Grèce : S&P relève la note de la dette, désormais hors de la catégorie spéculative
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C'est une « étape importante » pour la Grèce, selon le Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, au regard de son histoire économique - et, sans aucun doute, une décision attendue de longue date. En effet, vendredi, l'agence de notation Standard & Poor's (S&P) Global Ratings a relevé la note de la dette du pays, qui sort ainsi de la catégorie spéculative pour la première fois depuis 2010 et la violente crise de la dette.
Concrètement, la note passe en catégorie « investissement », de BB+/B à BBB-/A-3, ce qui l'inscrit dans la catégorie des « investissements adéquats », au lieu de « spéculatifs », indique un communiqué de S&P, la première des trois grandes agences mondiales de notation à relever ainsi l'appréciation de la note grecque.
Kyriakos Mitsotakis, réélu pour un nouveau mandat de quatre ans en juin, avait misé politiquement sur le retour de la Grèce à des emprunts de qualité.
Le mois dernier, le leader conservateur avait déclaré à Bloomberg TV que le fait de retrouver une note d'investissement était « une étape importante pour le pays après 13 années très difficiles ». La baisse des coûts d'emprunt serait « significative » pour les finances publiques de la Grèce en 2024, avait-il ajouté.
La Grèce maintiendra sa discipline budgétaire et enregistrera un excédent primaire de 0,7% du PIB cette année, avait-il aussi promis. S&P pense pour sa part que cet excédent va dépasser cette cible pour grimper à 1,2% du PIB. Le Premier ministre s'était ainsi exprimé après la décision le 8 septembre de DBRS Morningstar, basée au Canada, de déjà relever la note de crédit de la Grèce en catégorie « investissement ».
En août 2022, la Commission européenne avait cessé sa surveillance de la Grèce, mettant un terme à 12 ans de mise sous tutelle du pays, à la suite de la crise de la dette déclenchée en 2010 - tout un symbole. Marquant ainsi « un jour historique pour la Grèce et les Grecs », avait alors commenté Kyriakos Mitsotakis, dans une adresse à la nation.
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Pendant la crise économique, la Grèce avait subi une série de dégradation de sa note par les agences de notation, ce qui l'avait privée d'un accès aux marchés obligataires internationaux.
La Grèce a subi huit années d'austérité dans le cadre de trois plans de sauvetage internationaux successifs, d'une valeur totale de 289 milliards d'euros (306 milliards de dollars), mis en place en 2010, 2012 et 2015 pour éviter que le pays ne s'effondre sous le poids d'une dette de quelque 300 milliards d'euros.
Les réformes économiques exigées par les créanciers de la Grèce, l'UE et le FMI, ont eu un impact majeur, réduisant le produit intérieur brut (PIB) d'un quart en huit ans et faisant grimper le taux de chômage à plus de 27 %. Le troisième plan de sauvetage a pris fin en août 2018.
Selon les données officielles, l'économie grecque a connu une croissance de 5,6% en 2022, soutenue principalement par le plan européen de relance après la pandémie de Covid-19 et par une excellente saison touristique.
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Le dernier budget du gouvernement grec prévoit une croissance de 3,0 % en 2024, après une estimation de croissance de 1,8 % pour 2023. L'estimation de S&P est, elle, de 2,5% pour la croissance du PIB en 2023. Le montant net de la dette devrait revenir de 189% du PIB en 2020 à 146% cette année, se félicite encore l'agence.
(Avec AFP)
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