Guerre en Ukraine : la visite secrète de Gerhard Schröder à Moscou

L'ami de longue date de Vladimir Poutine et ancien chancelier de l'Allemagne s'est rendu dans la capitale russe pour évoquer le conflit en Ukraine, selon le site Politico. Le gouvernement allemand a assuré n'avoir pas été informé de cette initiative. Alors qu'il est confronté à une fronde outre-Rhin, l'ancien homme politique est toujours officiellement en poste au sein des géants énergétiques russes.

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Toujours officiellement en responsabilités auprès des géants russes de l'énergie, Gerhard Schröder a rendu visite jeudi à Vladimir Poutine, en pleine guerre menée en Ukraine par les forces armées russes, selon le site d'information Politico. L'ex chancelier, critiqué pour ses liens avec la Russie, est arrivé à Moscou via la Turquie.

L'ancien dirigeant social-démocrate, âgé de 77 ans, aurait été sollicité, dans le cadre d'un "effort de médiation", par un membre de la délégation ukrainienne qui a mené jeudi des pourparlers avec la partie russe à Antalya (Turquie), selon Politico, citant des "sources bien informées".

"L'Ukraine voulait voir si Schröder pouvait jeter un pont pour le dialogue avec Poutine", a déclaré l'une des sources à Politico. Son épouse, Kim Soyeon Kim-Schröder, a posté en début de soirée sur le réseau social Instagram une photo d'elle, les mains jointes, devant une fenêtre donnant sur le Kremlin.

Quelles sont les intentions de Gerhard Schröder à Moscou ? "Malgré la situation dramatique actuelle, la base d'un espoir que nous avons tous : qu'un dialogue sur la paix et la sécurité soit à nouveau possible sur notre continent", expliquait-il la semaine dernière.

Mise au ban en Allemagne

Mais le gouvernement allemand a assuré n'avoir pas été informé de cette visite. Interrogé en marge du sommet de l'Union européenne à Versailles, le chancelier Olaf Scholz n'a pas souhaité faire de commentaire.

En Allemagne, pays qu'il a dirigé entre 1998 et 2005, avec en point d'orgue la décision de son gouvernement de sortir du nucléaire en 2002 poursuivie par sa successeur Angela Merkel, l'ex chancelier social-démocrate subit une fronde de l'opinion publique. Devenue très dépendante du gaz russe (55% de ses importations), l'Allemagne est confrontée à un dilemme entre les protestations contre la guerre et son approvisionnement nécessaire.

D'ailleurs, dans un discours qualifié d'"historique" outre-Rhin il y a huit jours devant le Parlement, l'actuel chancelier Olaf Scholz n'exclut plus le recours au nucléaire ou encore de constituer des réserves de charbon. Malgré tout, la nouvelle coalition en place ne renonce pas à l'objectif ambitieux du pays de parvenir à la neutralité carbone d'ici à 2045.

M. Scholz a lui-même enjoint le 3 mars son ancien mentor à démissionner de ses postes. "Il n'y a pas d'affaire privée dans le cadre d'une fonction publique", a-t-il asséné la semaine dernière.

Administrateur d'entreprises russes

Lâché par une partie de ses collaborateurs, Gerhard Schröder a aussi été rappelé à l'ordre par son parti.

M. Schröder affiche de longue date sa proximité avec le président russe.

Il est en outre président du conseil d'administration de Rosneft, premier groupe pétrolier russe, et du comité d'actionnaires de Nord Stream 2, gazoduc russo-allemand controversé.

Il doit en principe entrer en juin au conseil de surveillance du géant russe Gazprom. Avant le déclenchement du conflit, il avait mis en garde Kiev et défendu la décision de Moscou de masser des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne en réaction, selon la position russe, aux mouvements américains et à ceux de l'OTAN.

S'il a ensuite condamné l'invasion de l'Ukraine, l'ex chancelier allemand a appelé à "ne pas couper complètement les liens" avec Moscou.

(Avec AFP)

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Commentaires 6
à écrit le 17/04/2022 à 17:54
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Gerhard Schroder est trop lié à Vladimir Poutine et lui a trop fait de concession pour le lien russo-germanique et le gazoduc Nordstream 2 en ex allemagne de l'est.Gerhard Schroder à la maison de retraite de l'Allemagne de louest et de la CDU. quid d...

à écrit le 07/04/2022 à 14:36
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Un espoir de real-politik au milieu de tout ce vent médiatique?

à écrit le 11/03/2022 à 17:28
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Décidément les allemands touche le fond ; aucune vision stratégique à long terme .abandon du nucléaire pour se pendre au gaz russe et au charbon .bravo les verts. S.agissant de la politique de défense le Président Français ou Présidente futur ferait...

le 12/03/2022 à 8:43
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Il y a toujours un fond de germanophobie en France. Et les Allemands le savent. Les Allemands savent aussi que les Français ne veulent coopérer avec les Allemands que pour être la première puissance de l'Europe. Mais les Allemands se méfient d'un pay...

à écrit le 11/03/2022 à 16:35
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Décider de sortir l'Allemagne du nucléaire avec pour conséquence que son pays devienne dépendant à 55% du gaz russe puis siéger en Russie à l'organisation de tout cela, cela n'est autre qu'un acte coupable de haute trahison pour intelligence avec l'e...

à écrit le 11/03/2022 à 13:05
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"Le gouvernement allemand a assuré n'avoir pas été informé de cette initiative." Signe terrible d'amateurisme, surtout en l'avouant ! Déjà que de ne pas savoir est plus qu’inquiétant espérons que non quand même ça au moins.

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