Après la crise de la pandémie du Covid-19 - loin d'être terminée comme l'atteste le cas de la Chine -, la guerre en Ukraine est en train de redistribuer les cartes de l'économie mondiale, avec les sanctions imposées à la Russie pour stopper son offensive. "Au-delà des souffrances et de la crise humanitaire provoquées par l'invasion de l'Ukraine par la Russie, l'ensemble de l'économie mondiale va ressentir les effets du ralentissement de la croissance et de l'accélération de l'inflation", ont averti les économistes du Fonds monétaire international (FMI), la semaine dernière.
C'est précisément ce dernier point qui est le sujet de préoccupation de Jerome Powell. Le président de la Fed ne rate plus désormais une occasion de répéter son mantra : l'inflation est là pour durer, et l'institution monétaire des Etats-Unis est prête à accélérer le relèvement de ses taux directeurs si la situation l'impose. "Le marché du travail est véritablement solide et l'inflation beaucoup trop élevée", a-t-il indiqué dans une déclaration préparée en vue de son intervention devant la National Association of Business Economics.
Le taux d'inflation s'est affiché à 7,9% sur un an aux Etats-Unis, sa plus forte progression depuis janvier 1982, et celui de l'inflation sous-jacente (hors énergie et alimentaire) à 6,4%, au plus haut depuis août 1982. Quant au marché de l'emploi, sa bonne tenue se reflète dans un taux de chômage à 3,8% en février, selon les statistiques du Bureau du travail américain. En février 2020, juste avant la pandémie du Covid-19, il était de 3,5%. Dans le même temps, le taux de participation de la population au marché du travail s'élevait en février dernier à 62,3%, son niveau le plus élevé depuis mars 2020.
Mais ce qui inquiète Jerome Powell, ce sont les anticipations d'inflation. Autrement dit, comment les ménages et les entreprises perçoivent la hausse des prix et la façon dont ils s'y adaptent. En effet, s'ils considèrent qu'elle va continuer à progresser, ils peuvent choisir d'épargner plutôt que de consommer pour les premiers et attendre pour investir pour les deuxièmes.