Inégalités : l'ONU tire la sonnette d'alarme

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Reuters
Manifestations à Hong Kong, émeutes au Chili, mécontentements au Liban, colère des "gilets jaunes".....depuis plusieurs mois, des vents de révolte se manifestent partout sur la planète. Dans son dernier rapport publié ce lundi 9 décembre à l'occasion d'une conférence organisée à Bogota en Colombie, l'organisation des nations-unies tire la sonnette d'alarme sur les risques liés à l'aggravation des inégalités malgré des progrès incontestables sur la diminution de l'extrême pauvreté.
Dans sa dernière livraison, l'organisation internationale plaide pour une approche à plusieurs dimensions, sans se limiter aux écarts de revenus. Certaines disparités dès la naissance peuvent entraîner des désavantages tout long de la vie des individus. "Les revenus et la condition des parents ont une incidence sur la santé, l'éducation et les revenus de leurs enfants. Les gradients de santé, c'est-à-dire les disparités de santé entre les différents groupes socioéconomiques, commencent souvent avant la naissance et peuvent s'accumuler au moins jusqu'à l'âge adulte s'ils ne sont pas contrés" expliquent les auteurs du rapport. Les enfants nés dans les milieux modestes "ont plus tendance à avoir des problèmes de santé et un niveau d'instruction inférieur".
La persistance des inégalités peut également révéler des enjeux politiques et démocratiques majeurs à l'intérieur des Etats. Les écarts de revenus se traduisent régulièrement en inégalités politiques "notamment parce qu'elles inhibent la participation politique et laissent ainsi à des groupes particuliers une plus grande marge d'influence sur les décisions qui servent leurs intérêts".
Les auteurs du rapport dressent un constat accablant sur les inégalité de genre malgré les discours en faveur d'une plus grande parité. Pour l'institution internationale, "les disparités entre les hommes et les femmes font partie des formes d'inégalité les plus profondément enracinées dans le monde entier. Et parce qu'elles touchent la moitié de la population mondiale les inégalités de genre constituent l'un des principaux obstacles au développement humain".
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En dépit des difficultés à obtenir des données solides à l'échelle de la planète, les expert notent que les personnes au sommet de l'échelle de répartition des revenus en Europe ont été les principaux bénéficiaires de la hausse des revenus depuis le début des années 80.

Le dérèglement climatique pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les inégalités. Les experts pointent notamment la responsabilité des pays développés "qui émettent généralement plus de carbone par personne et leur empreinte écologique est plus large". Les changements climatiques devraient nuire "au développement humain d'une multitude de façons, outre les mauvaises récoltes et les catastrophes climatiques". Les spécialistes estiment que ces transformations pourraient provoquer la mort de 250.000 personnes supplémentaires chaque année en raison de la malnutrition, du paludisme ou encore du stress thermique entre 2030 et 2050.
Les réponses à apporter à ce type de défi dépendent du niveau de développement des pays. Pour les Etats membres de l'OCDE, les rapporteurs préconisent de s'intéresser à l'avenir des catégories intermédiaires. "Les membres de la classe moyenne ont le sentiment d'être peu à peu laissés pour compte en matière de revenus, de sécurité et d'accès à des services d'éducation et de soins de santé de qualité" soulignent ils. ll faut particulièrement veiller à ce que les politiques sociales "bénéficient à un grand nombre y compris aux classes moyennes". Dans les économies en développement, la priorité doit être de "consolider les politiques sociales pour des classes moyennes encore vulnérables".
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Les auteurs du volumineux rapport, auquel a participé le laboratoire des inégalités mondiales, co-dirigé entre autres par le célèbre économiste Thomas Piketty, préconisent de s'attaquer aux inégalités dès la petite enfance.
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S'agissant de la population active, l'organisation dont le siège est à New-York, recommande de mettre en place des politiques améliorant la productivité des personnes. "Les pays dont la population active est plus productive affichent généralement une moins forte concentration de richesses au sommet de l'échelle de répartition des revenus grâce, par exemple, à des politiques qui accordent plus de pouvoir aux syndicats, fixent un salaire minimum approprié, facilitent le passage de l'économie informelle à l'économie formelle". En clair, l'institution internationale explique que si les disparités demeurent bien établies, les solutions dépendent d'un rééquilibrage des rapports de force au sein des institutions et des systèmes économiques.
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