaires et, plus généralement, elle s'interroge sur le fait que la reprise, en cours depuis déjà six ans, n'a pas permis de faire remonter la hausse des prix à la consommation près de son objectif de 2%.

"La plupart des membres (...) souhaiteraient avoir davantage de preuves que la croissance économique est suffisamment forte et que les conditions sur le marché du travail se sont améliorées au point qu'ils puissent raisonnablement avoir confiance en un retour de l'inflation vers l'objectif à moyen terme du comité", indiquent les minutes de la réunion du Comité de politique de la Fed.

La deuxième estimation du produit intérieur brut (PIB) sera annoncée le 27 août et nombre d'économistes tablent sur une forte révision à la hausse par rapport à la première, ressortie à 2,3% en rythme annualisé.

Le ralentissement en Chine inquiète

"Plusieurs participants ont noté que le ralentissement de l'activité économique chinoise pouvait poser des risques pour les perspectives économiques aux États-Unis", lit-on encore dans le compte-rendu. Alors que Pékin peine à relancer la croissance du pays et atteindre l'objectif de 7%, la banque centrale chinoise a injecté 100 milliards de dollars à China Development Bank et à l'Export-Import Bank of China.

     | Lire Bourse : inquiète pour la Chine, l'Europe dévisse

La prochaine réunion du FOMC est prévue dans un mois les 16 et 17 septembre et de nombreux analystes croient qu'une hausse des taux, la première en presque une décennie, pourrait intervenir à ce moment-là.

(avec Reuters et AFP)

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Commentaires
a écrit le 08/12/2015 à 13:43 :
ESSAI
a écrit le 21/08/2015 à 14:47 :
"Super-FED contre le reste du Monde", le dernier épisode de chez Marvel : allez, un peu de cran, montez-les enfin vos taux d'intérêts, que commence enfin la fin d'un monde !
a écrit le 20/08/2015 à 16:51 :
La dynamique du marché boursier aux USA, autrement dit de la spéculation, est maintenu par les fusions-acquisitions qui tournent à un niveau jamais atteint. Par ailleurs l'argent des Q.Es qui pour l'essentiel n'a pas trouvé preneur en actifs tangibles et probants entame un nouveau tour de piste, les liquidités sont donc abondantes. L'augmentation des taux en septembre est alors peu probable, je ne pense d'ailleurs pas qu'elle aura lieu sur l'année si jamais elle devait se réaliser à moyen terme ce que je ne crois pas non plus. La Fed a supposé un programme s'agissant des taux mais conditionné à un panier de paramètres, ce qui forme une "guidance" que certains on ne sait pourquoi tellement leurs arguments sont pauvres voudraient voir se réaliser sur un seul point, comme une promesse de gains. Il ne s'agit pas d'un petit bond sur un mois mais d'entreprendre une tendance soutenue et régulière, or rien n'est en place pour ce faire. La Fed a bien donné sa position sans rien omettre : celle de l'incertitude.... qui se poursuivra.
a écrit le 20/08/2015 à 13:15 :
Mais bien sûr, à l'heure où la Chine plonge, entrainant avec elle ses principaux partenaires (Corée, Australie, Nouvelle-Zélande, etc ...), où l'Europe va bientôt être en panne, où les autres membre des Brics se ramassent (comme le Brésil), où le prix du baril de pétrole plonge (bonjour la rentabilité des gaz & pétroles de schistes !), les américains, plus forts que tout le monde, vont aller à contre-courant de tous le monde et augmenter prochainement leurs taux d'intérêts ?! J'attends ce moment avec une grande impatience (et une grande suspicion, ça fait déjà 2 ans qu'on nous balade là-dessus !) pour admirer les dégâts consécutifs à cette décision, HA-HA-HA-HA !!
Réponse de le 20/08/2015 à 15:43 :
Attendez voir, quelque chose va se passer en septembre. À bon entendeur… ;-)
a écrit le 20/08/2015 à 10:52 :
Aux États-Unis, les marchés attendent les hausses de taux de la Réserve fédérale. La question de la hausse des taux est sous-estimée par certains analystes, qui semblent penser que les hausses initiales seront mineures et se traduiront par peu ou pas de répercussions. Les taux d’intérêt n’affectent pas seulement quelques prêts bancaires ; ils sont le premier pilier soutenant la psychologie du marché actuel. Il n’y a pas d’autre élément financier donnant une influence positive à la psychologie des investisseurs. Il n’y a pas de bonnes nouvelles économiques pour justifier le marché haussier de ces dernières années.

Il n’y a aucune forme discutée ouvertement de QE (et un futur QE semble peu probable car ces stimuli renouvelés serait un aveu que les trois premières tentatives de QE ont lamentablement échoué, empêchant toute nouvelle forme d’assouplissement). Il n’y a aucune retour à la normale. Et quand toute bonne nouvelle, même mineure ou fabriquée, est présentée dans les médias dominants (un clin d'oeil à La Tribune), les marchés ont réagi négativement, de peur que cela hâte l’augmentation des taux d’intérêt.

ZIRP est le principal moteur de rachats d’actions et du marché d’actions haussier. Mais cela ne se poursuivra que tant que les prêts de la Fed resteront gratuits (ou presque gratuits). Des milliers de milliards de prêts peuvent générer des milliards en intérêt, même avec une hausse mineure des taux, ce qui signifie, avec la fin des ZIRP et de l’argent gratuit, que les banques et les sociétés vont cesser d’emprunter, que les rachats d’actions vont s’évaporer et que les actions vont perdre le soutien artificiel dont elles ont joui jusqu’à présent.

Le travail de la Fed est de détruire l’économie américaine et le dollar, pas de les sauver. Cela explique pourquoi la Fed continue de nier la tourmente économique et fonce à corps perdu dans un scénario de hausse des taux, même si personne dans les médias ne le leur a demandé.

Bon week-end à tous car je pars cet après-midi pêcher à la mouche. :)
Réponse de le 21/08/2015 à 13:10 :
Merci pour votre très intéressant (et didactique) commentaire. Bonne pêche !
a écrit le 20/08/2015 à 9:36 :
Ils ont interest à bien monter les taux, car le bouleversement chinois me fait que commencer. Sans parler du Brésil, la croissance passée ne va pas revenir.

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