Ukraine : Olaf Scholz demande à son ancien mentor, Gerhard Schröder, de quitter ses fonctions dans les entreprises russes

Le chancelier allemand Olaf Scholz a enjoint jeudi l'ancien dirigeant Gerhard Schröder à démissionner de ses postes au sein de grands groupes russes alors que ce dernier a été lâché par une partie de son entourage en raison de ses liens étroits avec Vladimir Poutine.
Gerard Schröder, chancelier de 1998 à 2005
Gerard Schröder, chancelier de 1998 à 2005 (Crédits : MAXIM SHEMETOV)

La pression s'accentue sur Gerhard Schröder (77 ans), l'ancien chancelier allemand social-démocrate qui a dirigé l'Allemagne de 1998 à 2005. Alors que plusieurs anciens dirigeants européens, dont les chefs de gouvernement finlandais Esko Aho, italien Matteo Renzi et autrichien Christian Kern, ont démissionné des conseils d'administration des sociétés russes dans lesquels ils siégeaient, à la suite de l'invasion de l'Ukraine par les troupes de Moscou, Gerhard Schröder reste en poste, alors qu'il lâché par une partie de son entourage en raison de ses liens étroits avec Vladimir Poutine. Outre sa proximité avec le président russe qu'il qualifia de "parfait démocrate" en 2004, il est président du conseil d'administration de Rosneft, premier groupe pétrolier russe, et du comité d'actionnaires de Nord Stream 2, gazoduc russo-allemand controversé. Il doit en principe entrer en juin au conseil de surveillance du géant russe Gazprom. S'il a condamné l'invasion de l'Ukraine, l'ex chancelier allemand a appelé à "ne pas couper complètement les liens" avec Moscou.

"En ce qui concerne l'avenir, il faut veiller à ce que les sanctions nécessaires ne coupent pas complètement les liens politiques, économiques et civils qui existent encore entre l'Europe et la Russie. Ces liens sont, "malgré la situation dramatique actuelle, la base d'un espoir que nous avons tous: qu'un dialogue sur la paix et la sécurité soit à nouveau possible sur notre continent", expliquait-il la semaine dernière.

"Il serait juste qu'il se retire"

Jeudi, c'est l'actuel chancelier Olaf Scholz, dont il fut le mentor, qui lui a demandé de démissionner de ses postes au sein de grands groupes russes.

"Je ne pense pas qu'il soit juste que Gerhard Schröder exerce ces fonctions et je pense aussi qu'il serait juste qu'il se retire", a affirmé le chancelier sur la chaîne publique ZDF.

Interrogé pour savoir si cela nuit au Parti social-démocrate (SPD) dont ils sont tous deux représentants, le chef du gouvernement a assuré : "tout le monde sait que nous ne sommes pas d'accord avec" les positions de Gerhard Schröder concernant la Russie.

"Je ne sais pas (si cela nuit au SPD), je ne l'espère pas et je ne le crois pas non plus, mais mon conseil à Gerhard Schröder est de se retirer de ces fonctions", a-t-il insisté.

 Pour Olaf Scholz, les engagements de Gerhard Schröder ne relèvent pas d'une affaire privée. "Il n'y a pas d'affaire privée dans le cadre d'une fonction publique", selon lui.

Ses collaborateurs ont quitté leurs fonctions

La co-dirigeante du parti social-démocrate, Saskia Esken, a ainsi reproché le week-end dernier à Gerhard Schröder de "nuire à la réputation de l'Allemagne et de la social-démocratie". Récemment, quatre collaborateurs de l'ancien chef du gouvernement allemand (1998-2005) ont quitté leurs fonctions, selon plusieurs médias. Ces collaborateurs ont ainsi montré qu'ils avaient "plus de colonne vertébrale que Gerhard Schröder", a fustigé Sebastian Brehm, un porte-parole du groupe conservateur au Bundestag, pour qui l'ex-chancelier social-démocrate a "perdu tout crédit moral en s'accrochant aux postes lucratifs" accordés par M. Poutine.

L'ancien porte-parole du gouvernement de Gerhard Schröder, Bela Anda, a de son côté annoncé l'interruption d'un podcast qu'il enregistrait régulièrement avec l'ancien chancelier. Sebastian Roloff, député social-démocrate au Bundestag, s'est ainsi prononcé mardi en faveur de la suppression des avantages officiels dont Gerhard Schröder bénéficie en tant qu'ancien chef de gouvernement.

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Commentaires 4
à écrit le 12/03/2022 à 23:28
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Enjoindre» est un verbe transitif indirect. Cela signifie qu'il se construit avec un complément d'objet indirect et doit être introduit par une préposition: «à», «de»... «Enjoindre» ne peut donc pas être directement accolé à un nom

à écrit le 07/03/2022 à 7:03
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Ce será la premiere fois que je prends position en SA faveur, concernant un ex-dirigeant allemand. IL semble en effet, intelligent pour le present et pour l'avenir de NE pas rompre les ponts avec le gouvernement russe. L'hysterie qui envahit l'occid...

à écrit le 07/03/2022 à 7:02
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Ce será la premiere fois que je prends position en SA faveur, concernant un ex-dirigeant allemand. IL semble en effet, intelligent pour le present et pour l'avenir de NE pas rompre les ponts avec le gouvernement russe. L'hysterie qui envahit l'occid...

à écrit le 05/03/2022 à 9:18
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''Alors que plusieurs anciens dirigeants européens, dont les chefs de gouvernement finlandais Esko Aho, italien Matteo Renzi et autrichien Christian Kern, ont démissionné des conseils d'administration des sociétés russes dans lesquels ils siégeaient....

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