Grande-Bretagne : à plus de 5%, l'inflation attendue à de nouveaux records au printemps

L'inflation britannique pourrait nettement dépasser 5% en avril, selon la Banque centrale britannique. Mais, sur la question du relèvement des taux monétaires, le ton a changé. Tandis que les conditions des emprunts octroyés par l'institution devraient se durcir dans les prochains mois, le variant Omicron pourrait influencer le calendrier prévu.

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(Crédits : Reuters)

À son plus haut depuis dix ans en octobre, selon les données de l'Office national de la statistique (ONS), l'inflation outre-Manche va poursuivre sa course effrénée pour dépasser "nettement" les 5% au Royaume-Uni en avril prochain, a estimé lundi Ben Broadbent, le gouverneur adjoint de la Banque d'Angleterre (BoE). De quoi renforcer les pronostics sur un prochain relèvement du taux directeur de la banque centrale, ce qui serait une première depuis le début de la pandémie de Covid-19. Aussi, à dix jours d'une réunion cruciale de la BoE le 16 décembre, investisseurs et économistes sont de plus en plus nombreux à miser sur un resserrement monétaire.

Dans la foulée, malgré ce pronostic, l'indice Footsie de la place londonienne restait positif lundi, en hausse de 1,48%, similaire au CAC 40, en milieu d'après-midi.

En réalité, la banque centrale confirme une tendance pour l'instant irréversible et ce que Jerome Powell avait ébauché en refusant désormais d'utiliser le mot "temporaire" pour décrire la hausse des prix aux Etats-Unis. De part et d'autre de l'Atlantique, les prix à la consommation sont en effet tirés à la hausse par les prix énergétiques, et ce, bien au-delà de l'objectif de l'institut monétaire.

En Grande-Bretagne, l'indice des prix à la consommation (CPI) a déjà augmenté de 4,2% sur un an en octobre, après une hausse de 3,1% en septembre. Et la hausse des prix du gaz et de l'électricité sur le marché européen devrait continuer de faire grimper les factures pour les consommateurs, estime M. Broadbent.

La BoE tablait jusqu'à présent sur un pic à 5% en avril. Or, cela pourrait aller bien au-delà:

"Il y a de fortes chances que l'inflation dépasse nettement 5% quand le plafond des tarifs fixés par Ofgem (le régulateur britannique de l'énergie, Ndlr) va être ajusté en avril", a précisé M. Broadbent lors d'un discours à l'Université de Leeds.

Omicron pourrait faire reculer la BoE

Le prix du gaz naturel, qui occupe une part particulièrement importante dans le bouquet énergétique du Royaume-Uni, a de son côté quintuplé environ sur un an.

Si certains observateurs appellent la BoE à agir en resserrant sa politique monétaire pour empêcher un emballement incontrôlé de l'inflation, M. Broadbent a adopté une position plus mesurée.

"Il y a encore de bonnes raisons de penser que cette inflation rapide dans les biens négociables va s'estomper et dans certains cas s'inverser, avant qu'une décision de politique monétaire prise maintenant ne puisse l'affecter", a-t-il commenté.

M. Broadbent prend l'exemple des prix du pétrole, dont les pics "ont tendance à se dissiper d'eux-mêmes après à peu près une année".

Le prix du pétrole de Brent, référence européenne, évoluait à 50 dollars le baril il y a un an et est grimpé jusqu'à plus de 85 dollars fin octobre. Mais, depuis, il a reculé et s'échange autour de 70 dollars.

La politique monétaire pourrait par ailleurs être affectée par la propagation du nouveau variant du Covid-19 Omicron, qui pourrait peser sur l'économie et pousser les banques centrales à garder des taux bas.

(Avec AFP)

Lire aussi 2 mnFrance: l'inflation accélère encore en novembre, du jamais-vu depuis 13 ans

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Commentaire 1
à écrit le 06/12/2021 à 18:29
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Etrange, cet entêtement des grands de ce monde, de conserver des taux bas. Je crois que c'est la première fois dans l'histoire, où on constate un tel acharnement à ne rien faire

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