Evergrande au bord du crash, Kaisa suspendue à la Bourse de Hong Kong

Pour la première fois, Evergrande a échoué mardi à rembourser ses créanciers. Le poids lourd de l'immobilier, qui croule sous les dettes, n'a pas honoré les paiements de coupons obligataires à l'expiration d'un délai de grâce d'un mois. Cette situation fait trembler les autorités qui se sont invitées lundi dans le pilotage de l'entreprise. De plus, son concurrent Kaisa est lui aussi dans l'incapacité de rembourser quelque 400 millions de dollars dus sur des intérêts d'emprunt.

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Evergrande, qui croule sous une dette de quelque 260 milliards d'euros, n'a pas réussi à rembourser 82,5 millions de dollars (73,3 millions d'euros).
Evergrande, qui croule sous une dette de quelque 260 milliards d'euros, n'a pas réussi à rembourser 82,5 millions de dollars (73,3 millions d'euros). (Crédits : TYRONE SIU)

La saga Evergrande continue. Alors que l'Etat chinois vient de placer ses pions à la tête du promoteur immobilier pour éviter la catastrophe, Evergrande est en chute libre en Bourse ce matin, avec un repli de plus de 5%. Le géant s'approche en effet d'un défaut faute d'avoir honoré le paiement d'un coupon obligataire. De plus, Kaisa Group Holdings, son concurrent également surendetté vient de suspendre sa cotation à la Bourse de Hong Kong.

Evergrande, qui croule sous une dette de quelque 260 milliards d'euros, n'a pas réussi à rembourser 82,5 millions de dollars (73,3 millions d'euros) qu'il devait payer à ses créanciers à l'échéance d'une période de grâce de 30 jours. Le groupe se débat depuis plusieurs mois pour honorer ses paiements d'intérêts et ses livraisons d'appartements. Le 6 novembre, il aurait dû s'acquitter de ce remboursement. Evergrande disposait en effet d'un délai d'un mois supplémentaire pour se mettre en règle. L'échéance a pris fin mardi à la mi-journée (heure de Pékin).

Déjà vendredi, le géant avait fait savoir qu'il pourrait ne pas être en mesure d'honorer ses obligations financières. Ce qui a valu à son patron, Xu Jianyin, d'être convoqué dans la foulée par les autorités locales du Guangdong. Ce défaut pourrait constituer le plus gros défaut jamais observé en Chine, ce qui fait trembler le gouvernement alors qu'Evergrande emploie 200.000 personnes et son activité génère 3,8 millions d'emplois dans le pays, selon l'entreprise. Le premier promoteur immobilier gère plus de 1.300 projets immobiliers dans le pays.

Avec 300 milliards de dollars de dettes, il se retrouve désormais au cœur d'une crise immobilière qui déjà a balayé cette année une douzaine d'entreprises de plus petites envergures. Toutefois, les espoirs d'une restructuration de la dette du groupe apaisent en partie les craintes d'une faillite retentissante.

Effet domino

Comme si cela ne suffisait pas, Kaisa Group Holdings, un autre promoteur dont la situation financière inquiète les marchés, a annoncé mercredi suspendre sa cotation à la Bourse de Hong Kong. Dans un communiqué, le 27e promoteur chinois en termes de chiffre d'affaires mais l'un des groupes immobiliers les plus endettés du pays, a indiqué suspendre avec effet immédiat cette cotation, "dans l'attente de la publication d'une annonce contenant des informations confidentielles".

Le groupe de Shenzhen (dans le sud), qui compte 17.000 salariés et qui avait été en 2015 le premier groupe immobilier chinois à faire l'objet d'un défaut de paiement sur des obligations en dollars, n'a donné aucune autre explication. Dans l'incapacité de rembourser quelque 400 millions de dollars dus sur des intérêts d'emprunt, Kaisa avait proposé le mois dernier à ses créanciers d'échanger leurs obligations contre de nouveaux titres remboursables dans un an et demi. L'offre, qui devait obtenir l'aval de 95% des porteurs, a été rejetée.

Face au risque de faillite de plusieurs promoteurs, les acheteurs sont méfiants et le prix des logements neufs se sont inscrits en repli en septembre - une première en Chine depuis six ans.

(Avec agences)

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Commentaires 4
à écrit le 09/12/2021 à 10:03
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Ne manquez pas de lire "Terres rares" de Jean Tuan chez C.L.C. Editions (sortie le 09 mars 2020). Un récit épicurien et érudit qui dévoile les menaces que la Chine fait peser sur le monde. Ecrit par un observateur attentif et sans parti-pris de la C...

à écrit le 09/12/2021 à 1:42
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En Espagne un phenomene analogue s'est deroule dans les annees 2000. Aujourd'hui c'est la Chine. Toujours les meme exces. La goinfrerie....

à écrit le 08/12/2021 à 11:55
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Bon, et bien voilà une bonne nouvelle. Depuis le temps que tout le monde en a marre, de ce système financier qui tient artificiellement par la création monétaire. Une bonne crise, c'est ça qu'il nous faut. Plus vite elle arrivera, plus tôt elle sera ...

à écrit le 08/12/2021 à 11:38
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Pour détruire une bulle de pierre rien de mieux que de la dynamite, bravo aux chinois, c'est au sein de dictature qu'il existe encore un peu de marge de manœuvre politique c'est pour dire comme nos oligarchies nous ont fait tomber bien bas.

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