Gaza : les discussions pour un cessez-le-feu devraient reprendre le 15 août
latribune.fr
Le cabinet du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, s'est montré favorable à une reprise des discussions sur un cessez-le-feu à Gaza à partir du 15 août.
Israël a accepté, jeudi, de reprendre le 15 août les discussions en vue d'une trêve dans la bande de Gaza et d'une libération des otages par le Hamas, après une intervention des Etats-Unis, de l'Egypte et du Qatar qui ont prévenu les deux belligérants qu'il n'y a « plus de temps à perdre ni d'excuses » pour de nouveaux atermoiements.
[Article publié le 9 août 2024 à 8h35 et mis à jour à 14h17] C'est un petit pas vers une trêve à Gaza. Jeudi, Israël s'est montré favorable à une reprise, le 15 août, des discussions sur un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Et ce, alors que les combats continuent et viennent de faire 18 morts après frappes israéliennes, jeudi, sur deux écoles, selon le mouvement islamiste palestinien Hamas, et sur fond de craintes d'escalade militaire généralisée au Moyen-Orient.
Des frappes justifiées par l'armée israélienne qui a affirmé que ces écoles étaient « utilisées par les terroristes et les commandants du Hamas, d'où ils planifiaient et menaient des attaques ». L'armée israélienne a, par ailleurs, déclaré ce vendredi être engagée dans des combats « au sol et souterrains pour éliminer des terroristes » dans la région de Khan Younès, la grande ville du sud du territoire réduite en ruines, où des frappes aériennes ont visé « plus de 30 cibles terroristes du Hamas ».
« A la suite de la proposition des Etats-Unis et des médiateurs, Israël enverra le 15 août une délégation de négociateurs à l'endroit qui sera convenu pour conclure les détails de concrétisation d'un accord »,a annoncé, jeudi soir dans un communiqué, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahou.
Un peu plus tôt, Washington, Le Caire et Doha avaient invité les parties adverses à reprendre leurs discussions le 15 août, indiquant qu'un accord-cadre était « maintenant sur la table, et qu'il ne manquait que les détails de son application ».
« En tant que médiateurs nous sommes prêts, si nécessaire, à présenter une proposition finale qui pourrait résoudre les questions de mise en application (d'un accord) d'une manière qui réponde aux attentes de toutes les parties », ajoute le texte.
Le Qatar, l'Egypte et les Etats-Unis en coulisses
Le Qatar est engagé depuis des mois dans des négociations en coulisses, avec le soutien du Caire et de Washington, pour tenter de parvenir à une trêve et à un accord sur la libération des otages israéliens enlevés par le Hamas et retenus dans la bande de Gaza. La perspective d'une cessation des hostilités s'articule autour d'un accord par étapes, commençant par un cessez-le-feu.
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Les dernières discussions étaient basées sur un cadre défini par le président américain, Joe Biden, à la fin du mois de mai, qui, selon lui, avait été proposé par Israël. La dernière proposition pour un accord-cadre « est basée sur les principes » énoncés précédemment par Joe Biden, indique, en effet, le communiqué.
« Le moment est venu de conclure un cessez-le-feu et un accord pour la libération des otages et des prisonniers »,poursuit le texte, selon lequel« il n'y a plus de temps à perdre ni d'excuses pour aucune des parties pour justifier un retard supplémentaire ».
De son côté, le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a souligné, ce vendredi, « l'importance de parvenir rapidement à un accord qui garantira le retour des otages retenus par le Hamas à Gaza », ont annoncé ses services après un entretien téléphonique entre le ministre et son homologue américain, Lloyd Austin.
Encore beaucoup de travail
« Ce n'est pas comme si l'accord allait être prêt à être signé jeudi. Il y a encore beaucoup de travail à faire », a déclaré un haut fonctionnaire de l'administration Biden à propos des pourparlers qui font suite aux appels entre Biden et les dirigeants égyptien et qatari cette semaine. Mais Israël s'est montré « très réceptif » à l'idée de ces pourparlers, a déclaré ce haut fonctionnaire sous couvert d'anonymat, rejetant les suggestions selon lesquelles Benjamin Netanyahou ferait traîner les choses.
Benjamin Netanyahu« a marqué des points »avec la mort d'Ismaïl Haniyeh,« il se trouve davantage en position de force maintenant, mais je crois qu'il essaie aussi de s'aligner sur les Etats-Unis, dont Israël a tellement besoin pour faire face à de potentielles attaques de l'Iran et du Hezbollah », a estimé le chercheur Chuck Freilich, ancien conseiller à la sécurité nationale d'Israël.
Par ailleurs, le chef des forces américaines au Moyen-Orient, le général Erik Kurilla, est arrivé ce vendredi en Israël, pour sa deuxième visite cette semaine, alors que les Etats-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région.
Ce développement intervient après la nomination à la tête du Hamas de Yahya Sinouar, accusé par les autorités israéliennes d'être l'un des cerveaux de l'attaque lancée le 7 octobre par le mouvement islamiste sur le sol israélien, ce qui fait craindre que les négociations déjà difficiles ne le deviennent encore plus. Israël a juré « d'éliminer » Yahya Sinouar, qui n'est plus apparu en public depuis le 7 octobre.
Les efforts diplomatiques se poursuivent tous azimuts pour éviter un embrasement de toute la région, après que l'Iran a promis des représailles à l'assassinat du chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, le 31 juillet dans la capitale iranienne, imputé à Israël par Téhéran. La veille, Fouad Chokr, le chef militaire du Hezbollah libanais allié du Hamas, avait été tué dans une frappe israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth.
Israël a commis une « erreur stratégique » qui va lui « coûter cher » en tuant Ismaïl Haniyeh, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères par intérim, Ali Bagheri, dans un entretien avec l'AFP à Jeddah, en Arabie saoudite. Ce dernier a accusé Israël, qui n'a pas commenté la mort de Haniyeh, de vouloir « étendre la tension, la guerre et le conflit à d'autres pays ».
De son côté, l'armée américaine a indiqué que des avions de chasse furtifs F-22 étaient arrivés jeudi au Moyen-Orient, après avoir annoncé la semaine dernière un renforcement de sa présence militaire dans la région.
Le Liban, survolé plusieurs fois ces jours-ci par des avions militaires israéliens à basse altitude, reste sur le qui-vive. Les échanges de tirs le long de la frontière entre l'armée israélienne et le Hezbollah libanais, sont devenus presque quotidiens depuis le début de la guerre à Gaza. Israël combattra le Hezbollah « de toutes ses forces » s'il poursuit son agression, a assuré, jeudi, le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant.
Kamala Harris contre un embargo sur les armes envoyées à Israël
La candidate démocrate à l'élection présidentielle américaine n'envisage pas d'embargo sur les armes destinées à Israël, a rapporté, jeudi, un proche collaborateur de la candidate, une rare déclaration de son équipe de campagne au sujet de son programme pour le Proche-Orient.
« Elle n'est pas favorable à un embargo sur les armes à destination d'Israël », a déclaré Phil Gordon, son conseiller en matière de sécurité nationale. Selon lui, la vice-présidente « a été claire : elle veillera toujours à ce qu'Israël soit en mesure de se défendre contre l'Iran et les groupes terroristes soutenus par l'Iran ».
Pour rappel, les Etats-Unis restent de loin le premier soutien militaire d'Israël, ce qui divise le camp démocrate, en particulier depuis l'offensive dévastatrice menée par ce pays dans la bande de Gaza, en réaction à l'attaque sanglante du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre dernier.
Dénonçant le désastre humanitaire à Gaza et l'occupation israélienne des territoires palestiniens, l'aile gauche du parti démocrate fait pression pour une inflexion sur ce dossier épineux.