États-Unis : la purge de Trump dans l’administration fédérale s’accélère
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D'après les dernières données gouvernementales, plus de 200.000 employés fédéraux sont en période probatoire, un statut qui facilite leur renvoi.
Benoit Tessier
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D'après les dernières données gouvernementales, plus de 200.000 employés fédéraux sont en période probatoire, un statut qui facilite leur renvoi.
Benoit Tessier
L'offensive de Donald Trump contre les fonctionnaires se durcit. La Maison-Blanche a enjoint mercredi l'ensemble des agences fédérales américaines de préparer des suppressions de postes en « éliminant les postes qui ne sont pas nécessaires ».
Rappelant qu'il s'agissait d'une promesse de campagne de Donald Trump, le directeur du Bureau de gestion et du budget (Office of Management and Budget, OMB), Russell Vought, a demandé aux agences de mettre en place un guichet de départ, de ne pas remplacer les départs programmés et de se séparer des employés jugés « insuffisamment performants ». Cette circulaire prévoit néanmoins des exceptions en faveur des forces de l'ordre, des agences chargées de la politique migratoire, des services postaux ainsi que des forces armées. Elle établit également un calendrier spécifique pour les agences « fournissant des services directs aux citoyens », notamment le système de retraite, l'assurance santé pour les plus démunis et les personnes âgées, ainsi que le système de santé consacré aux anciens combattants.
Pour toutes les autres agences, la première phase, d'ici au 13 mars, prévoit une réduction du nombre de leurs antennes, l'établissement d'une liste des besoins strictement nécessaires à leur mission et l'identification des employés non essentiels. La seconde phase, qui s'achèvera le 14 avril, doit aboutir à une nouvelle organisation, à une réévaluation des performances des employés et à la possible délocalisation de certaines agences vers des « régions moins chères » que la capitale fédérale Washington.
Le gouvernement américain a également lancé un plan de départ, impulsé par Elon Musk, qui dirige le Doge, la structure chargée de trouver des postes d'économie dans l'administration. Ce plan aux fonctionnaires prévoit un maintien de salaire durant plus de six mois en échange de leur démission. Plus de 75 000 employés ont accepté cette offre, selon la Maison-Blanche, sur un total d'environ deux millions. Plusieurs organisations syndicales avaient contesté ce projet, mais un juge a rejeté leur requête le 20 février, estimant que sa juridiction n'était pas « compétente » et que les plaignants devaient se tourner vers un tribunal spécialisé dans les conflits du travail. Il a néanmoins souligné que le premier mois de Donald Trump à la présidence était marqué par « un déluge de décrets présidentiels qui ont provoqué - certains disent à dessein - des bouleversements, voire le chaos, dans de vastes pans de la société américaine ».
L'administration Trump a déjà commencé à limoger certains employés fédéraux, selon le Washington Post. Une employée du Bureau de gestion des ressources humaines (Office of Personnel Management, OPM) a confirmé à l'AFP - sous couvert d'anonymat - avoir été licenciée jeudi, informée lors d'une visioconférence réunissant près de 100 personnes.
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Cette salariée, comme plusieurs autres, était encore en période d'essai. Elle a ensuite reçu une lettre de Charles Ezell, directeur par intérim de l'OPM, confirmant son licenciement. Le département des Anciens combattants a été l'un des premiers à officialiser ces licenciements, annonçant jeudi avoir congédié plus de 1 000 employés en période d'essai.
D'après les dernières données gouvernementales, plus de 200 000 employés fédéraux sont en période probatoire, un statut qui facilite leur renvoi. Parmi eux, certains sont de jeunes diplômés, tandis que d'autres, plus expérimentés, avaient quitté le secteur privé pour rejoindre le service public.
Face à cette vague de licenciements, une opposition se structure. Dans les couloirs du Sénat américain, quelques dizaines de manifestants font du porte-à-porte. « L'objectif est de se faire entendre », déclare Steve, 33 ans, qui, comme de nombreux fonctionnaires inquiets pour leur avenir, préfère garder l'anonymat par crainte de représailles. « Nous sommes Américains et nous faisons cela parce que nous croyons au service public », explique-t-il à l'AFP. Des manifestations similaires ont lieu dans la capitale et ses environs, où travaillent des centaines de milliers d'agents fédéraux. Si la mobilisation reste modeste comparée aux manifestations de 2017, elle s'intensifie via les réseaux sociaux.
Par ailleurs, une vingtaine de fonctionnaires intégrés aux effectifs pilotés par Elon Musk ont présenté leur démission collective mardi dans une lettre adressée à la Maison-Blanche. Leur départ représente près d'un tiers du personnel du Doge. Par ailleurs, un malaise gagne même les rangs républicains. John Curtis, sénateur du parti de Donald Trump, a ainsi exhorté Elon Musk à faire preuve de « compassion ».
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L'administration Trump a également annoncé mercredi une coupe drastique dans l'aide internationale américaine. L'agence américaine de développement (USAID) voit ainsi 92 % de ses financements supprimés, ce qui représente une économie de près de 60 milliards de dollars, selon la Maison-Blanche. En outre, sur les 9 100 subventions accordées par le département d'État, représentant un total de 15,9 milliards de dollars, 4 100 ont été annulées, pour un montant estimé à 4,4 milliards. L'USAID affirme toutefois maintenir des subventions « vitales », notamment pour l'aide alimentaire et les traitements contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Des programmes d'assistance sont également maintenus pour des pays comme le Liban, Haïti, le Venezuela et Cuba. L'agence, qui comptait plus de 10 000 employés, a annoncé le 23 février le licenciement de 1 600 agents aux États-Unis et la mise en congé administratif de la majorité de son personnel.
(Avec AFP)
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