Incendie gigantesque sur la côte Ouest des États-Unis: plus de 500.000 personnes évacuées
Javier Tovar avec Laurent Banguet (Los Angeles), AFP

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Reuters
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Un demi-million de personnes a été évacué jeudi dans l'État de l'Oregon alors que les pompiers luttaient contre des incendies d'une ampleur sans précédent sur toute la côte ouest des Etats-Unis, les autorités locales craignant que que les pertes humaines n'augmentent dans les prochains jours.
La mort d'au moins huit personnes a été confirmée au cours des dernières 24 heures en Californie, dans l'Oregon et à Washington, mais les responsables affirment que certaines zones sont encore impossibles à atteindre.
Dans le nord-ouest de la Californie, l'incendie baptisé "August Complex Fire", assemblage de 37 feux qui ont touché la forêt de Mendocino à partir du 17 août, est officiellement devenu jeudi le plus étendu de l'histoire dans cet Etat, avec plus de 190.000 hectares.
Les feux sont disséminés de l'Etat de Washington au nord, frontalier du Canada, jusqu'à San Diego, à la frontière mexicaine, alimentés par une sécheresse chronique et des vents violents qui faiblissaient toutefois jeudi.
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Dans l'Oregon, où au moins cinq villes ont été "significativement détruites" et quelque 40.000 personnes évacuées, la gouverneure Kate Brown a souligné qu'en l'espace de seulement trois jours, les flammes avaient consumé le double de la végétation qui brûle en moyenne en une année.
À Molalla, l'une des nombreuses villes au sud de Portland menacées par les incendies, des policiers ont fait jeudi du porte-à-porte pour inciter tous les habitants à quitter les lieux, conformément aux instructions.
"C'est très dur. C'est une chose de laisser votre maison, c'en est une autre de s'entendre dire que vous êtes obligés de partir", déclare Denise Pentz, rencontrée par l'AFP alors qu'elle entasse à la hâte ses biens dans une remorque.
En Californie, trois personnes sont mortes dans le comté de Butte, déjà ravagé par de gigantesques incendies qui avaient fait 86 victimes en novembre 2018, et une quatrième dans une région isolée et sauvage proche de l'Oregon.
Plus au sud, près de Fresno, de nombreux autres habitants ont aussi dû fuir en quelques minutes.
Tina Rose, 29 ans, a ainsi abandonné sa maison après avoir vu la montagne "rougir" sous l'effet des incendies.
"C'est quelque chose qu'on ne veut plus jamais revivre", lâche la jeune femme, qui a trouvé refuge près de Fresno, dans la maison de son beau-frère, remplie d'enfants et d'animaux évacués.
Le Creek Fire a déjà brûlé plus de 70.000 hectares, semant la désolation sur son passage: carcasses de voiture calcinées, maisons dont il ne reste que la cheminée de brique...
Environ 360 bâtiments ont été détruits, selon les pompiers californiens, qui ont déployé près de 1.000 hommes pour combattre les flammes.
Plus de 200.000 hectares sont partis en fumée dans l'État de Washington, selon le gouverneur Jay Inslee, qui a dénoncé jeudi les conséquences catastrophiques du changement climatique.
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Le gouverneur a également salué la mémoire d'un bébé d'un an retrouvé par des équipes de secours auprès de ses parents gravement brûlés qui tentaient d'échapper au brasier, à environ 200 km de Seattle. "La famille de l'enfant et sa communauté ne seront plus jamais les mêmes", a déclaré Jay Inslee.
En Californie, plus d'une vingtaine d'incendies font rage et le feu a consumé cette année plus de 12.500 km2 dans l'État, un record depuis que ces données sont relevées en 1987.
Près de Los Angeles, l'incendie "Bobcat Fire", toujours hors de contrôle, a dévasté plus de 9.000 hectares, selon les pompiers.
Javier Tovar avec Laurent Banguet (Los Angeles), AFP