La Chambre américaine des représentants a largement rejeté jeudi un nouveau texte budgétaire des républicains visant à éviter une paralysie de l'Etat fédéral, un échec cinglant qui accroît l'incertitude avant l'heure fatidique de vendredi soir minuit.
L'heure tourne à Washington. Si les parlementaires américains n'arrivent pas à un accord sur un nouveau texte budgétaire avant minuit, le gouvernement fédéral risque d'entrer en « shutdown ». Les élus républicains, majoritaires à la chambre des représentants, avaient soumis au vote jeudi une nouvelle proposition au lendemain du torpillage par Donald Trump et Elon Musk d'un précédent accord négocié avec les démocrates qui aurait évité aux Etats-Unis un « shutdown » juste avant Noël.
La proposition alternative des républicains, soutenue par Donald Trump et Elon Musk, incluait notamment un report de l'échéance sur le plafond de la dette à janvier 2027, une disposition voulue par Trump. Malgré cela, le texte a été rejeté n'obtenant même pas la majorité simple à la Chambre. Trente-huit républicains se sont joints aux démocrates pour voter contre, rendant l'impasse budgétaire encore plus complexe.
Avant le vote, Hakeem Jeffries, chef de file des démocrates à la Chambre, avait qualifié la proposition républicaine de « pas sérieuse » et de « risible ». De leur côté, les démocrates exhortent le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, à revenir à l'accord initialement négocié. Il a promis de « trouver une solution ». La Maison-Blanche s'est également opposée à la proposition républicaine, accusant les élus de « suivre les ordres de leurs donateurs milliardaires aux dépens des Américains qui travaillent dur », selon Karine Jean-Pierre, porte-parole du président Joe Biden.
Près d'un million de fonctionnaires risquent le chômage technique
En l'absence d'accord, environ 875.000 fonctionnaires fédéraux pourraient se retrouver au chômage technique, selon Shai Akabas, expert au Bipartisan Policy Center. Et quelque 1.4 million d'employés considérés comme essentiels, comme les contrôleurs aériens ou les forces de l'ordre, continueraient à travailler, mais sans salaire immédiat.
Le coût économique d'un shutdown est loin d'être négligeable. « Le simple fait de devoir se préparer à un 'shutdown' entraîne des coûts », notamment pour « le contribuable », ajoute Shai Akabas. Les marchés ne sont généralement pas durement touchés par un « shutdown », mais les analystes pourraient se demander s'il s'agit d'un signal avant-coureur de la nouvelle administration, commente David Wessel, de Brookings Institution.
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« Il a été démontré que les 'shutdown' ont un impact sur l'économie américaine, réduisant la croissance d'environ 0,2 point de pourcentage une fois que les effets sur le secteur privé sont pris en compte », a expliqué Thibault Denamiel, chercheur au groupe de réflexion américain Center for strategic and international studies (CSIS).
Si aucune solution n'est trouvée rapidement, la durée de ce shutdown reste incertaine. Bernard Yaros, analyste chez Oxford Economics, estime qu'il pourrait s'étendre jusqu'à deux semaines, le temps d'une période de paie habituelle aux États-Unis. En 2018-2019, le shutdown le plus long de l'histoire des États-Unis, qui a duré 34 jours, avait causé des perturbations majeures, notamment dans les parcs nationaux où des dommages avaient été signalés en raison de l'absence de personnel.