Le Moyen-Orient se prépare à de nouvelles secousses. Et, ces deux derniers jours, les nouveaux signaux d'alerte montrant que le séisme est imminent se sont allumés: Paris qui demande à ses ressortissants de quitter au plus vite l'Iran. Londres, Washington et Stockholm qui font de même avec leurs concitoyens au Liban. Air France qui prolonge la suspension de ses vols à destination du pays du Cèdre tandis que les compagnies espagnoles le font pour ceux en direction d'Israël. Et les États-Unis qui renforcent leur dispositif militaire au Proche-Orient.
Les pièces du puzzle de l'escalade sont en place et la question, désormais, n'est pas de savoir si l'Iran et ses alliés régionaux vont lancer des attaques sur Israël mais quand, où et surtout comment. « Le régime ne peut pas faire l'économie d'une réponse à ce qui s'est passé mercredi », affirme David Rigoulet-Roze. Le chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) fait évidemment référence à l'élimination, certes non revendiquée par Israël, d'Ismaïl Haniyeh à Téhéran. Elle a constitué une double humiliation pour la république islamique: non seulement le chef politique du Hamas a été tué dans un immeuble des Gardiens de la révolution supposé être ultra-sécurisé, mais cet assassinat a aussi eu lieu quelques heures après l'investiture du nouveau président, Massoud Pezeshkian. Il est également survenu après une autre élimination, assumée par Israël celle-là: celle, à Beyrouth, de Fouad Chokr, un haut cadre du Hezbollah, mouvement ami du pouvoir chiite.