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Guerre en Ukraine : un tiers du gaz russe exporté vers l'UE risque d'être perdu

latribune.fr

Publié le 23 avril 2022 à 17:47 - Mis à jour le 23 avril 2022 à 17:53

Grtgaz appelle a remplir les stockages souterrains de gaz

Photo d'illustration

THOMAS PETER

Le Quotidien Numérique

02 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Un tiers du gaz exporté de Russie vers l'Union européenne risque d'être perdu en raison de la guerre en Ukraine, a déclaré samedi Iouri Vitrenko, PDG du groupe public ukrainien Naftogaz. Kiev réclame l'arrêt des importations d'hydrocarbures russes, mais des pays européens, dont l'Allemagne, mettent en garde contre la récession violente que provoquerait un tel embargo

Selon Iouri Vitrenko, PDG du groupe public ukrainien Naftogaz. un tiers du gaz exporté de Russie vers l'Union européenne risque d'être perdu en raison du conflit en Ukraine.

"Nous estimons qu'un tiers du gaz exporté de Russie vers l'Union européenne à travers l'Ukraine sera perdu si les forces (russes) d'occupation ne cessent pas de perturber le fonctionnement des stations dans les territoires récemment occupés", a écrit Iouri Vitrenko sur Twitter.

Depuis le début de l'offensive le 24 février, les troupes russes ont notamment pris le contrôle de pans de territoires ukrainiens dans le sud du pays. Elles poursuivent également leur offensive dans l'est, où elles ont fait du Donbass, formé des régions de Donetsk et Lougansk, un objectif de guerre prioritaire.

Alors que certains pays de l'Union européenne comme l'Allemagne, l'Autriche ou l'Italie par exemple sont très dépendants de Moscou sur le plan énergétique, les 27 se sont fixé comme objectif de réduire de deux tiers leurs importations de gaz russe d'ici la fin de l'année. Principal débouché des hydrocarbures russes qui assurent d'importants revenus à Moscou, l'UE a décidé début avril d'arrêter en août ses achats de charbon mais ne s'est pas encore prononcée sur un embargo sur le gaz et le pétrole.

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Kiev réclame l'arrêt des importations d'hydrocarbures russes, mais des pays européens, dont l'Allemagne, mettent en garde contre la récession violente que provoquerait un tel embargo. En visite à Kiev jeudi, le président du Conseil européen Charles Michel a assuré que des sanctions cibleraient bientôt les exportations russes de pétrole et de gaz, comme le réclame le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Jeudi encore, l'Italie, l'un des plus gros consommateurs européens de gaz, a annoncé qu'elle cesserait "bientôt" d'acheter du gaz russe "pour des raisons éthiques". De son côté, le gouvernement néerlandais a annoncé vendredi son ambition de sortir de l'indépendance au pétrole, gaz et charbon russes d'ici la fin de l'année, en misant sur les économies d'énergie, les énergies durables et l'augmentation des importations en provenance d'autres pays.

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L'Allemagne n'envisage pas de se passer du gaz russe avant mi-2024

En  revanche, le gouvernement allemand d'Olaf Scholz est l'un des principaux opposants à un arrêt immédiat des importations, estimant qu'il en va de la paix économique et sociale dans le pays, avec des conséquences sur les autres économies de l'UE. L'Allemagne n'envisage pas pouvoir se passer de gaz russe avant mi-2024, selon Berlin. Ce refus suscite l'irritation de Kiev et de plusieurs gouvernements européens.

Un embargo européen immédiat sur le gaz russe pourrait en effet coûter très cher à l'Allemagne, jusqu'à 5% de son PIB cette année, selon une estimation publiée par la banque centrale allemande vendredi.

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"Le PIB réel de l'Allemagne pourrait être jusqu'à 5% inférieur aux prévisions" en cas d'arrêt, volontaire ou subi, des importations de gaz russe, a détaillé la Bundesbank dans son rapport économique mensuel d'avril. Cela équivaudrait à un manque à gagner de "180 milliards d'euros" pour la production nationale, a-t-elle ajouté.

Dans un tel scénario, l'économie allemande pourrait enregistrer une récession de 2% cette année, estime l'étude. L'inflation, déjà galopante dans le pays, pourrait gagner "1,5 point en 2022", et "2 points en 2023", par rapport à un scénario sans embargo, selon l'institution.

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L'Allemagne, et particulièrement son industrie, est particulièrement dépendante de cette ressource, qui représentait, avant le conflit, 55% du total de ses importations de gaz.

"Je ne vois pas du tout comment un embargo sur le gaz peut mettre fin à la guerre", a répété vendredi le chancelier allemand Olaf Scholz, lors d'une interview à l'hebdomadaire Der Spiegel.

"Nous voulons éviter une crise économique dramatique, la perte de millions d'emplois et d'usines qui ne seraient plus jamais ouvertes", a-t-il ajouté.

L'Allemagne a cependant déjà réduit ses importations russes, au premier trimestre 2022, à 40% du total, en multipliant les démarches pour trouver d'autres fournisseurs, comme le Qatar ou les États-Unis. Le pays a par ailleurs débloqué récemment une enveloppe de trois milliards d'euros pour se doter de terminaux flottants d'importants de gaz naturel liquéfié (GNL), ce dont il ne dispose pas pour le moment.

L'UE peut se passer du gaz russe au cours des six prochains mois (FMI)

Pour Alfred Kammer, le directeur Europe du FMI, l'Europe peut se passer du gaz russe au cours des six prochains mois, mais s'en passer au-delà aurait un impact très lourd.

"Au cours des six prochains mois, l'Europe peut s'accommoder d'une interruption totale", a déclaré le responsable allemand du Fonds monétaire international lors d'un entretien avec l'AFP en marge des réunions de printemps à Washington.

En été, les besoins sont moins importants et les pays européens pourraient aussi puiser dans leurs stocks. Pour autant, la réduction des stocks à des niveaux critiques entraînerait de fortes pressions à la hausse sur les prix qui sont déjà à des niveaux record, met en garde le responsable.

"En revanche, si l'interruption devait durer jusqu'à l'hiver, voire sur une plus longue période, cela aurait des effets (négatifs) importants" sur l'économie européenne, a poursuivi Alfred Kammer, pointant du doigt le sérieux risque de coupures pendant l'hiver. Le FMI a calculé qu'une interruption totale des approvisionnements en gaz et en pétrole russe pourrait potentiellement coûter 3% à l'économie de l'Union européenne.

L'estimation de l'impact reste soumise à une grande incertitude puisque l'on ne peut pas, par exemple, prédire aujourd'hui si l'hiver prochain sera long et rigoureux.

Mais face au potentiel effet sur l'économie, Alfred Kammer recommande des mesures alternatives d'urgence.

"Il n'y a pas d'option unique susceptible d'avoir un impact important" à elle seul, admet-il. "Mais l'accumulation de nombreuses petites mesures auront un impact plus important".

L'une des mesures est la recherche de sources d'approvisionnement alternatives et les pays ont déjà commencé à le faire en se tournant vers l'Algérie ou la Norvège, souligne-t-il.

Les consommateurs ont également un rôle important à jouer pour participer à l'effort collectif.

Les gouvernements peuvent sensibiliser leur population via "des campagnes d'information pour réduire la consommation d'énergie".

"Le consommateur peut agir dès maintenant", insiste le responsable de l'institution. "Et réduire la consommation d'énergie permet de stocker davantage de gaz (...) qui permettra d'atténuer les effets de coupures ultérieures" potentielles.

Pas de récession

Pour accélérer leur transition énergétique, les populations les plus vulnérables pourraient, elles, se voir proposer des subventions, suggère-t-il également.

Toutes ces mesures ont un effet "modeste" si elles sont prises indépendamment les unes des autres. Mais additionnées, il y aura un effet d'accumulation.

Bien que la guerre en Ukraine ait fortement ralenti la croissance en Europe, Alfred Kammer estime que "la reprise ne va pas dérailler".

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"Nous ne voyons pas de récession", a-t-il ajouté. Les grandes économies de la zone euro, exception faite de l'Espagne, seront "faibles en 2022" et un trimestre ou deux de croissance proche de zéro voire une récession technique avec deux trimestres négatifs ne sont pas exclus.

Mais le FMI s'attend à ce que ces économies se reprennent au second semestre de cette année.

(avec AFP)

latribune.fr

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