Etats-Unis : le déficit budgétaire grimpe en 2024
latribune.fr

En cause de la hausse du déficit américain, des recettes supplémentaires insuffisantes pour combler la forte hausse du service de la dette.
ANDREW KELLY
latribune.fr

En cause de la hausse du déficit américain, des recettes supplémentaires insuffisantes pour combler la forte hausse du service de la dette.
ANDREW KELLY
Le déficit budgétaire des Etats-Unis a grimpé en 2024, les recettes supplémentaires issues des impôts n'ayant pas suffi à combler la forte hausse du service de la dette en période de taux élevés. Une annonce qui intervient à moins de trois semaines de l'élection présidentielle américaine.
A l'issue de l'exercice fiscal 2024, clos le 30 septembre, le déficit a ainsi monté à 6,4% du produit intérieur brut (PIB), contre 6,2% en 2023, a annoncé vendredi le département américain du Trésor. En chiffres ronds, le déficit américain s'élève donc à 1.833 milliards de dollars, en hausse de 8% par rapport à l'année précédente.
« L'administration Biden-Harris reste concentrée sur la croissance à long terme de notre économie, avec des investissements historiques dans les infrastructures, la manufacture et les énergies propres, tout en tenant compte de nos perspectives financières à long terme », a tenté de rassurer la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, citée dans un communiqué publié à l'occasion de la publication de ces chiffres.
Dans le détail, d'octobre 2023 à septembre 2024, les recettes sont en hausse de 11%, à 4.919 milliards de dollars. Les impôts versés par les ménages américains ont en effet été plus élevés qu'au cours de l'année précédente, car leur situation financière s'est améliorée en raison de la hausse de l'emploi et des salaires, a précisé un responsable du Trésor à des journalistes.
Les dépenses, elles, ont augmenté de 10%, à 6.752 milliards. Cela est notamment dû à la hausse de près d'un tiers du service de la dette, alors que les taux d'intérêts se trouvaient à leur plus haut niveau depuis le début des années 2000. La banque centrale américaine (Fed), cependant, a commencé à abaisser ses taux en septembre, et devrait continuer sur sa lancée au cours des prochains mois, encouragée par le ralentissement de l'inflation.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

En juin, le Bureau du budget du Congrès (CBO) avait prévu un déficit de 1.900 milliards de dollars pour 2024. Cet organisme indépendant, chargé de fournir au Congrès américain des analyses budgétaires et économiques, avait également prévu que celui-ci devrait ensuite grimper plus que prévu au cours des dix prochaines années, poussé par les coûts des intérêts de la dette, et de l'aide à l'Ukraine. Mais il avait aussi évalué que l'immigration devrait gonfler le PIB de 8.900 milliards de dollars sur la période.
A noter : le déficit américain de l'année 2024 a atteint le troisième montant le plus élevé de l'Histoire des Etats-Unis, après les records de 2020 et 2021 liés à la crise du Covid. Les comptes de la première économie mondiale avaient alors été plombés par l'explosion des dépenses publiques. En 2022 pourtant, le déficit avait été largement réduit. Mais il est reparti à la hausse en 2023, puis en 2024, sous l'effet des intérêts élevés à payer face à la faramineuse dette américaine.
La situation budgétaire des Etats-Unis est un sujet important de l'élection du 5 novembre prochain, et les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir une politique qui ferait encore grimper la dette. Dans moins de trois semaines, les électeurs devront choisir entre la candidate démocrate et vice-présidente de Joe Biden, Kamala Harris, et l'ancien président républicain, Donald Trump.
Un responsable de l'administration Biden a ainsi déploré que les républicains du Congrès soient « responsables des baisses d'impôts qui ont conduit à des niveaux de revenus moins élevés, accroissant la dette », et qu'ils « continuent d'appeler à des baisses d'impôts massives ».
En parallèle de la communication du Trésor américain, Donald Trump et Kamala Harris ont déplacé vendredi leur duel dans le Michigan, l'un des Etats les plus disputés de la campagne présidentielle. « On va rendre sa grandeur à Detroit », a lancé le républicain en meeting dans la première ville de l'Etat, au terme d'une journée où le candidat a beaucoup parlé de l'industrie automobile qu'il entend protéger et faire renaître en imposant des taxes aux voitures construites à l'étranger. De son côté, Kamala Harris s'est notamment arrêtée à Lansing, la capitale de l'Etat. Elle y a prôné un rôle fort pour les syndicats et dénoncé les « promesses creuses » de son rival.
À lire également
La France patauge dans son déficit
À titre de comparaison, le déficit public américain est, en pourcentage du PIB, proche de celui de la France, qui s'est élevé à 6,1% en 2024, largement supérieur au plafond européen de 3%. Cela vaut à l'Hexagone une procédure de l'UE pour déficit excessif, avec six autres pays, ayant dépassé l'an dernier la barre de 3% fixée par le Pacte de stabilité. Ils doivent prendre des mesures correctrices, sous peine de sanctions financières. Le gouvernement français s'est donné pour objectif de le ramener à 5% en 2025, ce qui représente un effort de plusieurs dizaines de milliards d'euros.
(Avec AFP)
latribune.fr
Claire Thoury (CESE) : « La France a besoin de contre-pouvoirs et de corps intermédiaires »
🔴 Accord avec l'Iran, G7 à Évian, Le Pen et les retraites... L'essentiel de l'actualité ce lundi
G7 d’Évian : derrière le sourire, la guerre économique entre alliés
Iran : Trump annonce un accord imminent, malgré les tensions avec Israël