Surprise : ce n'est pas Elon Musk qui dirige le Doge
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La nomination d’Amy Gleason survient dans un climat de tension croissante autour du Doge.
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La nomination d’Amy Gleason survient dans un climat de tension croissante autour du Doge.
Contrairement aux apparences, ce n'est pas le milliardaire Elon Musk qui dirige le département de l'efficacité gouvernementale (Doge), mais une discrète fonctionnaire nommée précipitamment : Amy Gleason.
La Maison-Blanche a finalement accepté, mardi 25 février, de donner le nom de l'administratrice par intérim de l'agence chargée d'« optimiser » l'administration fédérale des États-Unis, après des semaines de spéculations et de pressions judiciaires.
Mercredi dernier, à Miami, Donald Trump assurait encore : « J'ai signé un décret créant le département de l'efficacité gouvernementale et j'en ai confié la responsabilité à un homme nommé Elon Musk. » Puis, lors d'un briefing, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a explicitement refusé de révéler le nom de la personne qui dirige officiellement le Doge. En réalité, cet arrangement signifie que Musk n'a pas le rôle légal de chef du Doge, même s'il supervise et semble diriger ses activités.
Sur sa page LinkedIn, Amy Gleason, 53 ans, se présente comme conseillère principale auprès du Doge, qui a pris la place de l'US Digital Service (USDS). Elle a d'ailleurs travaillé dans cette agence fondée par le président Barack Obama durant le premier mandat de Trump, de 2018 à 2021 et sous la présidence de Joe Biden. Son CV précise en outre qu'elle a passé les trois dernières années chez Russell Street Ventures, une société d'investissement dans le domaine de la santé installée à Nashville, dans le Tennessee.
La nomination d'Amy Gleason survient dans un climat de tension croissante autour du Doge : pas moins de 21 employés fédéraux ont démissionné, refusant d'utiliser leurs compétences techniques pour « démanteler des services publics essentiels ». Leur départ groupé représente une réduction de près d'un tiers du personnel. « Nous avons juré de servir le peuple américain et de respecter notre serment au fil des administrations au pouvoir. Néanmoins, il est devenu évident que nous ne pouvons plus honorer ces engagements », écrivent-ils dans une lettre adressée à la directrice de cabinet de la Maison-Blanche, Susie Wiles.
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Mais si Elon Musk n'est pas officiellement à la tête du Doge, son influence reste considérable. Formellement, il est « employé gouvernemental spécial » (SGE) au bureau de la Maison-Blanche 130 jours par an. Mais il reste le visage public de l'administration Trump, s'exprimant à tout bout de champs sur les efforts de réduction des coûts et publiant sur X (anciennement Twitter) les menaces de licencier les fonctionnaires fédéraux qui ne se conformeraient pas à ses demandes.
Ce placement du Doge au sein du bureau exécutif du président crée en outre un obstacle potentiel aux demandes d'accès à l'information. Des juges fédéraux ont ainsi dû intervenir pour restreindre l'accès à certaines données et systèmes, ou pour questionner la constitutionnalité de son existence.
Au cœur du débat : la clause des nominations de la Constitution américaine. Celle-ci exige que les hauts fonctionnaires fédéraux soient nommés par le président et confirmés par le Sénat, ce qui n'est pas le cas d'Elon Musk. Ni d'ailleurs, d'Amy Gleason.
La réticence de la Maison-Blanche à révéler l'identité de l'administrateur du Doge a alimenté les soupçons. « Il n'y a pas de plus grande menace pour la démocratie que la concentration du pouvoir étatique entre les mains d'un seul individu non élu », souligne une plainte déposée par 14 procureurs généraux d'État.
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Cette opacité pose la question du contrôle démocratique sur une entité aux pouvoirs étendus, qui se dit capable de licencier des fonctionnaires, d'annuler des contrats et même de démanteler des agences fédérales entières.
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