Inégalités : l'organisation internationale du travail sonne l'alarme

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La distribution globale des revenus du travail est déséquilibrée : un travailleur dans le top 10% gagne 7.445 dollars par mois en parité de pouvoir d'achat contre 22 dollars dans dernier décile explique l'organisation internationale du travail.
"La distribution globale des revenus du travail est déséquilibrée : un travailleur dans le top 10% gagne 7.445 dollars par mois en parité de pouvoir d'achat contre 22 dollars dans dernier décile" explique l'organisation internationale du travail. (Crédits : Reuters/Jas Lehal)
10% des travailleurs concentrent 50% des revenus du travail à l'échelle mondiale révèle une récente étude de l'organisation internationale du travail.

À l'échelle mondiale, 10% des travailleurs les mieux rémunérés reçoivent 48,9% des revenus du travail, le décile suivant reçoit 20% tandis que les 80% restants récupèrent seulement 30% selon une nouvelle série de données révélées par l'organisation internationale du travail (OIT) en fin de semaine dernière.

A l'heure où les populismes gagnent encore du terrain en Europe et outre-Atlantique et que la France peine à sortir d'une crise sociale inédite, la question des écarts de richesse reste un sujet de préoccupation majeur. Lors du prochain G7 finances qui se tient à Chantilly les 17 et 18 juillet prochains, la réduction des inégalités entres les pays et au sein des pays doit faire l'objet d'un débat en présence des ministres des Finances et gouverneurs de Banque centrale de ce groupe de pays.

266 dollars par an pour les plus pauvres

Les travaux de l'institution internationale intitulés, "The Global Labour income share and distribution", indiquent qu'un travailleur faisant partie du premier décile, c'est à dire le groupe des 10% les plus pauvres, gagne en moyenne 266 dollars par an, tandis que ceux faisant partie du dernier décile obtiennent 89.703 dollars. Par ailleurs, la part du revenu national qui revient aux travailleurs a légèrement diminué passant de 53,7% en 2004 à 51,4% au profit du capital. "Cette baisse s'est temporairement renversée durant la crise financière de 2008-2009, parce'que durant les récessions, l'indemnisation des travailleurs a tendance à baisser plus lentement que les revenus du capital" expliquent les auteurs.

Si les inégalités salariales entre pays ont tendance à diminuer entre 2004 et 2017, cela s'explique surtout par la montée des revenus dans les deux grands géants asiatiques, à savoir la Chine et l'Inde soulignent les économistes. "La convergence économique entre les pays masque des inégalités de salaires au sein des pays" précise le document.

La classe moyenne sous pression

Parmi les catégories sociales étudiées, les classes moyennes apparaissent comme les perdantes de ces dernières années. "Les données montrent qu'en termes relatifs les augmentations des plus hauts revenus du travail s'accompagnent de pertes pour tous les autres, les travailleurs de la classe moyenne et ceux qui touchent les plus bas salaires voyant leur part de revenu reculer", a indiqué Steven Kapsos, statisticien à l'OIT. Ainsi, l'examen de la distribution du salaire moyen dans les pays signale que la part allant à la classe moyenne a diminué passant de 44,8% à 43% entre 2004 et 2017. A l'opposé, la proportion gagnée par les 20% les mieux rémunérés a augmenté passant de 51,3% à 53,5%.

 > Lire aussi : En France, une classe moyenne sous tension selon l'OCDE

Mieux prendre en compte les inégalités de patrimoine

Lors de la rencontre internationale d'ECINEQ (Society for the Study of Economic Inequality) organisée sur le campus de l'Ecole d'économie de Paris la semaine dernière, plusieurs économistes sont venus présentés leurs travaux sur la thématique des inégalités planétaires.

Lucas Chancel, économiste au laboratoire des inégalités mondiales a déclaré que "la priorité était d'étudier le partage du PIB à l'échelle nationale. Il faut que chaque année, les gouvernements puissent avoir des données sur le partage du revenu national par catégorie sociale". En marge de la conférence, il a ainsi expliqué que "si les inégalités sont actuellement moins liées aux salaires, il faut en revanche prendre en compte les inégalités de revenus liés au capital et au patrimoine".

> Lire aussi l'entretien avec l'économiste, spécialistes des inégalités, Branco Milanovic,"La globalisation contribue à l'impuissance du politique"

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Commentaires
a écrit le 12/07/2019 à 14:23 :
Le problème est que plus on "gagne" et moins on a le temps de le dépenser, ralentissant ainsi la vitesse de circulation de la monnaie, générateur de confiance!
a écrit le 12/07/2019 à 10:32 :
Si l'on prend la situation actuelle, pour que cela dure, il faudra automatiquement que ces 10% et parfois plus, dépendant du pays, puisse installer un système autoritariste.
De la nous constaterons la violence a l'égare des populations, car la captation de richesse a ce point ne peut que déstabiliser le monde.

Ce qui est dangereux, c'est qu'ils sont aussi les mêmes qui ont la main sur l'ensemble d'un système juridique, médiatique qui finalement cache le retour de bâton a venir.

Mais avant toutes choses, il est important de comprendre que si l'on adhère au consumérisme de facto aucune forme de porte de sortie.Nous avons un outil technologique qui a mon avis dans l'évolution algorithmique, va permettre d'autres formes de développement ou le but ne sera pas d'enrichir mécaniquement les mêmes comme la logique du tiers sur les plateformes.

De fait, il va être essentiel de construire un autre paradigme qui n'a pas d'accessibilité a ceux qui actuellement, souvent se cache, souvent en lien avec le pouvoir symbolique, ou de plus en plus souvent les pouvoirs d'un pays et les intérêts de ces 10% sont similaires. A l'image de la reproduction sociale, comme la mécanique boursière, je pense qu'il va être nécessaire de garder l'argent avec soi, plutôt qu'il alimente souvent la rente, de ceux qui se disent "entrepreneurs", qui sont avant tout rentier, et comme tout bon rentier, l'idée est dans l'asservissement ! Du fait, il y a des solutions de rupture qui seront encore plus visible dans les temps a venir, comme la responsabilité de ces 10% qui espère échapper aux conséquences qu'ils produisent ! nous le constaterons je pense au fur et a mesure des temps a venir !
a écrit le 12/07/2019 à 10:03 :
Le problème, c'est que plus on "gagne" et moins on a le temps de le dépenser, ralentissant, ainsi la vitesse de la circulation de la monnaie générateur de confiance!
Réponse de le 19/07/2019 à 16:30 :
Remarque inepte en même temps que conclusion(?) incohérente
a écrit le 11/07/2019 à 14:46 :
Et ça c'est avant la création (sic) de charrettes (hervé) de licenciements pour automatisation massives des fonctions assimilables à des travaux d'analyse basés sur la mise en cohérence d'informations (intelligence au sens briton) d'opérations logico déductives automatisables ou de travaux manuels répétitifs sans grand interets il est vrai si ce n'est de fournir un salaire remplacés par la robotisation.
a écrit le 11/07/2019 à 14:29 :
Dumping fiscal, dumping social, démocratie à zéro, bienvenu en UERSS, empire prévu pour durer mille ans.
a écrit le 11/07/2019 à 14:16 :
Je l'ai ecrit plusieurs fois il faut un salaire maxi aligne sur le salaire mini !!!!et supprimer toutes les subventions y compris sur les bas salaires pour les entreprises qui ne le respectent pas ; sans les salaries ET LE TRAVAIL des bas niveaux il n'y aurait pas de salaires aussi eleves.
Réponse de le 12/07/2019 à 14:17 :
Vous semblez oublier que l'étude porte sur le monde entier, le salaire vous faisant entrer dans la tranche des 10% les mieux payés au monde c'est 4.5 SMIC. Difficile de dire que l’écart est trop grand!

Mais si vous voulez allez en Chine pour leur proposer un salaire maximum, ne vous gênez pas...
a écrit le 11/07/2019 à 13:53 :
Le problème, c'est que plus on en a et moins on a le temps de le dépenser, ralentissant la vitesse de la circulation de la monnaie générateur de confiance!

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