Faute de soutien dans son propre camp, le gouvernement américain reporte un accord commercial avec l'Asie

Lundi, la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, a annoncé le report de la présentation du Cadre économique pour l'Indo-Pacifique (IPEF) qui devait être dévoilé cette semaine. Une décision qui fait suite à des critiques au sein du parti démocrate qui accusent l’accord de mettre en danger des emplois américains.
« Des progrès significatifs ont été accomplis, mais il semble qu'ils ne soient pas suffisants et qu'il faille poursuivre les travaux », a déclaré Janet Yellen à la presse.
« Des progrès significatifs ont été accomplis, mais il semble qu'ils ne soient pas suffisants et qu'il faille poursuivre les travaux », a déclaré Janet Yellen à la presse. (Crédits : AMIT DAVE)

La réunion annuelle de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec), est un sommet stratégique pour les Etats-Unis. Un événement au cours duquel Washington prévoyait d'annoncer des progrès dans la mise en place du Cadre économique pour l'Indo-Pacifique (IPEF), créé l'année dernière par l'administration de Joe Biden, mais sur encore balbutiant.

Cet accord commercial, bien qu'il n'offre pas d'accès aux marchés, a pour objectif de faciliter les échanges commerciaux entre 14 pays, de la Corée du Sud à l'Australie, à l'exclusion de la Chine. Il doit ainsi permettre d'établir des normes pour les entreprises d'environ 40% de l'économie mondiale, dont trois des cinq plus grandes économies du monde - les États-Unis, le Japon et l'Inde.

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Un pacte commercial pas encore achevé

Mais, lundi 13 novembre, la secrétaire au Trésor Janet Yellen a annoncé un report du pacte, prétextant qu'il restait encore du travail à faire sur la partie la plus controversée de l'IPEF, à savoir le volet commercial.

« Des progrès significatifs ont été accomplis, mais il semble qu'ils ne soient pas suffisants et qu'il faille poursuivre les travaux », a-t-elle déclaré à la presse après avoir dirigé les discussions des ministres des Finances de l'APEC.

« Dans un certain nombre de domaines qui, selon moi, sont d'une importance cruciale pour les États-Unis, tels que les chaînes d'approvisionnement, l'environnement, la finance durable, nous avons réalisé d'énormes progrès (...) Nous avons également progressé dans le domaine du commerce, mais il semble que le processus ne soit pas achevé », a-t-elle ajouté.

Risque de division au sein du camp démocrate

Mais au-delà de l'argument de travaux non finis, le gouvernement de Joe Biden a surtout peur que la conclusion de ce pacte ne provoque une crise politique aux Etats-Unis. En effet, à la veille du sommet, le sénateur Sherrod Brown, membre du parti démocrate et proche des syndicats, bien placé pour être réélu l'année prochaine dans l'Ohio, a demandé que la partie sur le commerce soit totalement retirée de l'IPEF.

« Tout accord commercial qui n'inclut pas de normes de travail applicables est inacceptable », a déclaré Sherrod Brown qui craint qu'il mette en danger les emplois américains.

Une critique venant du propre camp de Joe Biden et qui inquiète le président en place puisque celui-ci tient à fédérer ses soutiens au moment où les démocrates ne disposent que d'une faible majorité au Sénat. Or certains membres du parti craignent que l'IPEF ne soit une réédition du Partenariat transpacifique (TPP), un accord de libre-échange plus ambitieux que l'ex-président Barack Obama avait proposé à ses alliés asiatiques.

Donald Trump a, lui aussi, dénoncé cet accord comme ignorant les intérêts des travailleurs américains et s'en est retiré immédiatement après son arrivée à la Maison Blanche en 2017.

Des avancées en matière de climat attendues à l'Apec

La réunion annuelle de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique est un événement économique, mais aussi climatique, assurent les Etats-Unis. Car le développement économique ne peut être dissocié de la nécessité immédiate de sevrer l'humanité des sources d'énergie qui réchauffent la planète, a insisté Janet Yellen, lundi 13 novembre, soulignant que les pays les moins riches avaient besoin d'aide pour franchir le pas. Les discussions ont donc porté notamment sur « la manière de financer des transitions énergétiques efficaces et effectives tout en soutenant les individus et les communautés les plus vulnérables », a-t-elle précisé.

La secrétaire au Trésor a cité en exemple les « Partenariat pour une transition énergétique juste » (JETP) mis en place au Vietnam et en Indonésie. Ces accords définissent des conditions pour que des pays riches s'engagent à aider financièrement la transition énergétique des pays en développement. Le JETP pour l'Indonésie, la première économie d'Asie du sud-est, a ainsi été dévoilé l'an passé. Il prévoit un financement public et privé jusqu'à 20 milliards de dollars en échange du plafonnement des émissions du secteur de l'électricité d'ici 2030 et de l'atteinte du niveau zéro d'émission en 2050.

(Avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 15/11/2023 à 8:28
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Ah la mondialisation en a prit un gros coup sur le crâne ces dernières années ! Le début des hostilités économiques ayant été initié par Trump, le vilain petit canard.

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