... Moec, chef économiste du Groupe AXA et responsable de la recherche d’AXA IM.
Le résultat des élections législatives de mi-mandat mardi aux États-Unis va déterminer les marges de manœuvre politique de Joe Biden pour les deux ans à venir. Sur fond de mécontentement croissant de la population face à la hausse des prix, les observateurs de la vie politique américaine s'attendent à ce que le camp démocrate au pouvoir soit privé de ses majorités au Parlement. Les Républicains sont bien partis pour reprendre le contrôle de la Chambre des représentants, renouvelée entièrement, voire du Sénat, renouvelé au tiers.
Si le président démocrate perd sa majorité, qu'est-ce qui va changer sur le plan de la politique économique et monétaire ? Alors que la banque centrale américaine (Fed) opère depuis plusieurs mois un durcissement monétaire, en relevant progressivement ses taux afin de juguler la forte inflation sur fond de menace de récession, faut-il s'attendre à un changement de stratégie ? Quelles seraient les conséquences sur le budget américain ? Éléments de réponse avec Gilles Moec, chef économiste du groupe Axa et responsable de la recherche d'Axa IM.
« Le consensus est de penser qu'un gouvernement divisé entre la Maison Blanche et le Congrès va conduire à davantage d'impasses politiques et à un ralentissement des programmes du président Joe Biden », selon Art Hogan, analyste chez B. Riley Wealth Management, cité par l'AFP.
Mais finalement, ça ne va pas forcément grand-chose. Car, durant les deux premières années de son mandat, Joe Biden a pu, avec l'appui des deux chambres du Congrès contrôlées par les démocrates depuis 2020, mettre en œuvre certaines de ses promesses de campagne, en matière de développement des énergies renouvelables, de lutte contre la pandémie de Covid-19, ou de plan de rénovation des infrastructures défaillantes du pays. En cas de défaite des démocrates à l'occasion de ces élections de mi-mandat, « une "paralysie" de l'initiative de la Maison-Blanche dans le domaine économique dans les deux ans qui viennent ne changerait donc pas grand-chose parce que Joe Biden a un peu épuisé son programme législatif en matière strictement budgétaire », estime Gilles Moec, chef économiste du groupe Axa et responsable de la recherche d'Axa IM.