L'ombre d'un « shutdown » revient aux États-Unis : des républicains frondeurs s'opposent au budget
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Le vote du budget 2025 coince outre-Atlantique. Les élus de la Chambre des représentants se sont opposés mercredi à sa prolongation temporaire jusqu'en mars 2025, soit après la prise de fonction du candidat élu à la présidentielle du 5 novembre, à 220 voix contre et 202 pour. Or, le temps est compté : le budget doit être adopté par le Congrès américain d'ici fin septembre - fin de l'exercice fiscal - pour que l'ensemble des services restent financés.
Autrement, ce serait le « shutdown » : des millions de fonctionnaires au chômage technique, certaines aides alimentaires suspendues, le trafic aérien perturbé. Tous les services de l'État ne seront évidemment pas paralysés. Les services essentiels continueront de fonctionner, comme la protection des frontières, les soins médicaux hospitaliers, le maintien de l'ordre ou encore la maintenance du réseau électrique. Les fois précédentes, les dépenses liées aux retraites ainsi qu'à la santé des personnes à bas revenus et âgées avaient également été maintenues, mais les demandes d'inscriptions avaient été repoussées, précise le Comité pour un budget fédéral responsable (CFRB).
Si le texte n'est pas passé ce mercredi, c'est parce que plus d'une dizaine de républicains se sont joints aux démocrates pour s'opposer à cette proposition de prolongation émise par leur parti, privant ce dernier de sa courte majorité à la Chambre. Ces élus sont inquiets de voir la limite du budget repoussée de nouveau et souhaitent une plus grande rigueur fiscale.
Un autre texte législatif a été adjoint à cette proposition de budget. Le « Save Act », qui exigerait que les électeurs apportent une preuve de citoyenneté lors de l'inscription sur les listes électorales pour les élections fédérales. Donald Trump avait précédemment menacé de « provoquer un "shutdown" du gouvernement en un clin d'œil (...) » s'il n'était pas inscrit dans le projet de loi. Ce mercredi, avant le vote, il a déclaré sur son réseau Truth Social que « si les républicains n'obtenaient pas le "Savec Act" dans son intégralité, ils ne devraient pas accepter » la prolongation du budget. L'administration Biden, elle, s'oppose à cette mesure soulignant que le vote des non-citoyens est déjà illégal et qu'il n'y a aucune preuve que les migrants sans papiers participent aux élections.
Ce rejet du projet de loi a en tout cas a provoqué la colère de l'élue démocrate Rosa DeLauro, à la tête de la commission parlementaire dédiée au budget fédéral. Elle a dénoncé dans un communiqué mercredi l'attitude des républicains qui « ont failli à l'une de leurs tâches les plus simples ». « Il nous reste sept jours ouvrés pour garder le gouvernement en fonctionnement », a-t-elle rappelé. Le compte à rebours est lancé.
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Un « shutdown » serait risqué pour le camp républicain, à sept semaines de l'élection présidentielle. Car l'ensemble de la Chambre des représentants sera à cette occasion renouvelé. Et certains élus républicains, qui sont sur la corde raide, s'inquiètent de cette perspective peu populaire de paralysie du pays qui pourrait menacer leurs chances d'être réélu.
Il faut dire que le « shutdown » est loin d'être anodin. Le plus long de l'histoire des États-Unis, entre décembre 2018 et janvier 2019, avait duré 34 jours sous la présidence de... Donald Trump. La fermeture partielle des services de l'État fédéral pendant plus d'un mois avait alors coûté 11 milliards de dollars à l'économie américaine, selon les services du budget du Congrès, qui estimaient qu'environ trois milliards ne pourraient être récupéré.
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L'ombre du « shutdown » avait aussi plané l'année dernière. Les élus de la frange la plus à droite des républicains à la Chambre des représentants, proches de Donald Trump, avaient réussi à bloquer l'adoption de tout budget, contraignant la première économie du monde à fonctionner à court terme, voire très court terme. En effet, pour pallier un accord sur un budget annuel, le Congrès a dû fonctionner par une série de mini-lois pour prolonger le budget de quelques jours, semaines ou mois. Le vote final du budget avait alors eu lieu à la fin du mois de mars 2024, alors que l'année fiscale avait débuté le 1er octobre précédent.
(Avec AFP)
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